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L’itinéraire d’un renonçant

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Une vie d’araignée

En vendant un journal de rue, on est constamment dans la rue, quel que soit le climat, et toujours debout. En revanche, il n’est pas la peine de courir après ses clients. Ce sont eux qui viennent à soi. On est comme l’araignée qui attend patiemment que sa nourriture tombe dans sa toile.

Tout au long de la journée, des gens de toutes sortes passent. Il y a ceux qui font les sourds et les aveugles, ceux qui disent « je n’ai pas le temps ! » sans que je leur dise quoi que ce soit, ceux qui offrent leur sourire, ceux qui offrent un franc sans s’arrêter, ceux qui s’arrêtent juste pour converser un peu ou pour demander une rue, et bien entendu, ceux qui achètent le journal. Rares sont ceux qui le lisent, car il s’agit surtout de soutenir celui qui le vend. Parfois, il m’arrive d’en récupérer dans une corbeille, en bon état, pour le revendre. Il faut toutefois vérifier que les mots croisés n’ont pas été faits.

Ainsi, se succèdent des individus de toutes mentalités. Certains sont plutôt avenants…

« — Bonjour M’sieurs Dames ! Un p’tit journal pour les sans-abri ?
   — Mais certainement ! Tenez, gardez la monnaie, et ne me donnez pas le journal, car je l’ai déjà acheté deux fois ce mois-ci ; vous pourrez le revendre à quelqu’un d’autre. »

…Certains cherchent à savoir…

« — Bonjour M’sieurs Dames ! Un p’tit journal pour les sans-abri ?
   — Comment être sûr que l’argent va bien aux sans-abri ?
   — Il est devant vous, le sans-abri !
   — Vous êtes vraiment sans-abri ?
   — Je ne le suis plus, grâce à vous ! »

…D’autres ne réfléchissent pas beaucoup…

« — Bonjour M’sieurs Dames ! Un p’tit journal pour les sans-abri ?
   — J’entretiens pas les fainéants, moi !
   — Tenez, prenez mes journaux et tentez d’en vendre pendant une petite heure seulement. Vous me direz ensuite où est la fainéantise.
   — Pour qui tu me prends ? Je me rabaisse pas à mendier, moi !
   — Je ne tends pas la main. »

Ainsi, certains jours, il y a beaucoup d’insectes dans la toile, d’autres jours, il y en a peu.

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