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L’itinéraire d’un renonçant

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Un véritable ami

Avec Ricky, je commencerai véritablement à sortir, sortir aussi souvent que possible, même dans des bars glauques, tant que je peux me retrouver loin de chez mes parents, c’est tout ce qui compte. Effectivement, avec un papa qui voit son fils faire tout l’inverse de ce qu’il aurait voulu le voir faire, l’atmosphère est loin d’être des plus joyeuses à la maison. Ricky et moi nous adonnerons à d’innombrables bêtises que font tous les jeunes de notre âge et qu’il serait tout à fait superflu de raconter ici. Vêtu de blouson noir, de jeans délavé troué, chaussé de santiags, ce faux loubard blond au cœur tendre pétille de vie, en dépit de ses nombreux coups de cafard. Très divergents de caractère et sur de multiples points, notre amitié se scelle sur des points qu’il me serait difficile de saisir moi-même. La première fois que j’aperçus Ricky, il me laissa une impression bien différente du garçon que j’apprendrai à connaître. Dès que je le vis entrer dans la classe, j’ai aussitôt pensé : « Quelle horreur ce frimeur à deux sous ! Si je devais me faire un copain dans cette classe, ce ne sera en tout cas pas lui ! »

Chanteur nostalgique à ses heures perdues, et motard invétéré, il me recevra très souvent le week-end chez ses parents, qui avaient une maison à la campagne, près d’un lac. Outre les soirées enfumées autour des baby-foot, une bière ou un pastis à la main, nous partions sur sa 50 cm3 au sommet d’une colline. Autrement, nous restions dans sa chambre au plafond incliné en raison du toit, décorée de masques lugubres et de posters de blondes pulpeuses, et parlions de longues soirées durant, de nos soucis, de nos rêves. Nous donnions nos avis sur toutes les personnes et les choses qui constituaient notre vie à l’école, comme à l’extérieur.

Comme tout ami authentique, il fut toujours là quand ça n’allait pas pour moi, et je fus toujours là quand ça n’allait pas pour lui. Nous n’avions de commun presque aucun goût ni aucune façon de concevoir la vie. Cependant, nous étions l’un comme l’autre très mal dans notre peau. Si nous nous entendions si bien, c’est probablement parce que nous savions nous écouter l’un l’autre et que nos manières d’analyser les problèmes de nos existences respectives étaient très complémentaires.

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