Il est correct qu'un bhikkhu malade consomme de la nourriture demandée en groupe. Il n'est pas correct qu'un bhikkhu en bonne santé consomme de la nourriture obtenue de cette manière, sinon il commet un pácittiya à chaque bouchée.
En pali, cette nourriture obtenue de cette manière est appelée " gašabhojana ". Si des dáyaká qui se rendent auprès de bhikkhu au nombre de quatre ou plus, invitent ces derniers pour leur offrir un repas en employant un langage approprié tel que : " bhikkhaµ gahšatha " " Vénérables, veuillez accepter une invitation pour le repas ", il s'agit d'une manière correcte. En outre, si des dáyaká emploient un langage inconvenant tel que les exemples suivants, il s'agit d'une manière incorrecte.
Il existe des mots dans le vocabulaire pali et de certaines langues asiatiques qui sont exclusivement employés à l'intention des bhikkhu. La vie des bhikkhu et leur relations avec les laïcs étant absentes de la culture occidentale, il n'est par définition pas possible de traduire directement cette règle en français. Toutefois, il est possible de l'expliquer. Prenons un exemple : Imaginons que dans un pays où fleurit le saµgha, pour dire " manger ", on emploie le verbe " manger " à l'intention des laïcs et le verbe " se restaurer " à l'intention des bhikkhu. Dans ce cas, le verbe " manger " n'est pas impoli du tout pour les laïcs. Néanmoins, ce même terme devient grossier s'il est employé pour un bhikkhu. Afin de comprendre les écrits des textes du canon pali, imaginons pour ces exemples que le terme " riz " est réservé à l'usage des laïcs et qu'il devient discourtois pour les bhikkhu.
" odanena nimantemi " " Je vous invite à manger le " riz ". "
" odanaµ me gahšatha " " Veuillez accepter mon offrande de " riz ". "
" bhattaµ gahšatha " " Acceptez ce " riz ". "
" saµgha bhattaµ gahšatha " " Veuillez accepter ce " riz " à l'intention du saµgha. "
" saµgho bhattaµ gahšatu " " Puisse le saµgha accepter ce " riz ". "
Si un dáyaká formule une invitation au saµgha en employant l'un de ces langages ou un autre langage mal approprié, la nourriture de cette invitation est appelée gašabhojana en pali.
Un groupe de quatre bhikkhu (ou plus) s'adressent ainsi à des dáyaká : " ahmákaµ satunnampi bhattaµ dehi " " Offrez-nous du riz à tous les quatre (ou plus). " Ou alors, ils formulent cette sollicitation en s'adressant chacun séparément aux mêmes dáyaká : " mahyaµ dehi " " Offrez-moi (du riz). " Ensuite, ils vont accepter cette nourriture ensemble et la consommer. En acceptant cette nourriture en groupe (au minimum quatre bhikkhu), celle-ci devient gašabhojana. En la mangeant, ils commettent le pácittiya 32.
Visitez ce site selon la présentation qui vous convient...
En savoir plus sur ces styles.
Origine : Textes en birman
Traducteur : Moine Dhamma Sámi
Date : 2000
Mise à jour : 19 juin 2005