Lorsque Bouddha était en déplacement dans le pays de Cetiya, il s'approchait d'un village du nom de Bhaddavatiká. En apercevant le Parfait, des paysans et des gardiens de vaches et de chèvres lui ont dit par trois reprises : " N'approchez pas de ce village, ô Bienheureux, il y a un manguier tout près duquel se trouve un ermitage dans lequel loge un grand dragon au poison très violent. " Cela n'a pas empêché Bouddha de poursuivre sa route jusqu'à ce village et d'y faire une halte.
À ce moment-là, alors que le maháthera Ságata était assis en tailleur dans un abri situé à côté de l'ermitage, le grand dragon a fait son apparition. En voyant le Vénérable Ságata, pris d'une grande colère, le dragon crachait de la fumée de ses narines. Le Vénérable Ságata lui a alors renvoyé encore plus de fumée. Le dragon a répliqué en arrosant le Vénérable Ságata de flammes brûlantes. À l'aide des pouvoirs psychiques qu'il avait développés, le Vénérable Ságata est entré instantanément dans une pratique spécifique qui lui a permis d'incendier le dragon avec un feu si virulent, qu'il dépassait ce dont était capable ce dernier. Une fois que le maháthera Ságata avait vaincu le grand dragon, il est retourné au village de Bhaddavatiká. Cette histoire s'est répandue jusqu'à la ville de Kosambí.
Bouddha a quitté le village de Bhaddavatiká pour se rendre à la ville de Kosambí. Des dáyaká de Kosambí souhaitaient faire des offrandes au Vénérable Ságata. À ce moment-là, en guise de suggestion, un groupe de six bhikkhu ont indiqué à ces dáyaká que les bhikkhu appréciaient beaucoup les alcools purs ayant la couleur de patte de pigeon (alcools forts). Dans toutes les maisons, les dáyaká de Kosambí ont préparé de l'alcool ayant la couleur de patte de pigeon. Lorsque le Vénérable Ságata a fait sa ronde, tous les dáyaká lui ont alors offert un verre d'alcool pur ayant la couleur de patte de pigeon. Après avoir bu une grande quantité d'alcool, le Vénérable Ságata s'est effondré devant la porte de la ville.
Alors que Bouddha accompagné d'autres bhikkhu passaient par la porte de la ville, en apercevant le Vénérable Ságata allongé par terre, les bhikkhu l'ont interpellé et ramené avec eux. En arrivant au monastère, les bhikkhu se sont respectueusement prosterné en direction de Bouddha, tandis que le Vénérable Ságata restait allongé, les pieds pointant en direction du Parfait, qui demandait alors aux bhikkhu :
" Auparavant, le Vénérable Ságata était très respectueux à mon égard ; à présent, il ne me témoigne pas le moindre respect. Auparavant, il a vaincu le grand dragon à l'aide de ses pouvoirs ; à présent, il serait incapable de faire quoique ce soit contre ce dragon. Le Vénérable Ságata a perdu toute attention parce qu'il a bu de l'alcool. Est-il convenable de boire de l'alcool ou n'est-ce pas convenable ? "
Les bhikkhu lui ont approuvé qu'il n'était pas convenable de boire de l'alcool. Bouddha a ensuite critiqué le Vénérable Ságata et établi le pácittiya 51.
" surámerayapane pácittiyaµ. "
Ne pas consommer d'alcool ou d'autres substances intoxicantes. Si un bhikkhu consomme une substance (drogues, médicaments, produits toxiques, etc.) susceptible d'engendrer des états de conscience inhabituels (ivresse, modification des notions d'équilibre ou de poids, extases artificielles, etc.) ou d'intoxiquer le corps, il commet un pácittiya.
Remarque : cette règle correspond au cinquième des dix préceptes.
Voir aussi : Les dukka†a relatifs aux pácittiya
Lorsque Bouddha demeurait au monastère de Jetavana, dans le royaume de Sávatthi, un groupe de six bhikkhu s'amusaient à chatouiller un jeune bhikkhu. En raison d'un fou rire incontrôlable, la respiration de ce jeune bhikkhu restait bloquée. Si bien qu'il a fini par succomber. En apprenant cela, Bouddha a établi le pácittiya 52.
" aýgulipatodake pácittiyaµ. "
Ne pas chatouiller. Un bhikkhu commet un pácittiya aussitôt qu'il touche quelqu'un dans le but de le chatouiller par plaisanterie.
