"sekhiya" signifie : "points de conduite qu'il faut apprendre, comprendre et mettre en application". Ces règles sont un devoir pour tous les bhikkhu et tous les sámašera. Ils doivent les apprendre pour les comprendre. Une fois qu'il les ont comprises, ils doivent les suivre fidèlement. En connaissant et en comprenant ces sekhiya, si un bhikkhu néglige, ne respecte pas, ou n'applique pas l'une d'entre elles, il commet une dukka†a. Si un sámašera néglige, ne respecte pas, ou n'applique pas l'une d'entre elles, il reçoit une punition, telle que le transport de sable ou d'eau.
En manquant à une sekhiya, un gilána bhikkhu (malade) ne commet pas de faute.
Comme pour les catégories supérieures, les 75 sekhiya ont toutes été établies en raison de méconduites faites par des mauvais bhikkhu.
1re partie, parimašðala
" parimašðalaµ nivásessámíti sikkhá karašíyá. "
Porter la robe du bas correctement mise autour de soi, de façon à laisser les bords réguliers. Il convient de mettre sa robe du bas de façon à cacher son nombril. Le bord du bas de cette robe doit descendre à huit doigts en dessous du genou, et rester régulier tout autour.
Exceptions : Dans les cas suivants, un bhikkhu ne commet pas de faute en ayant ses robes mal mises autour de lui : la robe se défait, ou glisse ; le bhikkhu ne fait pas attention ; le bhikkhu porte sa robe trop courte ou trop longue en raison d'une blessure ; le bhikkhu porte sa robe très courte pour échapper à un danger en courant.
" parimašðalaµ párupissámíti sikkhá karašíyá. "
Porter la robe du haut correctement mise autour de soi, de façon à laisser les bords réguliers. Le bord du bas de la robe du haut doit descendre à quatre doigts en dessous du genou, et rester régulier tout autour.
Exceptions : (Voir la sekhiya 1).
" suppa†icchanno antaraghare gamissámíti sikkhá karašíyá. "
Fermer la robe jusqu'au cou et jusqu'aux poignets, en se déplaçant dans les zones habitées. Un bhikkhu est tenu de fermer complètement sa robe autour de lui, jusqu'au cou, de sorte à cacher ses épaules et ses bras, dans les cas suivants :
À condition d'être en dehors des cas précités, un bhikkhu n'est pas tenu à cette règle dans les cas suivants :
" suppa†icchanno antaraghare nisídissámíti sikkhá karašíyá. "
Fermer la robe jusqu'au cou et jusqu'aux poignets, en étant immobile ou assis dans les zones habitées. (Voir la sekhiya 3).
" susaµvuto antaraghare gamissámíti sikkhá karašíyá. "
Se tenir convenablement, en se déplaçant dans les zones habitées. En se déplaçant dans des zones habitées, il faut adopter une tenue correcte du corps, sans s'amuser avec les bras ou les jambes.
" susaµvuto antaraghare nisídissámíti sikkhá karašíyá. "
Se tenir convenablement, en étant immobile ou assis dans les zones habitées. En étant immobile ou assis dans des zones habitées, il faut adopter une tenue correcte du corps, sans s'amuser avec les bras ou les jambes.
" okkhittacakkhu antaraghare gamissámíti sikkhá karašíyá. "
Maintenir le regard toujours vers le bas, en se déplaçant dans les zones habitées. En se déplaçant dans des zones habitées, il faut diriger ses yeux vers le bas, à une distance d'environ quatre coudées – environ deux mètres – de soi, sur le sol.
Pour éviter tout danger, comme le passage de véhicules, d'animaux, etc., un bhikkhu peut, bien entendu, regarder momentanément autour de lui.
" okkhittacakkhu antaraghare nisídissámíti sikkhá karašíyá. "
Maintenir le regard toujours vers le bas, en étant immobile ou assis dans les zones habitées. En étant immobile ou assis dans des zones habitées, il faut diriger ses yeux vers le bas, à une distance d'environ quatre coudées – environ deux mètres – de soi, sur le sol, ou demeurer les yeux fermés.
" ukkhittakáya antaraghare gamissámíti sikkhá karašíyá. "
Ne pas soulever sa robe, en se déplaçant dans les zones habitées.
