déb – rac accueil projet questions réponses Dernière mise à jour : 4 juin 2006 dhammadana.org
Bienvenue sur la page officielle du projet de fondation d’un monastère en France.

Sommaire de la page :
En France (et ailleurs), il y a beaucoup de maisons qu’on appelle « pagode », « temple », « centre bouddhique » ou « monastère » et dans lesquelles il n’est question que de rituels, récitations, donations et dévotions en tout genre. Quelques-unes invitent à une pratique de méditation, mais pour des séjours brefs et généralement selon une méthode non conforme à l’enseignement de Bouddha. Qui oserait affirmer le contraire ?
Vous êtes nombreux à déplorer l’absence d’un lieu réunissant toutes les conditions idéales à la pratique du dhamma, en parfait accord avec la discipline monastique (vinaya). Certains comprennent très bien ce besoin, et ce n’est que par leur soutien et leurs efforts qu’un monastère digne de ce nom pourra voir le jour.
Ce qui manque le plus en France, c’est une porte ouverte sur nibbána, le but suprême chéri par toute personne raisonnable. Qu’y a-t-il de plus important ? Pour ce faire, il faut impérativement un lieu qui réponde à des conditions bien précises, entre autres la présence d’individus capables de guider jusqu’au bout tous ceux qui sont prêts à œuvrer pour parvenir à cette expérience.
Du temps de Bouddha, lorsqu’on voulait effectuer un entraînement à vipassaná (en tant que moine ou moniale, comme en tant que laïc), rien n’était plus simple. On prenait les instructions d’un moine, et on allait dans la forêt. On pouvait alors facilement dormir sous un arbre ou bâtir un cabanon en un instant, sans autorisation particulière, en comptant sur les gens des villages pour obtenir la nourriture quotidienne.
De nos jours et dans nos contrées, cela n’est malheureusement pas envisageable. Un établissement doté d’une organisation précise et structurée est nécessaire.
Que peut-on souhaiter de mieux en France qu’un lieu conçu pour permettre à chacun de s’entraîner dans les conditions les plus adéquates jusqu’à la libération définitive des impuretés mentales ? Un tel lieu serait à la fois un « monastère » et un « centre de méditation ».
Un « monastère » car y résideraient des moines vivant en accord avec la parole de Bouddha (non modifiée, telle qu’elle a été conservée et validée lors du dernier grand concile par des moines dont la complétude de l’accomplissement – arahanta – a pu être approuvée par les reliques laissées après leur extinction) et avec la discipline monastique (base totalement indispensable à la préservation de l’enseignement du dhamma).
Un « centre de méditation » car il s’agirait d’un lieu pleinement consacré à l’entraînement au développement de la vision directe dans la réalité – vipassaná. Tout serait fait pour accueillir, loger et guider des méditants de sorte à ce qu’ils puissent se consacrer pleinement à cet entraînement sans avoir le moindre souci, jusqu’au succès intégral. La méthode enseignée serait conforme à la technique dite « Mahásí », popularisée par le moine connu sous ce nom, et généralement reconnue par les êtres les plus avancés comme la méthode « la plus efficace, la plus facile et la plus rapide ».
Voici à quoi ressemble un monastère complet, conçu de sorte que le dhamma puisse y fleurir pleinement, pour l’épanouissement du plus grand nombre...
Un lieu tranquille et silencieux. Une atmosphère paisible, propice à la purification mentale. Un isolement du monde extérieur : une grande ouverture en plein air au milieu, les bâtiments tout autour, un peu à la manière d’un cloître, le tout divisé en deux zones distinctes ; une « zone accueil » et une « zone monastère ».
S’y trouvent l'entrée principale, le hall destiné à recevoir les visiteurs, le coin lecture, les chambres des résidents (laïcs) permanents, la cuisine, la salle à manger pour les visiteurs et les résidents permanents, etc.
Seuls les moines, novices, nonnes et personnes observant les 8 préceptes sont aptes à pénétrer dans cette zone. Tout est prévu pour qu’un méditant n’ait jamais besoin de sortir de cette zone pendant la durée de sa retraite.