Voir aussi : Les dukka†a relatifs aux pácittiya
Lorsque Bouddha demeurait au monastère de Jetavana, dans le royaume de Sávatthi, de jeunes bhikkhu jouaient dans l'eau du fleuve Aciravatí. Le roi Kosala était sorti de son palais, accompagné de la reine Malliká. Lorsque le roi Kosala a vu les jeunes bhikkhu, il a dit : " Malliká, regardez ces jeunes bhikkhu s'extasier dans leurs jeux aquatiques ". Ce à quoi la reine a répliqué : " Votre Majesté, soit Bouddha n'a pas encore établi une règle interdisant aux bhikkhu de jouer dans l'eau, soit ces jeunes bhikkhu ne connaissent pas encore cette règle. "
Afin de mettre Bouddha au courant sans lui parler directement, le roi Kosala a offert de la cassonade (sucre brut de canne) à ces jeunes bhikkhu. En rentrant au monastère de Jetavana, les jeunes bhikkhu sont allés raconter à Bouddha que le roi Kosala leur avait offert de la cassonade. Le Parfait, ayant de très proches relations avec le roi Kosala, a alors demandé dans quelles circonstances ce dernier leur avait fait cette offrande. Comme les jeunes disciples ont expliqué qu'ils jouaient dans l'eau du fleuve Aciravatí lorsque le roi, en les voyant, leur a offert cette cassonade, Bouddha les a fermement réprimandé et établi le pácittiya 53.
" udake hasadhamme pácittiyaµ. "
Ne pas jouer dans l'eau. Si, dans une étendue d'eau (fleuve, rivière, lac, étang, etc.) dans laquelle le niveau d'eau monte au moins à hauteur des chevilles, un bhikkhu plonge, flotte, nage, s'amuse ou se réjouit dans cette eau d'une autre manière, il commet un pácittiya.
S'il joue à l'aide d'une barque, ou en jetant ou faisant flotter quoique ce soit, dans de l'eau de cuisson, ou dans n'importe quel récipient contenant de l'eau, il commet un dukka†a. Naturellement, un bhikkhu malade qui se met dans l'eau pour des raisons de santé ne commet aucune faute. Il en va de même pour un bhikkhu qui nage seulement afin de traverser un cours d'eau d'une rive à l'autre.
Voir aussi : Les dukka†a relatifs aux pácittiya
Lorsque Bouddha demeurait au monastère de Ghositáruna, dans le royaume de kosambí, le Vénérable Channa, né en même temps que le Parfait, avait l'habitude de toujours faire ce qui n'était pas convenable de faire. Alors, les bhikkhu lui disaient : " Vénérable, n'agissez pas ainsi, ne faites pas cela, ceci est mieux d'éviter, ne pas agir de la sorte est une bonne chose. " Sans le moindre respect à l'égard de ces bhikkhu, se fichant totalement de leurs recommandations, il persistait d'agir comme il le faisait toujours. Quand Bouddha a été au courant, il a établi le pácittiya 54.
" anádariye pácittiyaµ. "
Ne pas manquer de respect. En manquant de respect à un bhikkhu ou au dhamma, un bhikkhu commet un pácittiya.
Si un bhikkhu fait remarquer à un autre bhikkhu ne respectant pas le vinaya, que ses actes ne sont pas convenables, et si cet autre bhikkhu poursuit ses actes incorrects sans tenir compte de ces remarques, il s'agit d'un manque de respect envers un bhikkhu.
Si un bhikkhu parle à un autre bhikkhu pour qu'il observe une règle du vinaya, et si cet autre bhikkhu disparaît ou se cache pour continuer de manquer à cette règle, il s'agit d'un manque de respect envers le dhamma.
Si un bhikkhu persiste à agir incorrectement sans tenir compte des propos émis par des bhikkhu qui s'appuient sur le vinaya, il commet un pácittiya. Si un bhikkhu persiste à agir incorrectement sans tenir compte des propos émis par des bhikkhu qui s'appuient sur le suttanta ou sur l'abhidhamma, il commet un dukka†a. Si un bhikkhu persiste à agir incorrectement sans tenir compte des propos émis par des sámašera ou par des laïcs qui s'appuient sur le vinaya, le suttanta ou sur l'abhidhamma, il commet un dukka†a.
Voir aussi : Les dukka†a relatifs aux pácittiya
Lorsque Bouddha demeurait au monastère de Jetavana, dans le royaume de Sávatthi, un groupe de six bhikkhu s'amusaient à faire des frayeurs à un groupe de jeunes bhikkhu. Effrayés, les jeunes bhikkhu pleuraient. Quand Bouddha a été au courant de ces actes, il a établi le pácittiya 55.
