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L’itinéraire d’un renonçant

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Laisser faire la nature

Le 30 janvier, à l’occasion d’une réunion familiale qui se tient en Suisse, je revois mon cousin Serge, rentré d’un long séjour au Mexique. Autant intrigué que séduit par l’aspect on ne peut plus naturel de sa chevelure en cordes éparses, que je trouve aussi majestueuse que les branches nouées d’un vieil arbre, je lui en demande le secret. La réponse m’intrigue tout autant : « Tu ne peux pas imaginer plus simple ! Il faut juste oublier tes cheveux ; tu ne les coiffes plus, tu ne les laves qu’à l’eau, sans shampooing ou en tout cas sans démêlant. » Depuis cet instant, je ne toucherai plus jamais à mes cheveux. Outre l’aspect brut et authentique d’une telle chevelure, je suis très séduit par cette idée de « laisser complètement faire la nature ».

Peu de temps après, j’entendrai parler des sâdhus, ces ascètes indiens qui laissent la nature totalement guider leur existence – à quelques fumeries près –, avec des cheveux qui se mêlent en constituant de véritables cordes, semblables à des lianes qui leur tombent le long de leur corps nu. Sans la moindre intervention humaine, à peine quatre mois plus tard se formeront mes premières dreadlocks, comme sont appelées ces « cordes capillaires ». Étant imberbe, seule une courte barbichette de chèvre me tiendra lieu de barbe.

Quelques années plus tard, une chevelure touffue « à la Bob Marley » me vaudra d’être pris pour un grand fumeur de cannabis et un grand amateur de Reggae. Véhiculé par le mouvement rasta, ce type de chevelure deviendra très à la mode. De nombreux jeunes gens aux cheveux lisses s’essayeront à d’incalculables techniques et lotions en tout genre afin de mêler leurs cheveux, mais en vain. Il est incroyable à quel point on est capable d’artifices pour tenter de paraître plus naturel, ou en tout cas de croire que ce sera le cas.

Tandis que je lui dévoile mes dernières expériences « spirituelles », il me raconte les siennes, vécues à l’aide d’un breuvage préparé à base de champignons et de plantes sauvages. Complexe, la recette de cette potion lui a été concoctée par un sorcier mexicain.

Serge me fait cadeau du très fameux Siddhârta, d’Hermann Hess. Il s’agit d’un livre (pour ceux qui ne connaissent pas) qui raconte l’histoire d’un jeune brahmane qui, n’étant plus satisfait de l’enseignement religieux qui lui est inculqué, quitte sa famille pour aller vivre avec des ascètes vivant nus en pleine nature, dépourvus de tout, avec qui il apprendra beaucoup, mais pas encore suffisamment… Ce livre ne me laissera évidemment pas indifférent, mais je ne l’ouvrirai pas avant des mois. En première page, Serge y a inscrit : « Pour mon cousin et ami, en espérant l’aider dans sa quête de la compréhension des choses ».

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