Cliquez ici pour afficher normalement la page (avec mise en forme et graphisme). Si ça ne fonctionne pas, vérifiez que votre navigateur accepte JavaScript et supporte les CSS. Nous vous recommandons un navigateur respectant les standards, tel que : Google Chrome, Firefox, Safari…

Accueil dhammadana.org ; lien direct vers le début du texte
Vous êtes ici : accueil > livres > l’itinéraire d’un renonçant > le plus stupide des vices

L’itinéraire d’un renonçant

<- retour

Le plus stupide des vices

Tandis que la flamme de mon briquet caresse le bout de ma cigarette, j’aspire pour attirer l’air qui aidera le feu à griller le tabac. J’aspire aussi à mettre un terme à ce geste débile qui contribue à griller ma santé. Comme un enfant l’a si bien écrit : « Le tabac est une plante carnivore qui mange les poumons. »

Je me sens sale dans la tête. Éprouvant le besoin de me purifier, arrêter la cigarette me paraît être un bon premier pas. Le tabac, ça ne procure rien, ça incommode les autres, ça sent mauvais, ça pique les yeux, ça empeste les vêtements et les objets, ça coupe le souffle, ça réduit considérablement son énergie, ça endommage la santé, ça engendre une dépendance psychologique et ça coûte cher. En résumé, rien n’est plus stupide que ça ! Quel avantage à faire une chose pareille ? Pas le moindre ! Autant arrêter tout de suite. Comme si les usines et les véhicules ne polluaient pas suffisamment, il faut encore s’introduire ces saletés nocives dans l’organisme.

Je pense aux joints de cannabis, et me dis qu’« au moins il y a quelque chose dedans ». Ce quelque chose enfume l’esprit à la mesure de l’épaisseur de la fumée qui s’en échappe quand il brûle, mais il procure toutefois un ensemble de sensations aussi peu habituelles qu’agréables. Avec lui, les rigidités de la réalité semblent s’estomper. En fait, il ne fait que ramollir la capacité de réflexion et noyer les repères de la raison. Personnellement, il me rendra surtout paranoïaque durant ses effets. Cependant, je me laisserai souvent tenté par des fumeries excessives, notamment à cause de son odeur très plaisante qui attire les fumeurs comme le sucre attire les mouches. Je décide en tout cas de ne plus fumer de tabac pour le tabac. Comme toute mauvaise habitude, elle n’est pas facile à perdre, mais je m’y efforce avec toute ma volonté, car je sais que ce type d’effort est toujours récompensé.

Pour les joints, n’importe quel tabac fait l’affaire. Pour les cigarettes, j’ai ma préférence. Je suis alors si peu simple dans mes goûts que ma marque favorite n’est pas disponible partout. Je me rends au bureau de tabac où j’ai l’habitude de me procurer mes cartouches, et y achète un dernier paquet à savourer. Je m’excuse presque auprès de la buraliste en lui disant, l’air navré, qu’elle perd un client, car j’ai décidé de stopper la cigarette. Elle s’exclame alors, les yeux brillants d’une joie sincère : « Mais c’est une excellente nouvelle ! Ça me fait au contraire très plaisir d’apprendre ça, c’est tellement important, la santé ! » Après ce dernier paquet, je n’aurais plus jamais fumé une cigarette.

haut de page

suite ->