" yo pana bhikkhu bhikkhuµ bhiµsápeyya, pácittiyaµ. "
Ne pas effrayer un bhikkhu. Un bhikkhu commet un pácittiya dès lors qu'il commet un acte dans le but d'effrayer un bhikkhu l'aide d'un support visuel, auditif, olfactif, gustatif ou tactile (quelle qu'en soit la raison).
Voir aussi : Les dukka†a relatifs aux pácittiya
Lorsque Bouddha demeurait au dans le royaume de Bhagga, durant l'hiver, des bhikkhu ont enflammé une grosse bûche de bois comportant un creux. Dans ce creux vivait un vieux serpent qui, assailli par les flammes, est brusquement sorti en poursuivant les bhikkhu. Ces derniers sont alors partis en courant. Une fois que Bouddha a pris connaissance de cette histoire, il a interdit l'allumage de feu.
Une fois, des bhikkhu ont allumé un feu dans le but de faire sortir la sueur d'un bhikkhu malade. Pris de doute, ils sont allés rencontrer Bouddha pour lui présenter les faits. Après avoir indiqué qu'il autorisait l'allumage de feu en cas de mauvaise santé, le Parfait a établi le pácittiya 56.
" yo pana bhikkhu agiláno visibbanápekkho jotiµ samádaheyya vá samádahápeyya vá aññtra tathárúpappaccayá, pácittiyaµ. "
Ne pas allumer, ni faire allumer de feu. Hormis pour s'éclairer (bougie, lampe à huile, etc.), pour sécher un bol ou pour réchauffer sa nourriture, si un bhikkhu non malade (au point d'avoir besoin de feu) allume du feu ou fait allumer du feu, il commet un pácittiya.
L'allumage de lumière ou d'appareils électriques n'est pas considéré comme l'allumage d'un feu. Si un bhikkhu allume ou ranime un feu – volontairement –, souffle, pour le raviver, sur un feu allumé par quelqu'un d'autre, ajoute quelque chose dans le feu (bûche, papier, etc.), ou demande à une autre personne d'allumer, d'entretenir ou de raviver un feu, il commet le pácittiya 56.
Voir aussi : Les dukka†a relatifs aux pácittiya
Lorsque Bouddha demeurait au monastère de Ve¦uvana, dans le royaume de Rájagaha, des bhikkhu se lavaient dans la rivière Tabodá. Pour y effectuer un de lavage de cheveux (cérémonie auspicieuse), le roi Bimbhisára a emmené la famille royale au bord de la rivière Tabodá. En voyant les bhikkhu s'y laver, le roi a dit : " Nous allons attendre qu'ils aient fini de se laver. " La famille royale s'est alors installée tout près, afin d'attendre que finisse le bain des bhikkhu.
Les bhikkhu se sont lavés jusqu'à la tombée de la nuit. Comme le roi Bimbhisára et sa famille ont du accomplir leur lavage de cheveux après la tombée de la nuit, lors de leur retour, la porte de la ville était fermée. Ils ont alors du passer la nuit à l'extérieur de la ville. En se levant de bonne heure le matin, le roi s'est rendu au monastère de Ve¦uvana. En arrivant, il est allé auprès de Bouddha, à qui il a raconté les faits. Après avoir prêché quelques paroles du dhamma au roi, Bouddha a sévèrement réprimandé les bhikkhu qui avaient abusivement occupé le bord de la rivière pour se laver. Il a ensuite déclaré : " Une fois après vous être lavés, ne vous lavez plus durant les quinze jours suivants (plus exactement, la durée d'un demi mois lunaire). "
Suite à cela, alors que le climat était très chaud et très humide, les bhikkhu ne pouvant pas se doucher, dormaient salis par la transpiration dans leurs robes, si bien qu'elles finissaient rapidement par se détériorer. Le problème se posait aussi pour les couches. Sachant cela, Bouddha a précisé une exception en disant : " En cas de forte chaleur et humidité, il est autorisé de se laver. "
De la même façon, il a autorisé les bhikkhu qui sont malades, qui viennent d'effectuer un travail physique, qui sont sales de transpiration, qui transpirent en raison d'un voyage effectué, qui cousent ou teignent une robe dans un endroit sans toit, sous la pluie, ou qui sont salis par la poussière, à se laver sans attendre la fin du demi mois de répit entre deux lavages corporels.
