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L’itinéraire d’un renonçant

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Glauque, mais pointu avant tout

Dès seize ou dix-sept ans, j’adopterai un style vestimentaire « bon chic bon genre » et une mentalité très superficielle qui se limite au soins de l’apparence. Grâce à mes parents qui auront jusqu’à quatre boutiques de vêtements pour homme, ma garde-robe sera bien remplie : une cinquantaine de chemises, une demi-douzaine de vestes, une quinzaine de cravates, de beaux pantalons, etc. Dans le souci de mieux mettre en valeur mon look bourgeois, j’adopterai une coiffure propre et courte, les cheveux plaqués en arrière, je porterai des cravates et la pince qui va avec, pour le simple plaisir de la frime. Dans le même état d’esprit, je fumerai des cigares dégoûtants.

Plus tard, mes jeans deviendront beaucoup plus clairs. Un blouson de cuir, des lunettes de soleil et des cigarettes remplaceront veste, cravate et cigares. Ce nouveau style sera plus adapté pour les bars que nous fréquenterons avec Ricky.

Dans le courant des années 1990, j’adopterai le plus glauque de tous les styles. Il s’agit de ne porter que du noir et du métal, jusqu’au bout des ongles. Seules images tolérées : des représentations de la mort. Les jeunes qui sont à la pointe de ce mouvement plus noir que noir sont plus sinistres que la mort elle-même. Ils semblent l’attendre et s’en réjouirent, sans toutefois s’y précipiter tant ils veulent savourer l’ambiance macabre qu’elle apporte. J’ai du mal à m’associer avec les personnes de ce mouvement tant elles sont sinistres. Comme pour entretenir leur teint cadavérique, ils demeurent enfermés durant les longues journées d’été dans une toute petite pièce saturée de fumée, aux volets fermés, à écouter le plus lugubre des styles musicaux qui soit ; celui que se doivent d’entendre tous ces morts vivants noirs comme des corbeaux. J’aime trop le soleil et déteste trop cette musique pour être pleinement intégré dans le club. Tant pis, ce qui m’importe est d’arborer un style à la pointe en me faisant remarquer par tous. Pour y parvenir, il n’y a rien d’autre à faire qu’à marcher dans la rue. Je ne suis pas vraiment à l’aise, mais j’ai l’impression d’exister un peu plus. En extra, vers dix-neuf ans, on éprouve le besoin d’exister plus que les autres.

Plus tard, en Suisse, je découvrirai un tout autre style à la pointe, musical avant tout, extrêmement joyeux et coloré, c’est-à-dire au total opposé. Grâce à lui, je m’épanouirai complètement, et même presque trop.

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