" ukkhittakáya antaraghare nisídissámíti sikkhá karašíyá. "
Ne pas soulever sa robe, en étant immobile ou assis dans les zones habitées.
2e partie, ujjagghika
" ujjagghikáya antaraghare gamissámíti sikkhá karašíyá. "
Ne pas rire bruyamment, en se déplaçant dans les zones habitées.
" ujjagghikáya antaraghare nisídissámíti sikkhá karašíyá. "
Ne pas rire bruyamment, en étant immobile ou assis dans les zones habitées.
" appasaddo antaraghare gamissámíti sikkhá karašíyá. "
Ne parler qu'à voix basse, en se déplaçant dans les zones habitées. Dans une zone habitée, un bhikkhu peut parler de sorte qu'une personne située à six coudées de lui – environ trois mètres – puisse comprendre clairement ce qu'il dit, mais de sorte qu'une personne située à douze coudées de lui – environ six mètres – ne puisse pas comprendre ce qu'il dit.
Cette règle n'est pas prise en compte dans le cas où bhikkhu qui délivre un enseignement.
" appasaddo antaraghare nisídissámíti sikkhá karašíyá. "
Ne parler qu'à voix basse, en étant immobile ou assis dans les zones habitées. (Voir la sekhiya 13).
" káyappacálakaµ antaraghare gamissámíti sikkhá karašíyá. "
Ne pas gigoter le corps, en se déplaçant dans les zones habitées. Lorsqu'il est dans une zone habitée, un bhikkhu doit toujours se tenir le torse droit "comme une statue de pierre", en demeurant calme, sans gigoter.
" káyappacálakaµ antaraghare nisídissámíti sikkhá karašíyá. "
Ne pas gigoter le corps, en étant immobile ou assis dans les zones habitées.
" báhuppacálakaµ antaraghare gamissámíti sikkhá karašíyá. "
Ne pas gigoter les bras, en se déplaçant dans les zones habitées.
" báhuppacálakaµ antaraghare nisídissámíti sikkhá karašíyá. "
Ne pas gigoter les bras, en étant immobile ou assis dans les zones habitées.
" sísappacálakaµ antaraghare gamissámíti sikkhá karašíyá. "
Ne pas gigoter la tête, en se déplaçant dans les zones habitées.
" sísappacálakaµ antaraghare nisídissámíti sikkhá karašíyá. "
Ne pas gigoter la tête, en étant immobile ou assis dans les zones habitées.
3e partie, khambhakata
" na khambhakato antaraghare gamissámíti sikkhá karašíyá. "
Ne pas poser les mains sur les hanches, en se déplaçant dans les zones habitées.
" na khambhakato antaraghare nisídissámíti sikkhá karašíyá. "
Ne pas poser les mains sur les hanches, en étant immobile ou assis dans les zones habitées.
" na oguš†hito antaraghare gamissámíti sikkhá karašíyá. "
Ne pas se couvrir la tête, en se déplaçant dans les zones habitées. S'il s'agit de protéger sa santé en raison d'un climat hivernal, un bhikkhu ne commet pas de faute en se couvrant la tête.
" na oguš†hito antaraghare nisídissámíti sikkhá karašíyá. "
Ne pas se couvrir la tête, en étant immobile ou assis dans les zones habitées. (Voir la sekhiya 23).
" na ukku†ikáya antaraghare gamissámíti sikkhá karašíyá. "
Ne pas se mettre sur la pointe des pieds, dans les zones habitées.
" na pallatthikayá antaraghare nisídissámíti sikkhá karašíyá. "
Ne pas s'asseoir en ayant les genoux relevés et les bras enlacés autour des jambes, dans les zones habitées.
" sakkaccaµ pišðapátaµ pa†iggahessámíti sikkhá karašíyá. "
Adopter une attitude respectueuse, en acceptant de la nourriture. Il convient d'accepter de la nourriture en tenant convenablement son bol dans le(s) bras, devant soi, avec une attitude respectueuse et enthousiaste. Il ne faut pas accepter de nourriture avec un air dégoûté.
" pattasaññí pišðapátaµ pa†iggahessámíti sikkhá karašíyá. "
Maintenir son attention sur le bol, en acceptant de la nourriture.