" yo pana bhikkhu orenaddhamásaµ naháyeyya aññatra samayá, pácittiyaµ. tattháyaµ samayo, diyaððho máso seso gimhánanti vassánassa pa†hamo máso iccete aððhateyyamásá ušhasamaso, pari¦áhasamayo, gilánasamaso, kammasamayo, addhánagamanasamayo, vátavu††hisamayo, ayaµ tattha samayo. "
Ne pas se laver plus de deux fois par mois, si le corps n'est pas sale. En dehors des situations exceptionnelles, si un bhikkhu se lave le corps avant que ne soit achevé un délai d'un demi-mois après son précédent lavage, il commet un pácittiya.
Voici les situations exceptionnelles qui permettent à un bhikkhu de se laver :
Attention : Cette règle s'applique uniquement au "majjhima desa", région du nord de l'Inde actuelle, où Bouddha a vécu. De ce fait, les bhikkhu vivant en dehors de cette région peuvent se laver librement, sans commettre de faute.
Voir aussi : Les dukka†a relatifs aux pácittiya
Lorsque Bouddha demeurait au monastère de Jetavana, dans le royaume de Sávatthi, alors que des bhikkhu et des "paribajaka" (membres d'une secte de l'époque) voyageaient ensemble, ils se sont fait détrousser par des bandits. Les services du roi de Sávatthi ont pu arrêter les brigands. En appelant les bhikkhu, ils leur ont demandé : " Vénérables, veuillez reprendre vos robes. " Chaque bhikkhu demeurant incapable de reconnaître sa propre robe, les représentants du service royal ont critiqué ce fait. Quand Bouddha a été mis au courant de cette histoire, il a établi le pácittiya 58.
" navaµ pana bhikkhunácívaralábhena tiššaµ dubbaššakarašaµ aññataraµ dubbaššakarašaµ ádátabbaµ nílaµ vá kaddamaµ vá ká¦asámaµ vá. anádá ce bhikkhu tiššaµ dubbaššakarašánaµ aññataraµ dubbaššakarašaµ navaµ cívaraµ paribhuñceyya, pácittiyaµ. "
Ne pas utiliser une robe sans lui avoir appliqué une ou plusieurs marques marron, brunes ou noires. Lorsqu'un bhikkhu obtient une nouvelle robe, il convient qu'au moment de son acquisition, – s'il compte la porter –, il lui applique une marque (kappabindu). Cette marque peut être marron, couleur boue ou noire (le bleu d'un stylo, ou toute autre couleur sombre, est également acceptée). S'il n'applique pas l'un de ces marquages et s'il utilise cette robe, il commet un pácittiya.
Il y a cinq types de robes : la robe du bas, la robe du haut, la robe double, la robe de pluie et la robe pansement. Chaque fois qu'un bhikkhu obtient l'une de ces robes, il est tenu de lui appliquer une marque. Toutes autres pièces de tissu en sont dispensées. Enfin, il doit la déterminer avant de pouvoir la porter.
Remarque : de nos jours, les robes de pluie et les robes pansement ne sont plus utilisées.
Les marques peuvent être faites sur un ou plusieurs coins de cette robe. Il convient de faire cette marque (kappabindu) – ne serait-ce avec un brin d'herbe – de manière bien visible de forme ronde et remplie. Ces marques ne se font que sur les pièces de tissu nécessitant une détermination.
Voir aussi : Les dukka†a relatifs aux pácittiya
Lorsque Bouddha demeurait au monastère de Jetavana, dans le royaume de Sávatthi, le Vénérable Upananda a fait vikappaná d'une de ses robes à l'égard d'un jeune bhikkhu habitant avec lui. Sans que ce jeune bhikkhu fasse vikappaná en retour, le Vénérable Upananda a porté cette robe. Mis au courant, des bhikkhu l'ont critiqué. Bouddha a alors établi le pácittiya 59.
" yo pana bhikkhu bhikkhussa vá bhikkhuniyá vá sikkhamánáya vá sámašerassa vá sámašeriyá vá sámaµ cívaraµ vikappetvá appaccuddhárašaµ paribhuñceyya, pácittiyaµ. "
Ne pas porter une robe partagée avec un bhikkhu, une bhikkhuní, une sikkhamána, un sámašera ou une sámašerí, sans que cette dernière personne n'ait prononcé à son tour la formule du partage pour cette robe. Après avoir fait vikappaná d'une de ses robes à l'égard d'un bhikkhu, d'une bhikkhuní, d'une sikkhamána, d'un sámašera ou d'une sámašerí, un bhikkhu qui porte cette robe sans que celui – ou celle – qui a bénéficié du vikappaná n'ait fait le vikappaná en retour ou le paccuddháraša (rejet de la robe), il commet un pácittiya.
