Cliquez ici pour afficher normalement la page (avec mise en forme et graphisme). Si ça ne fonctionne pas, vérifiez que votre navigateur accepte JavaScript et supporte les CSS. Nous vous recommandons un navigateur respectant les standards, tel que : Google Chrome, Firefox, Safari…

Accueil dhammadana.org ; lien direct vers le début du texte
Vous êtes ici : accueil > livres > l’itinéraire d’un renonçant > une voie sans issue

L’itinéraire d’un renonçant

<- retour

Une voie sans issue

Mon trip est déjà bien descendu et ne me permet plus d’être en parfaite harmonie avec les éléments, mais cela ne m’empêche toutefois pas de baigner dans une grande tranquillité et de me sentir très confortable, où que je puisse m’asseoir. Dans le temps, mes redescentes de trip se caractérisaient par une écrasante fatigue, car je dansais comme un fou et sans relâche toute la nuit durant, gaspillant ainsi toute mon énergie dans le monde stupide des hallucinations. Aujourd’hui, je reste d’un calme si remarquable que tout se passe pour le mieux, jusqu’au bout.

Hélas, il n’y a toutefois aucun moyen d’éviter les effets indésirables, tel que l’acide qui attaque impitoyablement l’estomac, et qui peut faire des dégâts irréparables dans le cerveau, tant sur le plan physique que sur le plan psychique. À cette époque, je prétends comprendre parfaitement tous les processus qui constituent notre monde. Cependant, comme la plupart de ceux qui jouent au feu à chaque absorption de telles substances, je suis encore bien inconscient des risques dangereux de cette voie qui, bien qu’ouvrant la porte aux dimensions les plus fascinantes, ne conduit pas à la compréhension de la réalité. Comme tous ceux qui « croquent des trip » dans le but d’une « démarche spirituelle », je crois que c’est monsieur LSD qui me permet de développer des compréhensions profondes sur la réalité et qui m’incite à suivre un bon chemin. Cela est totalement faux !

Il ne fait qu’illustrer, avec une clarté époustouflante, certes, des schémas plus ou moins subtils de relations entre états d’esprit et perceptions. Ce qui laisse croire que c’est lui, monsieur LSD, qui octroie les prises de conscience que nous sommes en mesure d’avoir. Avec lui, elles sont mille fois grossies, mises en valeur, éclairées, développées dans un cadre spectaculaire, qui plus est, dans un contexte on ne peut plus propice. En fait, j’ai déjà eu ces prises de conscience avant cela, mais une prise de conscience, aussi profonde soit-elle, se fait bien souvent à notre propre insu. Nous avons facilement tendance à croire que nos plus profondes compréhensions sont les plus frappantes ou les plus marquantes. Voilà deux aspects qu’il convient de ne pas amalgamer. Internet peut nous donner l’impression de visiter le monde entier. Toutefois, ce n’est qu’en faisant quelques pas pour sortir de chez soi que nous commençons à nous déplacer vraiment. Si de telles substances procuraient bel et bien la sagesse, voilà bien longtemps que tous les moines et les yogis de la planète seraient de gros consommateurs de champignons hallucinogènes, de peyotl ou de LSD !

Fondamentalement, le LSD n’amène donc à rien, sinon à développer un orgueil démesuré et un attachement sans limite pour ces expériences. Par ailleurs, je suis tellement plus motivé de mettre en pratique mes théories philosophiques lorsque je suis en compagnie de monsieur LSD et de ses puissantes sensations de lucidité et de confort, que je finis par croire que les résultats que j’obtiens lui sont indissociables. J’en arrive même à confondre certains effets dus au LSD avec des effets propres à ma concentration et à la vertu que je développe. C’est ainsi que, à l’issu de certaines expériences LSD lors desquelles je me suis complètement imprégné d’un état d’esprit d’harmonie et de concentration, je m’imaginerai être encore un peu « sous trip » alors que la descente se sera achevée depuis des heures.

La compréhension de la réalité n’est donc pas le fruit d’une réaction psycho chimique provoquée par une substance, mais bien celui de sa propre pratique.

haut de page

suite ->