" samasúpakaµ pišðapátaµ pa†iggahessámíti sikkhá karašíyá"
Ne pas accepter des haricots ou des pois en disproportion avec le riz en allant collecter la nourriture. Un bhikkhu ne doit pas accepter beaucoup de haricots ou de pois et peu de riz en comparaison.
" samatittikaµ pišðapátaµ pa†iggahessámíti sikkhá karašíyá"
Accepter la nourriture en proportion du bol. Il convient de ne pas accepter de nourriture jusqu'à ce que la nourriture soit bombée au-dessus du bol. Cependant, un bhikkhu ne commet pas de faute en acceptant de la nourriture servie dans des boîtes posées au-dessus du riz, posée sur le couvercle, en prenant un autre bol, ou en acceptant de la nourriture pour quelqu'un d'autre.
4e partie, sakkacca
" sakkaccaµ pišðapátaµ bhuñjassamíti sikkhá karašíyá. "
Prendre soin d'adopter une attitude respectueuse, en mangeant. Il convient de manger respectueusement, sans grimacer pour montrer qu'on n'apprécie pas un mets.
" pattasaññí pišðapátaµ sikkhá karašíyá. "
Maintenir son attention dans le bol, en mangeant. Pendant le repas, un bhikkhu ne doit pas regarder autour de lui. Il est tenu de fixer attentivement son regard sur le contenu de son bol (ou de son assiette).
" sapadánaµ pišðapátaµ bhuñjassamíti sikkhá karašíyá. "
Manger les aliments les uns à la suite des autres, sans en rejeter. Un bhikkhu doit manger (ou se servir) comme les portions d'aliments se présentent. Il ne doit pas commencer par le milieu. Lorsqu'il entame ce qu'il a dans le bol (ou dans un plat) par un côté, il devra continuer de prendre la nourriture par le même côté, sans entamer un autre côté.
" samasúpakaµ pišðapátaµ bhuñjassamíti sikkhá karašíyá. "
Manger le carry en portion du riz. Un bhikkhu doit préparer chaque bouchée en y mélangeant du carry au riz.
" na thupakato omditvá pišðapátaµ bhuñjassamíti sikkhá karašíyá. "
Ne pas prendre et manger un aliment situé au sommet d'un tas de nourriture, ni aplatir un tas de nourriture. Un bhikkhu ne doit pas non plus choisir un morceau plutôt qu'un autre. Il est tenu de se servir en prenant la nourriture située du côté entamé ou de son côté si le plat n'est pas entamé. Ainsi, il convient de toujours prendre la nourriture sur le côté, au fur et à mesure que les aliments situés au milieu choient sur les côtés. Lorsqu'il reste de la nourriture un peu éparpillée dans son bol, il faut la réunir de sorte à ne constituer qu'un seul tas, et le manger par le côté.
" na súpaµ vá byañjanaµ vá odanena pa†icchádessámi bhiyyokamyataµ upádáyáti sikkhá karašíyá. "
Ne pas cacher du carry à l'aide de riz, dans l'espoir d'en obtenir beaucoup.
" na súpaµ vá agilánená attano attháya viññápetvá bhuñjissámíti sikkhá karašíyá. "
Ne pas manger de la nourriture demandée pour soi-même si l'on n'est pas malade. Il est convenable de demander de la nourriture seulement auprès des personnes de sa famille ou des dáyaká qui en ont formulé l'invitation.
" na ujjhánasaññí paresaµ pattaµ olokessámíti sikkhá karašíyá. "
Ne pas regarder dans le bol d'un autre dans le but de critiquer. Il n'y a toutefois aucune faute à regarder le contenu du bol d'un autre si c'est pour lui donner de la nourriture au cas où il en aurait peu.
" nátimahantaµ kaba¦aµ karissámíti sikkhá karašíyá. "
Ne pas préparer des bouchées (ou cuillérées) énormes. Une bouchée (ou une cuillérée) ne doit pas avoir un volume aussi important que celui d'un œuf de paon.
" parimašðalaµ álopaµ karissámíti sikkhá karašíyá. "
Ne pas préparer des bouchées (ou cuillérées) trop longues. Il ne faut pas mettre des morceaux trop longs d'un seul coup dans la bouche. Il convient de préparer des portions ayant une proportion adéquate avant de les insérer dans la bouche.
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Origine : Textes en birman
Traducteur : Moine Dhamma Sámi
Date : 2000
Mise à jour : 19 juin 2005