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les 4 pa†idesaníya


pa†idesaníya 1 (pa†hama pá†idesanyía)

L'origine

Lorsque Bouddha demeurait au monastère de Jetavana, dans le royaume de Sávatthi, une bhikkhuní, très fervente du dhamma, rentrait de sa ronde quotidienne. Elle a donné tout ce qu'il y avait dans son bol à un bhikkhu croisé sur son chemin. N'ayant plus le temps d'aller refaire sa ronde, cette bhikkhuní est restée sans manger de toute la journée. De la même manière, elle n'a pas mangé durant les deux jours suivants, du fait d'avoir de nouveau tout donné à ce bhikkhu.

Le quatrième jour, la bhikkhuní progressait de façon incertaine, sur la route, lorsqu'un homme riche circulant en charrette l'a interpellée pour qu'elle se mette à l'écart. La bhikkhuní est brusquement tombée sur le côté de la route. En descendant de sa charrette, l'homme riche est allé prêter main forte à la bhikkhuní. Celle-ci lui a dit qu'elle n'était pas tombée à cause de la charrette, mais que la vraie cause était une immense faiblesse. Elle lui a alors raconté qu'elle n'avait pas mangé depuis trois jours, en lui expliquant toute la raison. Une fois que l'homme riche avait invité la bhikkhuní chez lui et l'avait copieusement nourrie, il est allé retrouver le bhikkhu ayant accepté la nourriture de la bhikkhuní pour le réprimander. En le critiquant, il lui a demandé : " Pourquoi donc acceptez-vous sans mesure toute la nourriture que vous donne une bhikkhuní ayant très peu pour elle ? " En apprenant cela, Bouddha a établi le pá†idesanyía1.

pa†idesaníya 1 en pá¦i

" yo pana bhikkhu aññátikáya bhikkhuiyá anta ragharaµ pavi††háya hatthato khádaníyaµ vá bhojaníyaµ vá sahatthá pa†iggahetvá khádeyya vá bhuñjeyya vá, pa†idesetabbaµ tena bhikkhuná "gárayhaµ ávuso dhammaµ ápajjiµ asappáyaµ pá†idesanyíaµ, taµ pa†idesemí" ti. "

Définition

Ne pas accepter de nourriture de la part d'une bhikkhuní. Un bhikkhu ne doit pas accepter de la nourriture des mains d'une bhikkhuní qui n'est pas de sa famille. S'il en accepte à l'aide de ses mains (ou de son bol), il commet un dukka†a. S'il l'a mange, il commet un pá†idesaníya à chaque ingestion.

Voir aussi : Les dukka†a relatifs aux pá†idesaníya

pa†idesaníya 2 (dutiya pá†idesanyía)

L'origine

Lorsque Bouddha demeurait au monastère de Ve¦uvana, dans le royaume de Rájagaha, des bhikkhu étaient invités dans une maison pour le repas. Parmi ces bhikkhu, certains étaient plutôt médiocres. Étaient aussi présentes des bhikkhuní en bonne relation avec les bhikkhu médiocres. Elles dirigeaient les personnes qui servaient les bhikkhu, en leur faisant servir les meilleures choses aux bhikkhu avec qui elles avaient des affinités. Si bien que certains bhikkhu étaient très bien servis alors que d'autres étaient très mal servis. Quand Bouddha a su cela, pour empêcher les bhikkhu de diriger le service des bhikkhu, il a établi le pá†idesanyía 2.

pa†idesaníya 2 en pá¦i

" bhikkhú paneva kulesu nimantitá bhuñjanti, tatra cesá bhikkhuní vosásamánarúpá †hitá hoti "idha súpaµ detha, idha odanaµ" ti. tehi bhikkhúhi sá bhikkhuní apatádetabbá "apasakka táva bhagini, yáva bhikkhú bhuñjantí" ti. ekassa pi ce bhikkhuno nappa†ibháseyya taµ bhikkhuniµ apasádetuµ "apasakka táva bhagini, yáva bhikkhú bhuñjantí" ti. pa†idesetabbaµ tehi bhikkhúhi "gárayhaµ ávuso dhammaµ ápajjimhá asappáyaµ pa†idesaníyaµ, taµ pa†idesemá" ti. "

