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résumé de la page

Introduction sur la discipline des moines, suivie des définitions des fautes outre pātimokkha.

Chacune d’entre elle fourni une description détaillée, illustrée par des exemples.

Les fautes hors pātimokkha

La discipline des bhikkhu

Bouddha a établi de nombreuses règles, procédures et points d’entraînement concernant les fautes. Les fautes principales ont été catégorisées dans le pātimokkha. Cependant, les thullaccaya, qui comptent parmi les plus graves fautes (juste après les pārājika et les saṃghādisesa) n’y figurent pas. Rappelons que Bouddha n’a jamais établi une règle autrement que parce que des personnes ont critiqué ou sont venues se plaindre auprès de lui d’actes incorrects de la part de bhikkhu.

Tout ce que Bouddha a établi en matière de discipline pour les bhikkhu sont des choses dont ces derniers doivent s’abstenir, des choses auxquelles ils doivent s’appliquer, des pratiques facultatives, et de nombreuses procédures.

Les choses auxquelles les bhikkhu doivent s’appliquer sont des points d’entraînement (qui constituent une bonne partie des 75 sekhiya) et des devoirs à accomplir lorsque les circonstances le demandent. Ces devoirs concernent le plus souvent des tâches à accomplir pour le bon fonctionnement de la communauté et des marques de respect envers les anciens. Les manquements à ces devoirs – parfois minimes – ne font pas nécessairement l’objet d’une faute. Exemple d’une chose à laquelle un bhikkhu doit s’appliquer : lorsqu’un bhikkhu est aux toilettes, si quelqu’un s’approche (en vue d’y entrer), il doit avertir de sa présence en articulant « hum ! hum ! »

Les choses dont les bhikkhu doivent s’abstenir constituent l’essentiel du vinaya. Les abstentions majeures et moyennes font l’objet d’une faute lorsqu’elles ne sont pas observées. En revanche, si un bhikkhu transgresse une abstention minime, il ne commet pas de faute. Ce manquement mérite néanmoins – en accord avec le vinaya – une réprimande de la part des autres bhikkhu, ou tout au moins une prise de conscience de la part du fautif pour ne plus reproduire cette inconvenance. Exemple d’une chose dont un bhikkhu doit s’abstenir : un bhikkhu ne doit pas enseigner une matière qui ne relève pas du dhamma, sinon il commet un dukkaṭa.

Les pratiques factultatives sont – par définition – hors vinaya. Il s’agit d’un ensemble de 13 pratiques ascétiques (dhutaṅga en pali) destinées pour l’essentiel à réduire les attachements de celui qui les met en pratique. Voir : Les 13 pratiques ascétiques

Souvent complexes, les procédures sont destinées à garantir et à préserver une harmonie au sein du saṃgha. La majeure partie d’entre elles servent à purifier les bhikkhu de leurs fautes ou à les inciter de ne pas en commettre. Exemple d’une procédure : les bhikkhu doivent « dévoiler » leurs fautes chaque jour – à moins d’être parfaitement purs de fautes – auprès d’un autre bhikkhu à l’aide de la formule du desanā.

Il existe trois sortes de fautes (āpatti en pali) en dehors du pātimokkha. Ce sont elles dont il est question dans cette partie du site : les thullaccaya, les dukkaṭa et les dubbhāsita. Les dukkaṭa constituent la sorte de faute présente aussi bien dans le pātimokkha qu’en dehors ; en effet, le bhikkhu qui manque à un sekhiya commet un dukkaṭa.

Définition des thullaccaya

thullaccaya signifie : faute importante.

La plupart des thullaccaya correspondent à des actes préliminaires qu’un bhikkhu commet avant un pārājika ou un saṃghādisesa. La gravité d’un thullaccaya se situe d’ailleurs juste après les pārājika et les saṃghādisesa. Le thullaccaya est la plus grosse faute pouvant être purgée à l’aide du seul desanā.

Exemple d’un thullaccaya relatif au pārājika 3 :

  • si un bhikkhu met en place un procédé quelconque susceptible de tuer (…) et que quelqu’un vient à éprouver de la douleur en y étant piégé, il commet un thullaccaya

Exemples de thullaccaya non relatifs à une autre faute :

  • si (…) un bhikkhu demeure sans habit (nu), il commet un thullaccaya
  • si un bhikkhu abandonne l’un des cinq types d’affaires appartenant au saṃgha(224), il commet un thullaccaya.
  • si, avec un désir (lubrique), un bhikkhu touche le sexe d’une vache, il commet un thullaccaya

Voir : L’intégralité des thullaccaya

Définition des dukkaṭa

dukkaṭa signifie : faute résultant d’un acte physique amenant les autres à critiquer.

Bien que généralement considérées comme des « fautes mineures », les dukkaṭa n’en sont pas moins que des fautes engendrées par des actions incorrectes, irrespectueuses, malsaines, dommageables à la pratique du dhamma, nuisibles au développement de la sagesse, et – comme le dit Bouddha – propices à ruiner la considération, la confiance, le respect et la vénération que les gens ont pour le saṃgha. Largement les plus nombreuses, les dukkaṭa correspondent souvent, comme les thullaccaya, à des actes préliminaires qu’un bhikkhu commet avant une faute plus grave. Facilement commis à l’insu des bhikkhu peu attentifs, les dukkaṭa se purgent à l’aide du desanā.