S’y trouvent la salle de méditation (séparée en deux ; côté hommes et côté femmes), un bâtiment pour les novices et les hommes, comportant les chambres, une salle d’eau et des sanitaires, un autre bâtiment semblable pour les nonnes et les femmes, un bâtiment pour les moines, une salle à manger (pour tous ceux qui résident dans la zone « monastère »), une partie réservé aux procédures monastiques (síma), un zédi (reliquaire que Bouddha établit en quelque sorte afin de marquer physiquement le territoire du dhamma).
Si beaucoup de monastères sont de véritables palais, ce n’est pas le cas de celui-ci. Un monastère se doit avant tout d’être un lieu de retraite, sans confort particulier, qui peut très bien être bâti à l’aide de matériaux peu onéreux. Aucune décoration n’est nécessaire, encore moins des statues, dorures ou autres ornements.
Pour faciliter le conditionnement psychologique nécessaire à certains, l’aspect esthétique des lieux reste sobre, l’accent étant mis sur le côté pratique (dans les deux sens du terme) et sur l’hygiène.
Des allées couvertes permettent la marche en extérieur à l’abri du soleil et des intempéries.
Quelques moines (pas sérieux s’abstenir !) ; éventuellement des novices et des nonnes ; des méditants ; des résidents permanents, qui sont simplement des gens faisant le choix de vivre sur place en œuvrant bénévolement au bon fonctionnement du monastère (entretien, cuisine, aide aux méditants, tâches que les moines ne sont pas autorisés à faire eux-mêmes, etc.) Ces bénévoles peuvent aussi être provisoires, offrant leur aide le temps d’un congé, tout en expérimentant la vie d’un monastère.
Enfin, une discipline à respecter par chacun, pour un déroulement du quotidien aussi parfait que possible dans un « monastère de méditation » dont le seul souci est de donner le dhamma dans les meilleures conditions possibles. Il s’agit de choses simples et faciles à observer par tous. Exemples : Silence total à table, et le reste du temps, ne parler qu’à voix basse et seulement si c’est vraiment nécessaire ; pas de tabac (même en « zone accueil ») ; pas de téléphone portable...
Une discipline souple et optimisée, pour que chaque méditant adopte une conduite aussi propice que possible au développement de son entraînement, tout en étant à l’aise et détendu. Il est aussi important de se sentir isolé et protégé des entraves à la méditation que de se sentir libre.
Beaucoup de centres de méditation sont si relâchés sur la discipline qu’ils sont plutôt des centres de vacances ou des parcs d’attraction. D’autres ont un règlement si contraignant qu’ils sont plutôt des casernes ou des prisons. Nous avons tous besoin d’un centre de méditation qui soit un centre de méditation.
Nécessairement, à la campagne. Pour des raisons évidentes de calme et de tranquillité, mais aussi de qualité de l’air et ...de dépaysement ! Le fait de se trouver dans un endroit naturel peut avoir un impact non négligeable pour une retraite.
Idéalement, le Sud-Est de la France. Pourquoi ? Parce que :
Bien entendu, ailleurs peut aussi convenir.
Voici un plan montrant un exemple de monastère où tout est conçu pour le bon fonctionnement d’un lieu consacré à la méditation...
(Pour voir l’illustration [127 Ko], cliquez sur la miniature ci-dessous)
Entrevue avec le moine Dhamma Sámi, par Amine Rachedi, où les questions essentielles sont détaillées.
Création d’un forum destiné à faire connaître et comprendre l’intérêt du projet.
Préparation de la création d’une association.
Lancement de l’idée.
(Extraits de commentaires formulés à propos du projet.)
Personnellement, je considère qu’un tel projet est réalisable à plus ou moins long terme dans la mesure où celles et ceux qui s’associent à l’édification du projet sont convaincus de l’utilité d’avoir un tel lieu en France. [...]
Je m’associe donc au projet « Création d’un Monastère en France », et suis prêt à m’y engager plus en profondeur avec les personnes qui souhaitent nous rejoindre.
La légalité française et toutes ses réglementations de sécurité et d’hygiène empêchent la création d’un lieu simple et modeste. (par exemple : fermeture intempestive de la pagode vietnamienne de Bagneux). Donc on se retrouve avec un financement important au lieu de pouvoir démarrer dans une certaine pauvreté...
Excusez-moi d’être rabat-joie... De toute façon, il faut permettre à un moine dans la voie juste de pouvoir venir en France...
C’est effectivement un projet d’envergure, et comme certaines personnes l’ont évoqué sur le forum, il faut s’attendre à des difficultés, notamment du fait que la relation « symbiotique » entre les moines et la population est étrangère à notre pays. [...]