Définition

Obliger les bhikkhuní qui dirigent le service des bhikkhu de s'en aller pendant que les bhikkhu mangent. Pendant que des bhikkhu mangent, si des bhikkhuní donnent des instructions pour les servir, ils doivent dire fermement à ces dernières de s'en aller, de ne pas rester ici pendant que les bhikkhu mangent. S'il n'y a pas au moins un bhikkhu qui fait cette remarque aux bhikkhuní, chaque bhikkhu présent commet un dukka†a dès qu'il accepte de la nourriture. En mangeant cette nourriture, un bhikkhu commet un pá†idesaníya à chaque ingestion.

Si des bhikkhuní dirigent un service pour servir plus favorablement des bhikkhu très respectables et moins favorablement des bhikkhu peu respectables, même sans dire quoi que ce soit aux bhikkhuní, les bhikkhu ne commettent pas de faute en acceptant et en mangeant la nourriture dans ces conditions.

Si des bhikkhuní souhaitent faire un don de nourriture en demandant à des laïcs de la remettre à des bhikkhu, ces derniers ne commettent pas de faute en l'acceptant et en la mangeant. Néanmoins, si un bhikkhu accepte de la nourriture des mains d'une bhikkhuní, il commet le pá†idesaníya 1. Si une bhikkhuní demande à quelqu'un de servir un bhikkhu qui n'a pas encore de quoi manger, ce dernier ne commet pas de faute en l'acceptant et en la mangeant.

Voir aussi : Les dukka†a relatifs aux pá†idesaníya

pa†idesaníya 3 (tatiya pá†idesanyía)

L'origine

Lorsque Bouddha demeurait au monastère de Jetavana, dans le royaume de Sávatthi, vivait un couple très pauvre, dont la ferveur envers le dhamma était très fortement établie. Comme ils donnaient chaque jour de leur nourriture cuisinée aux bhikkhu venant faire leur ronde quotidienne, il arrivait qu'ils n'avaient plus de quoi manger pour eux-mêmes. N'ayant pas de quoi préparer encore à manger, ils demeuraient ainsi affamés. Lorsque les voisins ont su cela, ils ont critiqué les bhikkhu en s'écriant : " C'est une honte d'accepter ainsi la nourriture sans faire preuve de la moindre retenue ! " En entendant cela, des bhikkhu sont allés le rapporter à Bouddha, qui a établi le pá†idesanyía 3.

Les ariyá qui ont une bonne conduite de vie et une très forte foi envers le dhamma sont incapables de rester sans rien offrir lorsqu'ils voient s'approcher un bhikkhu. À l'aide de la "ñatti dutiya kammavácá", Bouddha a considéré ces personnes en tant que "sekkha".

Ainsi, après que Bouddha ait interdit aux bhikkhu d'accepter de la nourriture en provenance de personnes considérés comme "sekkha", comme il se tenait une grande fête à Sávatthi, des gens considérés "sekkha" ont invité des bhikkhu à venir prendre le repas chez eux. Les bhikkhu n'ont pas voulu accepter l'invitation. Le couple leur ont répondu de concert : " Si vous n'acceptez pas notre nourriture, nous sommes privés de faire du mérite en donnant au saµgha. " Quand Bouddha a été au courant de cela, du haut de son autorité, il a donné l'autorisation suivante : " S'il s'agit d'une invitation, il est correct d'accepter. "

Une fois, un bhikkhu avait l'habitude de se rendre régulièrement dans la maison d'une famille "sekkha". Un matin, alors qu'il était malade, cette famille voulait lui donner à manger. Pour ne pas commettre de faute, ce bhikkhu ne l'a pas acceptée. Comme il n'était pas en mesure de se déplacer jusqu'aux maisons les plus proches, il est resté sans manger durant toute la journée. Lorsque Bouddha a pris connaissance de ce fait, il a à nouveau donné une autorisation : " En cas de maladie, il est correct d'accepter. "

pa†idesaníya 3 en pá¦i

" yáni khopana táni sekkhasammatáni kuláni, yo pana bhikkhu tathárúpesu sekkhasammatesu kulesu pubbe animantito agiláno khádaníyaµ vá bhojaníyaµ vá sahatthá pa†iggahetvá khádeyya vá bhuñjeyya vá, pa†idesetabbaµ tena bhikkhuná "gárayhaµ ávuso dhammaµ ápajjiµ asappáyaµ pá†idesanyíaµ, taµ pa†idesemí" ti. "

