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L’itinéraire d’un renonçant

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Une jeunesse frustrée

Si acheter une flûte de pain ou passer un coup de téléphone étaient pour moi des choses qui me mettaient mal à l’aise, le grand timide que je fus perdait, a fortiori, tous ses moyens, lorsqu’il s’agissait d’adresser la parole à une fille. Comme tous les garçons de mon âge, j’avais monstrueusement envie d’avoir une expérience sexuelle avec une fille, ou tout au moins, de pouvoir échanger quelques caresses ou embrassades. Je n’ai jamais osé faire la cour à une demoiselle, car j’ai toujours perçu la chose comme vulgaire et humiliante. C’est seulement lorsque j’aurai des informations sûres que je me lancerai, timidement, mais sûrement. Comme il n’est pas dans les coutumes que les femmes fassent le premier pas, je demeurais, contrairement à mes camarades, célibataire. Pour satisfaire mes innombrables fantasmes sexuels, je me plonge, dès treize ans, dans le monde des films pornographiques et des magazines coquins.

Un beau jour de mes seize ans, je suis si enchanté d’être invité à ma première boum que toute la classe est mise au courant. Dès lors, j’aurais quelques flirts avec quelques filles pour qui je donnerai tout, et peut-être trop. Impitoyablement, elles me rejetteront les unes après les autres. Frustré de ne pas parvenir à obtenir plus qu’un baiser, je serai très malheureux sur le plan dit de l’affection. Ce n’est qu’à vingt ans que je connaîtrai, avec Camille, un « grand amour » réciproque, qui durera près de trois ans. Entre temps, je jouerai aux coqs, en me parant de beaux habits à la mode, les cheveux courts, bien dégagés derrière les oreilles, en me coiffant en arrière à l’aide d’une quantité exagérée de gel capillaire, en n’oubliant aucun accessoire ringard de séduction, tel que le parfum, une montre de plongée peu chère, mais de belle apparence, une paire de Ray Ban et un Zippo. Ainsi paré pour la séduction, j’attendrai que, comme par magie, la princesse de mes rêves vienne s’offrir à moi.

Je suis né dans une famille où l’on accorde beaucoup d’importance à l’apparence. Il est très amusant, par exemple, de voir maman immobile, absorbée devant le bulletin d’information télévisé, et qui, soudainement, déclare : « Regardez ce présentateur. La couleur de sa cravate ne s’accorde absolument pas avec celle de sa veste ! » Inévitablement, je prendrai l’habitude d’admirer le miroir – ou plutôt son reflet –, chaque matin et chaque soir, comme s’il s’agissait d’une œuvre d’art à laquelle un grand peintre est en train de donner vie jour après jour.

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