Concernant l’aide que je peux éventuellement apporter au projet : je suis prêt à consacrer les quelques revenus des publicités Adwords sur l’annuaire du bouddhisme que je maintiens. Je suis prêt à apporter mon aide en matière de conception de site web, conception-rédaction, modération, promotion de site, graphisme, multimédia. Concernant une aide « physique », cela dépendra de la région d’élection du monastère.
Voilà effectivement une nouvelle intéressante et cela fait plaisir de voir un moine français qui pense (à juste titre) que sa place est en France. [...]
Il faut dire que, si c’est bien entendu un investissement financier (à moins de trouver, comme en Asie, un mécène), c’est avant tout un engagement total en termes de temps et d’énergie, et cela pour des années.
Je crois que la création d’un monastère théravada en France serait en effet une très bonne chose pour la communauté. Malheureusement, je crains que cela ne reste qu’un projet. Je m’explique ; une quinzaine d’années d’expérience dans cette tradition me laisse à penser que si la communauté théravada française n’est déjà pas très grande, elle l’est encore moins de par ses divisions. En effet, l’attachement à tel maître ou telle tradition est si important pour certains, qu’ils en oublient le véritable but. Oui, j’ai bien dit « attachement ». Ce qui est pour le moins paradoxal pour une communauté bouddhiste, même si cela se retrouve dans toutes les traditions. Ces « querelles de clochers » sont pour moi la véritable raison de l’inertie de la Voie des Anciens dans la francophonie. Je ne vise personne en particulier et j’entends déjà les réactions de certains ; « pas moi en tous cas ». Nous ne sommes pas des éveillés, enfin je ne voudrais offenser personne, et il est donc normal que l’ego des uns et des autres se trouvent en « compétition ». Mais il me semble totalement anormal que ces « egos » puissent devenir une entrave à la diffusion du Dhamma. L’étude et la pratique du Bouddha-Dhamma devrait pourtant nous permettre de nous unir derrière un tel projet. Suis-je négatif ? Peut-être ! Réaliste ? Sûrement, car depuis plus de quinze ans, j’ai vu, lu et entendu un certain nombre de choses, qui me permettent de douter fortement de la réalisation d’un tel projet.
Et si vous me prouviez que j’ai tort ?
Il est fondamental que les Français soient en mesure de « s’approprier » le Dhamma et montrent leur capacité à faire vivre un Samgha ; la plupart des moines (et nonnes) de valeur que j’ai rencontrés sont prêts à nous aider dans cette tâche, mais c’est à nous de créer d’abord les structures adéquates.
Voici quelques réflexions tirées du chapitre « Le Theravâda en France » du « Vade-Mecum bouddhique » :
[[...] Les (relativement) nombreux centres créés par des Asiatiques fonctionnent pour la plupart en cercle fermé, un nombre infime de Français les fréquentent. Ces « pagodes », fréquemment de simples appartements, ne sont souvent que des lieux de rencontres sociales, des endroits où se déroulent les cérémonies, où les rituels tiennent une place prépondérante et parfois même on tire les horoscopes et consulte les esprits ! En fait peu proposent une réelle pratique. [...] Malgré (et peut-être à cause de) la médiatisation outrancière de certaines formes de bouddhisme, il apparaît que l’enseignement profond est en fait méconnu. Cette situation est liée à l’histoire de l’implantation des diverses communautés religieuses, implantation ayant été souvent plus le fruit du hasard ou de volontés politiques que d’une véritable intention d’offrir le Dhamma. [...]
En outre, beaucoup de bhikkhu, dont certains résident en France depuis longtemps, ne maîtrisent pas le français. [...] Toutes nationalités confondues, le nombre de moines et de nonnes en France (mis à part les enseignants les plus connus, dont le nombre ne doit pas excéder une demi-douzaine) est très difficile à déterminer, beaucoup de centres ne communiquant pas facilement ni leurs activités ni la composition de leur communauté.