Le vikappaná est une procédure qu'un bhikkhu effectue en vue de destiner quelque chose à un bhikkhu, une bhikkhuní, une sikkhamána, un sámašera ou une sámašerí. Cela permet que soit validé totalement un don à l'égard d'un bhikkhu ou d'une autre personne, en accord avec le vinaya. Dans certains cas, cela est obligatoire. Lorsqu'un bhikkhu souhaite partager une robe (en plus de la seule qu'il est autorisé à déterminer en tant que robe portée), il peut faire vikappaná pour la personne choisie, en prononçant la formule adéquate. Pour que le premier bhikkhu puisse porter cette robe, l'autre devra faire le vikappaná en retour en prononçant une autre formule. Ainsi, les deux bhikkhu pourront porter cette robe.
Il existe deux types de vikappaná qu'un bhikkhu peut effectuer : soit en prononçant lui-même la formule adéquate vikappaná, soit en faisant prononcer cette formule par un bhikkhu spécialiste du vinaya.
S'il partage une robe à l'égard d'un bhikkhu présent :
" imaµ cívaraµ tuyhaµ vikappemi "
S'il partage plusieurs robes à l'égard d'un bhikkhu présent :
" imáni cívaráni tuyhaµ vikappemi "
S'il partage une robe à l'égard d'un bhikkhu éloigné :
" etaµ cívaraµ tuyhaµ vikappemi "
S'il partage plusieurs robes à l'égard d'un bhikkhu éloigné :
" etáni cívaráni tuyhaµ vikappemi "
(On considère la distance de séparation "éloignée" dès qu'elle dépasse deux coudées et un empan, soit environ 120 centimètres).
Ensuite, la personne bénéficiant du vikappaná doit faire vikappaná en retour pour que le premier bhikkhu puisse porter cette robe. S'il l'a porte sans que le vikappaná n'ait été fait en retour, il commet le pácittiya 59. Pour faire le vikappaná en retour, il convient de prononcer la formule suivante :
" mayhaµ santakaµ paribhuñca vá visajjehi vá yathápaccayaµ karohi "
Voir aussi : Les dukka†a relatifs aux pácittiya
Lorsque Bouddha demeurait au monastère de Jetavana, dans le royaume de Sávatthi, vivaient de jeunes bhikkhu qui rangeaient mal leurs bols, robes et autres affaires. Un groupe de six bhikkhu se sont emparés de ces bols et de ces robes pour les cacher. N'ayant pas de doute sur les responsables, les jeunes bhikkhu sont se sont alors rendus auprès de ces six bhikkhu en leur demandant : " Vénérables, pourriez-vous nous rendre nos bols et nos robes ? " À ce moment-là, les six bhikkhu ont éclaté de rire. Les jeunes bhikkhu se sont mis à pleurer et sont allés rapporter ce fait à d'autres bhikkhu. Lorsque Bouddha a été mis au courant, il a établi le pácittiya 60.
" yo pana bhikkhu bhikkhussa pattaµ vá cívaraµ vá nisídanaµ vá súcigharaµ vá káyabandhanaµ vá apanidheyya vá apanidhápeyya vá antamaso hasápekkhopi, pácittiyaµ. "
Ne pas cacher les affaires d'un bhikkhu. Si, dans le but de rire, de faire une farce ou par rancune, un bhikkhu cache ou fait cacher un bol déterminé (utilisé), une robe déterminée (portée), un nissídana, une aiguille, ou une ceinture – et que cet objet appartient à un bhikkhu –, il commet un pácittiya.
En cachant d'autres affaires, comme le sac d'un bol, une robe non déterminée, ou des affaires appartenant à des sámašera ou à des laïcs, un bhikkhu commet un dukka†a. En rangeant des affaires qui sont mal rangées ou en mettant provisoirement des affaires de côté pour éviter qu'elles se perdent ou se fassent voler, un bhikkhu ne commet aucune de faute.
Voir aussi : Les dukka†a relatifs aux pácittiya
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Origine : Textes en birman
Traducteur : Moine Dhamma Sámi
Date : 2000
Mise à jour : 19 juin 2005