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L’itinéraire d’un renonçant

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Se dépouiller de tout, même des croyances

À travers quelques lectures, je découvre une autre école, qui compte parmi les nombreux courants de pensée qui s’accaparent l’image de Bouddha et quelques-unes des notions qu’il a enseignées. Le mode de vie et la pratique que propose cette école me plaisent beaucoup, car ils sont très dépouillés, très épurés. Bien qu’il s’agisse d’une recherche excessive du dépouillement, je me sens très attiré par cet aspect des choses. On se défait de tout, on ne garde que ce qui est indispensable pour vivre et pour la pratique, c’est-à-dire presque rien. On est assis, dans le silence, face à un mur blanc. J’aime ce qui est simple, sobre, dénudé, vide, car cela est inspirant pour méditer et propice au développement de la propreté mentale. Plus le temps passe et plus je veux me défaire de tout. Plus je me défais de tout – des possessions comme des mauvaises habitudes –, mieux je me sens et plus les choses me paraissent claires. Néanmoins, j’ai du mal à accepter l’idée selon laquelle il n’est pas envisageable de commencer la méditation tant que la posture n’est pas rigoureusement parfaite. Cela voudrait dire que l’éveil est inaccessible aux personnes qui ne parviennent pas à croiser les jambes par exemple.

Ainsi, je pioche un peu les choses qui me paraissent intéressantes dans une école, et d’autres choses dans une autre école, croyant alors aux idioties insensées auxquelles tout le monde croit, à savoir que toutes les écoles mènent au même but, par des voies différentes. Chacun suit un parcours qui lui est propre pour se procurer une pomme, mais il n’y a qu’une voie pour en connaître le goût, c’est de la goûter ! Pourquoi en serait-il autrement pour l’éveil ? De la même façon, on peut choisir la région, le centre, le monastère, le cabanon ou l’arbre où l’on méditera, le coussin sur lequel on sera assis ou la tenue que l’on portera, mais l’entraînement à la vertu qui nous y prépare et la méthode de méditation qui mène à l’éveil ne peuvent fondamentalement pas être de plusieurs sortes.

À force de constater des contradictions entre tous ces bouddhismes, peu à peu je m’en désintéresse. Je finis par n’accorder d’importance qu’à la méditation – celle que je pratique, non celle qui est expliquée dans les livres –, à ce qui est palpable, à ce que j’expérimente par moi-même. Je ne veux même pas chercher de maître. Je préfère suivre mon chemin tout seul plutôt que sous les instructions d’un mauvais guide. À cette époque, je m’intéresse de près à un penseur célèbre qui affirme que la croyance n’est qu’une pensée qui divise les gens et qui les pousse à se haïr. Il explique qu’aucun dogme, croyance, religion, foi, secte, organisation, rituel, technique de psychologie ou conditionnement quel qu’il soit ne peut conduire à la « vérité ». Selon lui, une religion est une chose morte et cristallisée qu’on impose aux autres. Ce philosophe affirme aussi que nous nous construisons des images religieuses, politiques ou personnelles, qui se manifestent en symboles, idées et croyances, et que cela nous procure un sentiment de sécurité. J’approuve facilement ses analyses qui me paraissent réalistes et très pragmatiques, elles traduisent clairement bon nombre d’idées que je me façonne à propos de la réalité.

Bien que m’attachant encore à une multitude de convictions de toutes sortes, je souhaite de moins en moins adopter des croyances, quelles qu’elles soient.

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