Définition

Ne pas accepter de nourriture de la part de gens pauvres, faisant preuve d'une ferveur remarquable envers le dhamma, sans être invité par eux. Si un bhikkhu se rend – avec son bol – auprès de personnes ayant à peine les moyens de subvenir à leurs propres besoins, qui ont une saddhá fortement développée et qui sont reconnues comme telles par le saµgha, qu'il n'est pas invité par ces gens, qu'il n'est pas malade,– au point de ne pas pouvoir aller chercher la nourriture à de son bol –, qu'il accepte de ses propres mains de la nourriture de la part de ces gens, et qu'il la mange, il commet un pá†idesaníya.

Voir aussi : Les dukka†a relatifs aux pá†idesaníya

pa†idesaníya 4 (satuttha pá†idesanyía)

L'origine

Lorsque Bouddha demeurait au monastère de Nigrodháruna, dans le royaume de Kappilavatu, les filles du roi Sákívaýa souhaitaient aller offrir de la nourriture dans un monastère de forêt. Alors qu'elles étaient en chemin, elles se sont faites agressées et voler toutes leurs affaires par des rebelles. Une fois que ces derniers ont été attrapés avec les affaires volées, le roi Sákívaýa a fait des reproches à ces bhikkhu en leur disant : " Est-ce bien vous croyez de ne pas prévenir de la présence de rebelles à ceux qui comptent vous apporter à manger ? " Sachant cela, Bouddha a établi le pá†idesanyía 4, en déclarant : " Un bhikkhu vivant dans un monastère de forêt ne doit pas manger la nourriture apportée par des personnes qu'il n'a pas mis en garde à l'avance des dangers (éventuels) encourus. "

Après cela, des personnes avaient apporter à manger à un bhikkhu qui était malade. Celui-ce n'ayant prévenu par avance ces dáyaká des dangers encourus, étant dans le doute, il a préféré refuser cette nourriture. Quand Bouddha a appris cela, il a ajouté une précision à la règle, en indiquant : " Un bhikkhu malade, demeurant un monastère de forêt, est autorisé à manger la nourriture apportée par des dáyaká qu'il n'a pas mis en garde à l'avance des dangers. "

pa†idesaníya 4 en pá¦i

" yáni kho pana táni áraññakáni senásanáni sásakiýgasammatáni sappa†ibhayáni, yo pana bhikkhu tathárúpesu senásanesu pubbe appa†isaµviditaµ khádaníyaµ vá bhojaníyaµ vá, ajjháráme sahatthá pa†iggahetvá agiláno khádeyya vá bhuñjeyya vá, pa†idesetabbaµ tena bhikkhuná "gárayhaµ ávuso dhammaµ ápajjiµ asappáyaµ pá†idesanyíaµ, taµ pa†idesemí" ti. "

Définition

Ne pas manger la nourriture offerte par des donateurs dont on n'a pas prévenu à l'avance du danger existant à l'intérieur ou aux alentours du monastère où l'on se trouve. Si, un bhikkhu vivant dans un monastère de campagne, reconnu par le saµgha comme dangereux – où vivent, dans l'enceinte ou dans les alentours de ce monastère, des bandits connus pour tuer, voler, frapper –, n'ayant pas averti à l'avance des dangers ou des choses effrayantes (dans l'enceinte et aux alentours du monastère) un dáyaká ayant prévenu qu'il viendrait offrir de la nourriture, accepte de ses propres mains la nourriture que vient lui apporter – dans l'enceinte ou aux alentours du monastère – ce dáyaká, et la mange, à chaque ingestion, il commet un pá†idesaníya.

Voir aussi : Les dukka†a relatifs aux pá†idesaníya

(D) Dhamma Dána, dhammadana.org


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Origine : Textes en birman

Traducteur : Moine Dhamma Sámi

Date : 2000

Mise à jour : 19 juin 2005