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L’itinéraire d’un renonçant

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Une orientation difficile

Au terme de ma deuxième 3e, n’ayant pas réussi mon brevet de fin d’année, je ne suis pas apte pour le lycée. Papa et maman ne savent plus du tout comment gérer mon cas. Les conseillers d’orientation eux-mêmes sont désorientés. Ils n’ont plus rien à me proposer, sinon des choses complètement contraires à mon tempérament et à mes aptitudes physiques, comme des stages dans le secteur du bâtiment ou dans la mécanique. Je travaillerai toutefois un mois, en juillet 1990, sur un chantier, à remuer le ciment et à ravaler une façade dans des conditions infernales. Sans harnais de sécurité, je faillirai plus d’une fois tomber du quatrième étage, en marchant sur une planche non fixée à l’échafaudage par exemple. Au terme de ce mois éprouvant, je suis payé au noir, ne recevant que deux mille deux cents francs, sous prétexte que je ne fournis pas un travail équivalent à un professionnel. Bienvenue dans le monde du travail ! Les divers travaux de manutention que j’effectuerai en missions intérimaires se passeront tout de même mieux.

À l’issue du collège en 1988, je suis inscrit dans une école privée proposant 17 sections différentes, allant du stylisme de mode à la gestion informatique, en passant par des domaines tels que la diététique, la coiffure et l’architecture intérieure. Ma section sera le graphisme. Je suis alors enchanté par ce nouveau style d’enseignement, où l’on nous considère comme des adultes — bien qu’étant encore très loin d’en être, pour la plupart d’entre nous. J’apprécie immédiatement ce genre d’établissement qui se veut moderne et « ouvert », où les professeurs se font tutoyer par leurs élèves, et par les matières proposées : graphisme, architecture, peinture, modélisme, histoire de l’art, photographie, communication, et un peu de mathématiques, de physique, de français, d’anglais et d’histoire géographie. C’est parmi les quelque 18 élèves que compte notre classe que, le 28 septembre (jour de la rentrée), je rencontrerai Ricky. Lui et moi deviendrons les meilleurs amis du monde.

Avec Ricky et une grande partie des autres élèves de la classe, en dehors des matières artistiques, nous ne songeons qu’à nous plonger dans des fous rires qui n’en finissent plus. L’ambiance est très décontractée, trop décontractée ; même les professeurs finissent pas se laisser aller. Préoccupé à détourner de l’argent en ne déclarant pas ses étudiants, le directeur de l’établissement va jusqu’à ne pas payer les enseignants. J’apprendrai plus tard que quelques-uns de ces derniers, cagoulés, ont tabassé le directeur, un soir dans la rue ! Cette école affichait chaque année des taux de réussite désastreux pour les BTS qu’elle était censée préparer : 0 % de réussite dans toutes les sections, hormis deux coiffeurs et deux architectes d’intérieur qui ont réussi leur examen. Refusant de perdre mon temps dans cet établissement et de faire perdre de l’argent plus longtemps à mes parents, je lève le camp au terme de deux ans, le curriculum vitæ toujours aussi vierge qu’une pellicule photographique neuve.

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