Si l’on se réfère aux conditions traditionnellement énoncées dans les Écritures bouddhiques pour que le Dhamma soit véritablement établi dans un pays (c’est-à-dire, entre autres, qu’il existe une communauté de moines autochtones) on ne peut pas vraiment considérer que l’influence du Dhamma en France soit importante. Dans notre pays, où les groupes de laïcs susceptibles de pouvoir soutenir quelques moines Theravâda sont rares, un bhikkhu rencontre de nombreuses difficultés en raison de l’exigence du vinaya. Ce code de discipline ne permet pas en effet de faire n’importe quoi ; si l’on veut par conséquent conserver les racines de la pratique, il est nécessaire de réunir des conditions favorables afin que le bhikkhu ne se trouve pas confronté à des problèmes insurmontables ne pouvant conduire qu’à son départ (voire son retour à l’état laïc !) ou à une trop importante « adaptation » passant outre nombre de règles fondamentales. [...]
Il demeure regrettable que la voix du bouddhisme ancien, le Theravâda, ne se fasse guère entendre en France, pour diverses raisons, internes et externes : faiblesse de sa représentation, difficulté générale de communication, absence d’une structure éditrice organisée, repli sur soi de certaines communautés, ostracisme des médias vis-à-vis d’une forme de bouddhisme non spectaculaire et réputée austère et élitiste, volonté d’hégémonie de certains groupes ou personnes appartenant à d’autres traditions, intérêt du public potentiel pour des doctrines plus confortables.
D’une façon générale, tout État, quelle que soit sa « couleur » politique, marginalise les buts et les idéaux de l’Enseignement du Bouddha tout en soutenant officiellement les manifestations formelles et les rituels. Le processus de sécularisation du bouddhisme, actuellement perceptible en France, présente de sérieux dangers. L’exemple catastrophique de la Thaïlande en ce domaine devrait nous rendre plus circonspects. La non-séparation du Samgha et de l’État y existe depuis 1962, elle dépend des Affaires religieuses au sein du Ministère de l’Éducation nationale, lui-même sous tutelle du Ministère de l’Intérieur !... Un processus de sécularisation et donc de contrôle qui, lié au matérialisme galopant que l’on connaît, est en train de vider le bouddhisme de sa substance. La dépendance vis-à-vis de l’État entraîne, entre autres pathologies, la recherche d’un statut social, d’où : création d’une hiérarchie fondée sur des critères non traditionnels, compromissions avec l’ordre (ou le désordre) établi, compétition, titres et vocabulaire douteux. En ce qui concerne le Samgha français Theravâda, il existe tout au plus une dizaine de bhikkhu français dans le monde, plus quelques nonnes. La plupart de ces bhikkhu et bhikkhuní ne souhaitant pas résider en France tant que les conditions ne sont pas propices. Et c’est ainsi qu’un véritable cercle vicieux perdure : les moines (ou nonnes) de valeur ne pouvant s’installer que s’ils sont invités par une communauté de laïcs capable de les accueillir dignement, mais d’autre part une communauté de laïcs motivée ne peut se créer que s’il existe des moines ou des nonnes possédant la capacité et le désir d’enseigner. Si la communauté laïque n’est pas assez mature pour comprendre l’importance du Samgha, donc de subvenir à ses besoins, représentés par les « quatre nécessités », il ne saurait exister de Samgha. [...]]
Malheureusement la communauté de laïcs comprenant la nécessité du Samgha ne me semble pas nombreuse.
Un investissement personnel de chaque membre serait indispensable, ce qui implique que chacun y consacre une bonne partie de son temps libre.
Une vingtaine de membres impliqués activement serait nécessaire pour que la charge de travail ne soit pas trop importante pour chacun.
Et, une quarantaine de donateurs pour que l’investissement financier consenti par chacun soit supportable et suffisant (hors mécénat). [...]
Pour que ce projet ne demeure pas une utopie, nous aurons besoin de l’appui, même simplement moral, de la communauté théravadine française.
Retroussons nos manches et saisissons cette occasion qui nous est donnée, de pouvoir fonder sur le sol français, un monastère théravadin qui corresponde aux critères monastiques du Dhamma. Et, faire que ce lieu soit un lieu ou chacun puisse pratiquer dans les meilleures conditions.
Pour faire beaucoup, il suffit parfois de peu... N’hésitez surtout pas à nous faire parvenir toutes vos remarques, idées, interrogations, et éventuellement, à nous faire connaître votre motivation et la place que vous seriez prêt à occuper dans la réalisation d’un tel projet. Les moines ont planté la graine. à vous de savoir l’arroser !
Pour tout contact : m [at] d h a m m a d a n a . o r g