Exemple d’un dukkaṭa relatif au nissaggiya 20 :

  • si un bhikkhu conclut un échange, un achat ou une vente, avant (même) d’acquérir l’objet, il commet un dukkaṭa

Exemples de dukkaṭa non relatifs à une autre faute :

  • si, (sans raison valable), un bhikkhu qui enseigne le dhamma à des bhikkhunī s’arrête en cours et s’en va, il commet un dukkaṭa.
  • si un bhikkhu délaisse des sāmaṇera qui vivent avec lui – sans que personne ne s’occupe d’eux –, il commet un dukkaṭa.
  • si un bhikkhu mange de la viande de cheval, il commet un dukkaṭa.
  • si un bhikkhu mange la viande d’un animal dont il sait qu’il a été tué spécialement pour lui, il commet un dukkaṭa.
  • si un bhikkhu entre dans un village(108) torse nu, il commet un dukkaṭa.
  • si un bhikkhu entre dans un village(108) chaussé de sandales, il commet un dukkaṭa.(210)
  • si un bhikkhu utilise un bol(216) sur lequel il y a des décorations ou des motifs, il commet un dukkaṭa.
  • si un bhikkhu garde des cheveux longs, il commet un dukkaṭa.(214)
  • si un bhikkhu se rase les poils de ses aisselles, il commet un dukkaṭa.
  • si un bhikkhu regarde son visage dans un miroir ou dans la surface d’un verre d’eau, il commet un dukkaṭa.(215)
  • si un bhikkhu porte une boucle d’oreille, il commet un dukkaṭa.
  • si un bhikkhu passe le vassa dans une jarre, il commet un dukkaṭa.
  • si deux bhikkhu prennent leur douche en se frottant l’un contre l’autre, chacun d’entre eux commet un dukkaṭa.
  • si – adoptant une pratique des êtres aux vues erronées – un bhikkhu observe le silence total, il commet un dukkaṭa.
  • si un bhikkhu s’assoit sans faire attention (sans se soucier de savoir sur quoi il s’assoit), il commet un dukkaṭa.
  • si un bhikkhu grimpe sur un arbre, il commet un dukkaṭa.
  • si un bhikkhu (peint ou) fait peindre des représentations d’hommes ou de femmes, il commet un dukkaṭa.
  • si un bhikkhu fait se lever un bhikkhu qui n’a pas fini de manger, il commet un dukkaṭa.(222)

Voir : L’intégralité des dukkaṭa

Définition des dubbhāsita

dubbhāsita signifie : faute résultant d’un acte verbal amenant les autres à critiquer.

Bouddha n’a pas établi un ensemble de dubbhāsita à proprement dit. Il définit simplement le dubbhāsita comme la faute commise par un bhikkhu chaque fois qu’il commet un mauvais acte à l’aide de la parole, en dehors du mensonge et du langage blessant, qui font l’objet de pācittiya ou de dukkaṭa, selon certains facteurs. Les mauvais actes occasionnés à l’aide de la parole peuvent être classés en quatre catégories :

  1. le langage faux (mensonge)
  2. le langage blessant (insultes, médisance, etc.)
  3. le langage grossier (vulgarité, etc.)
  4. le langage futile (sans aucun avantage pour le dhamma).

Il y a toutefois 1 dubbhāsita relatif à un pācittiya :

dubbhāsita (pa 2) — Si, par plaisanterie, un bhikkhu tient des propos blessants ou insultants (sans vouloir blesser ni insulter) envers une personne, il commet un dubbhāsita.

Le pācittiya hors pātimokkha

Il existe un pācittiya qui n’entre pas dans le pātimokkha, car Bouddha l’a établi à titre exceptionnel, lorsqu’il partit s’isoler seul dans la forêt, pour son dizième vassa.

pācittiya — Si un bhikkhu se rend auprès de Bouddha alors que ce dernier a défendu quiconque de venir vers lui – hormis celui qui est chargé de lui apporter son repas –, il commet un pācittiya.


Avertissement : Toutes les fautes de cette section (thullaccaya, sekhiya, dukkaṭa et dubbhāsita) sont des traductions de la parole de Bouddha telle quelle qui, bien que parfois résumées à l’essentiel, ne tiennent aucunement compte des commentaires (aṭṭhakathā) ou de quelle autre source que ce soit. Les textes entre tirets « – – » sont des précisions fournies par Bouddha lui-même, mais en dehors du point en question. Les textes entre parenthèses « ( ) », quant à eux, sont des annotations du traducteur pour permettre une compréhension des passages qui risquent de présenter une ambiguïté. Le vinaya ne classe pas les dukkaṭa. La classification de ces fautes par thèmes ne dépend que de l’initiative du traducteur, dans le souci de les rendre les plus accessibles posible.

infos sur cette page

Origine : Textes en birman

Auteur/Traducteur : Moine Dhamma Sāmi

Date : 2003

Mise à jour : 18 juin 2005