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résumé de la page

Récit des vies précédentes des Vénérables Rāhulā et Raṭṭhapāla.

Tous deux amis de longue date, renaissent tantôt dans le monde des dragons-serpents, tantôt dans celui des deva

le passé des Vénérables Rāhulā et Raṭṭhapāla

L’invitation des deux ermites

Au temps où le futur Bouddha Padumuttara vivait son avant-dernière existence, dans le royaume de Haṃsāvatī, vivait un homme – le futur Vénérable Rāhulā – dont les riches parents possédaient une fortune de 400 000 « devises » de l’époque. Quand ils sont morts, il hérita de toute leur fortune. Son ethnie était celle de Mahāsāla. Voyant les affaires de ses parents, de ses grands-parents et de tous ses ancêtres, il songea :

« Mes ancêtres ont laissé tant d’affaires, et ils sont morts sans rien avoir pu emporter. »

Lui et son grand ami d’enfance – le futur Vénérable Raṭṭhapāla – firent construire quatre grands abris, un à côté de chacune des quatre portes de la ville : à l’est, au sud, à l’ouest et au nord. Sous ces abris, ils offrirent le repas à tous les pauvres et aux voyageurs de passage. Il ne voulut jamais laisser quelqu’un repartir les mains vides, c’est pour cela qu’on le nommait Āgatapāka, ce qui signifie « celui qui nourrit tous ceux qui viennent ». Son grand ami, lui, se nommait Anaggatapāka, ce qui signifie « celui qui donne toujours quelque chose dans le récipient de quelqu’un ».

Un jour, ils se déplacèrent en dehors de la ville pour leurs affaires, vers un village ni proche ni éloigné. Il y avait deux ermites qui vivaient dans la montagne Himavantā. Ce jour-là, alors que ces ermites volaient dans le ciel, ils aperçurent les deux amis sur leur chemin. Ils se posèrent juste à côté eux, avant d’aller collecter leur nourriture dans le village. Toujours enclins à développer des kusala en voyant les ermites, les deux amis s’écrièrent :

« N’allez pas chercher votre nourriture au village ! Nous vous invitons chez nous pour le repas. »

Alors que chacun des deux amis reçut chaque ermite chez lui, l’un d’eux demanda à l’ermite qu’il avait invité :

« Vénérable ermite ! Je vous prie d’accepter de venir chaque jour manger chez moi ! »

De son côté, l’autre ami fit exactement la même proposition à l’ermite qu’il avait invité, et ce dernier accepta également. Depuis ce jour, les deux ermites vinrent quotidiennement chez leur hôte respectif, et à la fin de leur repas, ils délivrèrent un petit enseignement.

L’ermite qui mangeait chez Āgatapāka, avait souvent l’habitude, ensuite, de se rendre au fond de la mer, dans le monde des nāga pour s’y absorber paisiblement dans les jhāna. Ainsi, il avait coutume, après son enseignement, de prononcer des souhaits pour son donateur, tels que :

« Puissiez-vous être aussi riche et aussi comblé que le roi des nāga ! »

Un jour, Āgatapāka lui demanda :

« Combien vastes sont les possessions du roi des nāga ?

— C’est indescriptible tant cela est colossal. Leurs femmes sont aussi ravissantes que les devī. Les nāga sont toujours plongés dans la satisfaction et les plaisirs. Ils ne manquent jamais de musiciens et de danseurs pour les distraire. »

Entendant cela, il désira de tout son cœur devenir le roi des nāga. Depuis, il formula régulièrement le souhait de bénéficier d’une telle existence.

L’ermite qui mangeait chez Anaggatapāka, avait souvent l’habitude, ensuite, de se rendre au fond du ciel, dans le monde des deva (ensemble de sphères où les plaisirs sont généralement très puissants et continus) pour s’y absorber paisiblement dans les jhāna. Ainsi, il avait coutume, après son enseignement, de prononcer des souhaits pour son donateur, tels que :

« Puissiez-vous être aussi riche et aussi comblé que le roi des deva ! »

Un jour, Anaggatapāka lui demanda :

« Combien vastes sont les possessions du roi des deva ?

— C’est indescriptible tant cela est colossal. Les devī sont d’une beauté tout autant indescriptible. Les deva sont toujours plongés dans la satisfaction et les plaisirs. Ils ne manquent jamais de musiciens et de danseurs pour les distraire. »

Entendant cela, il désira de tout son cœur devenir le roi des deva. Depuis, il formula régulièrement le souhait de bénéficier d’une telle existence.

Grâce aux quatre abris des portes de la ville et à l’invitation quotidienne des deux ermites, les deux amis développèrent d’innombrables kusala, sans se lasser de formuler leurs souhaits respectifs.

