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L’itinéraire d’un renonçant

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Un cycle sans fin

Je m’entraîne à la tolérance, mais il y a des choses que je ne parviens pas à accepter. Quelqu’un qui jette un déchet par terre me met hors de moi, surtout quand il y a de nombreuses poubelles dans les alentours. Je n’arrive pas à comprendre comment il est possible d’être aussi stupide et irrespectueux. De tels individus sont stupides, car ils sont les premiers à se plaindre que tout est sale, et ils sont irrespectueux, car ils polluent – dans tous les sens du terme – l’existence des êtres (y compris eux-mêmes) et la nature. Quand j’entre dans un lieu de fête, où les poubelles et les cendriers sont très présents, et que je constate dans quel état déplorable il s’est métamorphosé à la fin de la nuit, je suis désolé par la pauvreté de raison et de discipline de certaines personnes. Le sol est jonché de déchets en tout genre, les cuvettes des toilettes ne fonctionnent plus, elles sont entourées d’urine et d’eau sale dans laquelle des rouleaux de papier w.-c. sont déroulés, la moquette des escaliers est arrachée, des sièges sont fendus, des rideaux sont troués par des cigarettes. Je ne peux m’empêcher d’avoir cette pensée utopique : « Si tout le monde avait un minimum de respect, le lieu serait dans le même état en fin de soirée qu’il l’était en début. »

J’en ai assez de ce monde où personne ne semble faire autre chose que perpétuer et multiplier le désordre et la saleté qui y règnent. Me refusant de suivre les mauvais comportements adoptés par le corps tout entier de la société, je me contente de faire ce qui me semble être bon et sain, à mon échelle, sans trop me soucier de ce que font les autres. De toute façon, j’ai bien conscience que le monde a toujours été et sera toujours tel qu’il est. Il serait vain d’espérer vouloir le changer. Grâce à des paroles constructives, prononcées au bon moment, on peut aider quelqu’un en l’incitant à s’améliorer par lui-même, mais fondamentalement, il n’y a quiconque, en dehors de soi, qu’il soit possible de changer. Ainsi, dans mon entraînement à la vertu, j’inclus ce point hélas trop souvent négligé : le respect de l’environnement. Trier mes déchets en les jetant dans les poubelles correspondantes devient même un grand plaisir. Qu’il s’agisse du verre, du papier, de l’aluminium, des bouteilles en plastique (PET), du compost ou des piles, chaque élément va à sa place.

On parle de matières recyclables et de matières non recyclables. On fait cette distinction, car on se place sur un plan à court terme. En fait, tout est recyclable, absolument tout. Seule, la durée diffère selon les éléments. La tour Eiffel n’existera pas éternellement. Les éléments qui la constituent finiront eux aussi par se recycler. L’univers est en perpétuel recyclage, tout se forme et se déforme continuellement. Il est donc vain de s’attacher à quoi que ce soit. Quel que soit l’aspect sur lequel je développe mes analyses, celles-ci convergent tout le temps aux mêmes conclusions. Plus je réfléchis, et plus je pense que la meilleure chose à faire est de tenter de se libérer du cycle oppressant et sans fin de l’existence — et d’aider les autres à en faire autant.

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