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résumé de la page

Le jeune Raṭṭhapāla n’a qu’une seule volonté : devenir moine. Cependant, ses parents s’y opposent.

Totalement prêt et déterminé à mener la vie de renonçant, il préfère se laisser mourrir si ses parents persistent à ne pas le laisser suivre la voie de son choix…

à propos du Vénérable Raṭṭhapāla

La volonté irréductible de devenir moine

Parvenu à sa dernière vie, le jeune Raṭṭhapāla, qui prit le nom de son père, naquit dans une richissime famille du royaume de Kuru, dans un village nommé Thullakoṭṭhika. Quand il devint adulte, il fut marié à une ravissante femme. Ensemble, ils vécurent dans une telle opulence que leur qualité de vie leur permettait d’éprouver une existence aussi confortable que celle des deva. Un jour, Bouddha vint délivrer un enseignement. Profitant de cette grande occasion, le riche Thullakoṭṭhika alla l’écouter. Il apprécia tant les paroles du Bienheureux qu’il voulut devenir moine immédiatement. S’approchant de Bouddha, il lui fit part de sa volonté dès qu’il se fut prosterné :

« Ô noble Bouddha ! Veuillez m’accepter comme disciple !

— Je vous intègre dans le saṃgha aussitôt que vous bénéficierez de l’autorisation de vos parents. »

Impatient d’embrasser la vie monacale, il s’empressa alors d’aller demander cette autorisation à ses parents :

« Père ! Mère ! Je n’ai pas d’autre volonté que celle de devenir moine. Laissez-moi rejoindre la communauté de Bouddha !

— Vous êtes notre seul fils et nous vous aimons comme nous nous aimons nous-mêmes. C’est pourquoi nous ne pouvons pas vous accorder l’autorisation de devenir moine. »

N’ayant que cette volonté en tête, le jeune Raṭṭhapāla insista continuellement auprès de ses parents, cherchant par tous les moyens comment il pourrait les convaincre de le laisser partir rejoindre le saṃgha. Comme il recevait toujours le même refus, il finit par protester d’une façon radicale, qui serait en mesure d’inciter ses parents à lui donner leur accord. Il s’allongea sur la terre et demeura ainsi, immobile et refusant de manger quoi que ce soit. Le lendemain, feignant de l’ignorer, ses parents ne cédèrent pas le moins à sa protestation. Obstiné, le jeune homme poursuivit son jeûne, sans déplacer de sa posture. Il demeura ainsi sept jours durant. Voyant leur fils si malheureux, complètement amaigri de n’avoir rien mangé et déterminé à mourir si on ne le laissait pas mener l’existence monacale, ses parents eurent beaucoup de peine. Ils préférèrent le laisser rejoindre la communauté des moines plutôt que de le voir mourir.

Une fois qu’il eut repris des forces et qu’il fut intégré dans le saṃgha, le Vénérable Raṭṭhapāla reçut les instructions de vipassanā auprès de Bouddha. Il les pratiqua, et parvint au stade d’arahant en quelques jours seulement.

Le retour chez ses parents

À ce moment-là, il décida d’aller enseigner le dhamma à ses parents. Comme il rentra dans son village, il effectua une collecte de nourriture à l’aide de son bol, pour obtenir son repas, allant de maison en maison, s’arrêtant en silence. Quand il arriva devant la maison de ses parents, la domestique sortait de la maison pour jeter la nourriture périmée de la veille. Comme il n’avait obtenu qu’une infime quantité de nourriture, en voyant la domestique sur le point de jeter l’ancienne nourriture, il lui dit :

« Si vous voulez vraiment jeter cette nourriture, je vous en prie, jetez-la dans mon bol ! »

Elle fit comme il lui dit, sans reconnaître le fils de ses maîtres, à cause de son crâne rasé et de son habit monastique. Le Vénérable Raṭṭhapāla alla s’asseoir un peu plus loin, s’adossant à un muret, et consomma cette nourriture rassise de la veille, sans se préoccuper de sa qualité tant il avait faim. Soudainement, la domestique le reconnut et se demanda pourquoi il mangea par terre, de la nourriture périmée, et surtout, pourquoi n’était-il pas venu chez ses parents ? Elle crut alors qu’il était devenu fou. Elle courut annoncer cela au père, qui tressaillit en apprenant ce que vit la domestique. Il courut à toutes enjambées et dès qu’il vit à son tour ce que venait de lui décrire la domestique, il éclata en sanglots. Il se dépêcha d’aller auprès de son fils pour l’inviter dans la maison. Il fit la cuisine pour lui et quand il lui offrit, le vénérable répliqua qu’il avait fini de manger. Son père pensa cependant à lui dire :

« Demain, n’allez pas collecter de nourriture avec ce bol, nous vous invitons pour le repas. »

Acceptant l’invitation, il revint le lendemain. Quand il eut terminé son repas, ses parents, qui étaient déterminés à ramener leur fils à la vie laïque, l’amenèrent dans la pièce qui contenait toute leur fortune. Il y avait là un amoncellement colossal d’or, d’argent, de pierres précieuses… Les parents du noble moine déclarèrent à son intention :