Le roi des nāga et le roi des deva

À l’issue de leur vie, Āgatapāka naquit roi des nāga et Anaggatapāka, quant à lui, naquit roi des deva. Le nouveau roi des nāga – le futur Vénérable Rāhulā – fut extrêmement déçu de sa nouvelle condition :

« Je me suis fait avoir ! Je n’aurais jamais dû suivre les mauvais conseils de cet ermite ! Je ne suis qu’un animal ! J’ai beau être roi, mais je suis le roi d’un monde inférieur ! »

Il fut quelque peu consolé lorsqu’il aperçut des nāga femelles se transformer en femmes d’une sublime beauté et qu’il réalisa que lui-même avait la capacité de se transformer en homme magnifique. Ses sujets le distrayaient à l’aide de musiques délicieusement mélodieuses et de danses joliment gracieuses. Bien que plongé dans de puissantes réjouissances, il n’en demeura pas moins morose, déçu par son triste sort. Selon la tradition, le roi des nāga s’entretint tous les quinze jours avec le deva Virūpakkha, chargé de surveiller le monde des nāga, et qui compte donc parmi les quatre grands deva chargés de surveiller l’univers. Quand il rencontra le nouveau roi des nāga, le deva Virūpakkha l’amena auprès du nouveau roi des deva — le futur Vénérable Raṭṭhapāla. Le roi deva interrogea son ami :

« Dans quelle vie avez-vous repris naissance ?

— Je suis un vulgaire nāga ! J’enrage d’avoir suivi les conseils de l’ermite que je nourrissais ! Me voilà dans le monde animal à cause de cela. Je suis peiné de ce vilain sort. L’ermite qui prenait ses repas chez vous était de meilleur conseil ; je n’ai pas eu la chance que vous avez d’être deva.

— Ne soyez pas déçu, ne faites pas de reproche à votre ancien maître ! Bouddha Padumuttara vient de parvenir à l’éveil. Allez le voir, si vous souhaitez développer suffisamment de kusala pour être le suivant roi des deva. »

Le souhait du roi nāga

Réjoui de la nouvelle, le roi nāga prit forme humaine et se rendit directement dans le monde humain, sans passer par chez lui. Il alla auprès de Bouddha Padumuttara pour l’inviter :

« Ô noble Bouddha ! Je vous prie d’accepter mon invitation à venir prendre le repas chez moi, accompagné de tout le saṃgha ! »

Par son silence, le Bienheureux accepta l’invitation, tandis que le nāga rentra chez lui organiser le repas. Le jour venu, Bouddha prévint le saṃgha.

« Ô moines ! Aujourd’hui, nous allons dans un village très lointain. Que ceux qui parmi vous ont développé les abhiñña m’accompagnent ! »

Ils prirent tous leur envol jusqu’à la mer, dans laquelle ils plongèrent, descendant jusqu’au monde des nāga. Comme le roi nāga vint les accueillir, il les vit tous arriver du ciel, en file, par ordre d’ancienneté, et fut impressionné en particulier par les plus jeunes novices, qui pénétraient aussi aisément que les anciens dans les profondeurs de la mer. En arrivant chez les nāga, tous les membres du saṃgha s’assirent en un grand cercle, du plus ancien au moins ancien, de sorte que le jeune novice Uparevata, alors âgé de sept ans à peine et entré depuis peu dans la communauté, était assis juste à côté de son père Bouddha Padumuttara. Alors que le repas fut servi au saṃgha, le roi nāga était pris d’admiration pour le petit Uparevata. Émerveillé par ce tout jeune novice, il l’observa à côté de Bouddha, constatant qu’il était d’une apparence semblable à celle du Bienheureux. Comme le nāga ne connaissait pas le novice Uparevata, qui lui semblait toutefois avoir un air familier avec Bouddha, il s’enquit auprès de ce dernier :

« Ô noble Bouddha ! Qui est ce jeune novice à votre côté ?

— Il est mon fils, le dernier à être entré dans la communauté.

— J’aimerai tant, moi aussi, être le fils d’un prochain bouddha ! Pour que cela soit possible, que faut-il faire ? Quel genre de kusala faut-il développer ?

— Il convient de développer dāna, sīla et bhāvanā (la générosité, la vertu et la concentration). »

Le roi nāga offrit au saṃgha des objets de cuivre, des couvertures et de nombreuses autres affaires. Depuis ce jour, il convia Bouddha Padumuttara et le saṃgha trois fois par mois. Un jour, il s’adressa ainsi au Bienheureux :

« Ô noble Bouddha ! Avec tous les kusala que je produis régulièrement, puissé-je devenir, tout comme votre fils Uparevata, le fils d’un prochain bouddha ! »

Grâce à anāgataṃsa ñāṇa, qui est une connaissance propre à un bouddha et permettant de prédire dans un très lointain avenir en se basant notamment sur les facteurs très complexes du kamma des êtres et de l’évolution de leurs pāramī, le Bienheureux examina les probabilités qui s’offrirent au roi des nāga. Ensuite, il lui répondit :

