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L’itinéraire d’un renonçant

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Des attachements encore nombreux

Mon petit sac en tissu ne parvient plus à supporter les grosses piles de journaux que je lui insère. La poubelle située sur mon point de vente m’en fournit un nouveau, usagé certes, mais encore tout à fait utilisable et bien assez robuste. Il me servira pendant tout le temps où je vendrai ces journaux. Cette idée de récupération me plaît. On ne coûte rien à personne, on se satisfait de ce que les autres ne veulent plus. Cela constitue également un très bon entraînement pour ne pas s’attacher à des préférences ; on fait avec ce qui nous est donné. Hélas, j’ai encore beaucoup d’attachements en tout genre, ce qui me poussera encore à acheter des quantités de choses inutiles.

À cette époque, je bénéficie d’un mode de vie qui se prête mine de rien très bien à la méditation. Je pourrai très bien pratiquer à longueur de journée, même pendant la vente des journaux, mais je me contente seulement d’une timide demi-heure de temps à autre. Le prétexte que je me donne est celui de la plupart des gens qui sont encore trop attachés à leurs petits plaisirs pour se lancer sérieusement dans la méditation : « Je pratiquerai la méditation à fond le jour où j’aurai trouvé les conditions parfaites pour cela. » Hélas, personne ne trouve jamais les conditions parfaites pour méditer, cela est complètement utopique.

Quand j’ai les poches vides, ma tête l’est aussi ; je me sens libre et pur comme l’air. J’ai maintenant les poches pleines, et comme je suis encore plutôt aveugle, je ne vois pas l’avidité qui s’installe en moi aussi insidieusement que vicieusement. Le schéma est aussi simple qu’infaillible : plus on en a, plus on en veut ; plus on en veut, moins on en obtient et donc, plus on est malheureux. Mon avidité restera toutefois relativement raisonnable — si je puis l’exprimer ainsi.

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