« Voici la fortune de ton père, ici celle de ta mère, là celle de ton grand-père, (etc.). Profitez de tout cela comme vous l’entendez, jouissez-en à souhait ! »

Le père désigna ensuite l’ex-femme de son fils, qui était somptueusement parée :

« Votre ravissante femme n’attend qu’à vous voir revenir ici afin de passer de très agréables moments tous les deux. Saisissez donc ces merveilleuses occasions qui se présentent à vous pour toute la vie ! »

Rien de tout cela ne fut en mesure d’intéresser le Vénérable Raṭṭhapāla étant donné qu’il était arahant. Après avoir poliment décliné les offres acharnées de ses parents, il se mit à leur délivrer un enseignement du dhamma, ainsi qu’à son ex-épouse :

« Notre corps n’est qu’un composé des quatre éléments — terre, eau, feu, et air. On y trouve de la chair, des os, du sang, de l’urine, des glaires, du pus, etc. (Les 32 koṭṭhāsa). En dehors de ces 32 koṭṭhāsa, il n’y a rien d’autre. Ce corps renferme d’innombrables maladies qui l’oppressent. Il exige énormément d’entretien qu’il faut répéter continuellement. Observez bien ce corps ; rien n’est durable dans ce corps. Il périra irrémédiablement. Après, il finit sous terre. Faites comme moi, pratiquez comme je l’ai fait : abandonnez toutes vos possessions. Jetez ces choses inutiles dans le fleuve ! Pourquoi cela ? Car toutes ces choses sont source de dukkha. Lorsqu’on possède des biens, nous sommes contraints de les surveiller et de les entretenir sans cesse. Malgré tous ces soins, rien ne peut empêcher leur détérioration ou leur perte. Débarrassez-vous vite de toutes ces choses qui sont source permanente d’inquiétude. »

Lorsqu’il eut achevé cet enseignement, il partit à l’aide de ses pouvoirs psychiques, directement vers le ciel, en traversant le plafond. Il s’en alla de la sorte, parce qu’il connaissait les intentions de son père. Il savait qu’il avait pris soin de fermer toutes les portes de la maison pour le forcer à rester, et qu’il escomptait lui ôter de force son habit monastique pour lui mettre des vêtements laïcs à la place. Ses parents étaient tellement obsédés par l’idée de le faire rester qu’ils n’ont même pas écouté son enseignement. Lorsqu’il partit, le Vénérable Raṭṭhapāla se rendit dans le jardin du roi Korabya.

La rencontre avec le roi Korabya

En parvenant dans l’enceinte du palais royal, le Vénérable Raṭṭhapāla se posa dans le jardin de Migājina, sur des pierres plates. Le roi, qui était alors dans son jardin, s’approcha de lui. Il lui demanda :

« Ô noble moine ! Pourquoi êtes-vous moine ? Certains entrent dans la communauté monastique, car ils n’ont plus de famille, plus d’amis, d’autres parce qu’ils sont pauvres. Et vous, pour quelle raison êtes-vous entré dans la communauté monastique ?

— Je ne suis concerné par aucune des raisons que vous venez d’énumérer pour l’instant, bien que cela puisse arriver à tout moment et j’en suis bien conscient. Simplement, je n’ai pas voulu attendre de perdre ces choses. Je suis devenu moine, car je ne veux plus rien de tout cela : ni de l’opulence, ni des amis, ni de la famille.

— Pourquoi avez-vous voulu renoncer à tout ?

— Nos corps, tout comme les choses, ne sont qu’un ensemble d’éléments éphémères. Ils peuvent se détruire à tout moment. Personne ne peut éviter la vieillesse, ni la maladie, ni la mort. Nous sommes toujours susceptibles de reprendre naissance dans les mondes inférieurs (tant que nous ne sommes pas parvenus à nibbāna). Le fait de demeurer en famille et d’avoir des amis sont des éléments qui contribuent à envoyer dans les mondes inférieurs, car on développe beaucoup d’attachements, qui constituent avant tout des akusala. Quand nous demeurons dans les plaisirs sensoriels, nous ne sommes jamais rassasiés. Un plaisir a à peine le temps de finir qu’on le désire de nouveau. Nous ne faisons que suivre notre avidité, nous sommes complètement esclaves de notre désir. Voilà pourquoi je ne veux plus du moindre plaisir sensoriel. Être éternellement un esclave est une chose qui ne m’intéresse absolument pas. Voilà pourquoi j’ai voulu renoncer à tout. »

Un jour, Bouddha réunit le saṃgha. Il attribua la distinction particulière de saddhāpabbajita etadagga au Vénérable Raṭṭhapāla, c’est-à-dire la personne la mieux établie dans la foi et la confiance envers le dhamma.

infos sur cette page

Origine : ouvrage français

Auteur : Moine Dhamma Sāmi

Date : Janv. 2004

Mise à jour : 14 juin 2005