« nāga, toutes les conditions sont favorables : grâce à vos nombreux kusala, vous allez renaître trente fois en tant que roi des brahmā, soixante-quatre fois en tant que roi des deva, mille fois en tant que roi des humains, un nombre incalculable de fois en tant que roi d’un royaume. D’ici 100 000 kappa, vous deviendrez un sikkhākāma (le meilleur dans le développement de la vertu, de la concentration et de la sagesse), au temps de Bouddha Gotama, dont vous serez le fils. Votre nom sera alors Rāhulā. »

Le souhait du roi deva

Un jour, le roi nāga se rendit de nouveau auprès de son ami roi deva, qui lui demanda :

« Êtes-vous allé voir Bouddha, comme je vous l’avais conseillé ? Avez-vous développé des kusala auprès de lui, afin de devenir roi des deva ?

— Non, je n’ai pas fait ce souhait. J’ai développé de nombreux kusala en invitant régulièrement Bouddha et tout le saṃgha, et le souhait que j’ai fait est de devenir le fils d’un prochain bouddha. D’ailleurs, vous devriez, vous aussi, aller voir Bouddha, développer des kusala auprès de lui et formuler le souhait de devenir le grand disciple d’un prochain bouddha. »

Quand le roi deva alla voir Bouddha Padumuttara, ce dernier était précisément en train d’attribuer la distinction particulière de saddhāpabbajita etadagga, le disciple qui a la foi et la confiance la plus profonde de tous les membres du saṃgha. Empli d’admiration, le roi deva voulut lui aussi devenir le saddhāpabbajita etadagga d’un prochain bouddha. Lorsqu’il demanda à Bouddha comment s’y prendre, ce dernier lui expliqua qu’il lui fallait développer sans relâche les kusala, par la pratique de la générosité, de la vertu et de la concentration.

Quand il eut invité le Bienheureux avec ses disciples à de nombreux repas et offert des robes et diverses affaires à la communauté monastique, le roi deva retourna auprès de Bouddha afin de lui formuler son souhait :

« Ô noble Bouddha ! Avec tous les kusala que j’ai accomplis, puissé-je devenir le saddhāpabbajita etadagga d’un prochain bouddha ! »

Grâce à anāgataṃsa ñāṇa, le Bienheureux examina les probabilités qui s’offrirent au roi des deva. Ensuite, il lui répondit :

« deva, toutes les conditions sont favorables : d’ici 100 000 kappa, vous deviendrez un aggasāvaka Au temps de Bouddha Gotama, vous serez saddhāpabbajita etadagga. Votre nom sera alors Raṭṭhapāla. »

Le prince Pathavindhara

Lorsque les deux amis reprirent naissance au temps de Bouddha Phussa, le futur Vénérable Rāhulā devint roi des deva, tandis que le futur Vénérable Raṭṭhapāla devint, quant à lui, le ministre d’un roi dans le monde humain. Ce ministre avait la digne tâche d’organiser les invitations qui sont faites à Bouddha, aux moines, aux rois et aux brahmanes.

Au temps de Bouddha Kassapa, le futur Vénérable Rāhulā fut le fils aîné du roi Kikī, il prit le nom de Pathavindhara. Il avait sept petites sœurs, dont la plus jeune, nommée Saṅaghadāsī, deviendrait la dāyikā Visākhā, donatrice du monastère Pubbārāma, dans le royaume de Rājāgaha, au temps de Bouddha Gotama. Un jour, les sept sœurs princesses décidèrent d’offrir sept logements à Bouddha Kassapa. Le prince Pathavindhara, qui voulut également participer à la donation, demanda à ses sœurs :

« Donnez-moi l’un de ces logements, afin que je puisse moi aussi en offrir un à Bouddha.

— Il n’en est pas question ; il est difficile d’en faire bâtir un, cela représente beaucoup de travail. Si vous voulez en offrir un, vous n’avez qu’à le faire bâtir vous-même ! »

Offusqué de ce refus, il fit bâtir cinq cents logements qu’il offrit ensuite au Bienheureux Kassapa. Au terme de son existence, il renaquit dans la sphère Tusitā pour une longue et heureuse vie de deva, avant de renaître de nombreuses fois tantôt humain, tantôt deva, jusqu’à aboutir dans le ventre de la princesse Yasodharā, où il entamerait sa dernière vie.

Tout comme lui, son ami vécut un grand nombre de vies humaines et de deva, avant de renaître pour la dernière fois, dans le monde humain, au temps de Bouddha Gotama.


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infos sur cette page

Origine : ouvrage français

Auteur : Moine Dhamma Sāmi

Date : Janv. 2004

Mise à jour : 14 juin 2005