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L’itinéraire d’un renonçant

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Le renoncement au cannabis

Un soir de septembre 1996, je décide de vendre du cannabis pour la dernière fois. Tous les morceaux sont prêts. Il y a des bouts à cinquante francs, d’autres à vingt francs, tous répartis dans des petits sachets. Mon idée est de vendre ce que je pourrai puis offrir et fumer le reste. Pour satisfaire mes derniers clients, je vais passer la soirée sur le trottoir, près de l’entrée de l’une des discothèques les plus glauques. Ce club est tellement sinistre qu’il y a plus de monde à l’extérieur alentour, qu’à l’intérieur. On y entre surtout pour s’y acheter une bière, des cigarettes, ou quand il fait froid. Habituellement, j’ai beaucoup de mal à vendre ma marchandise. Comme pour me récompenser de mettre un terme définitif à ces activités malsaines, toutes les parts se vendent comme des petits pains, et en peu de temps. Il ne me reste qu’un petit sachet d’herbe, qui constitue ma consommation personnelle.

Alors que je suis en train de rentrer chez moi, vers trois heures du matin, une voiture de police a la gentillesse de me raccompagner à la maison, mais pas sans un petit détour au poste. Jusque-là, on ne m’avait jamais arrêté dans le canton. Quand le policier me confisque le sachet et me promet de m’envoyer une amende, je reste très serein, trouvant presque normal de payer ma « licence de revendeur » au moins une fois. Je ne recevrai toutefois jamais l’amende.

Chaque fois que je fume, je suis réjoui par l’odeur, la cérémonie du roulage et l’effet de flottement sur les nuages. Les uns comme les autres, ces événements ne durent qu’un bref instant. Ce petit plaisir s’estompe très vite, laissant place à la léthargie, à la démotivation et à la paranoïa. Je me laisse toutefois chaque fois avoir par le piège que constituent les préliminaires de cette activité fumeuse — autant au sens propre qu’au sens figuré. Il faut que j’en finisse une bonne fois pour toutes avec le cannabis ! De plus, je m’apprête à suivre la voie qui conduit à la pureté mentale, il est donc temps d’y mettre un terme. Pour ce faire, il suffit de fixer une date. Ce sera à l’issue d’une soirée chez des amis qui se tiendra le 19 octobre. Les plus grands fumeurs y sont invités, et j’ai de quoi régaler la galerie. Comme ce fut le cas pour l’alcool, j’ai souhaité finir en beauté. Je m’y préparais déjà depuis quelques mois, de ce fait, je bénéficie d’un bel échantillon des meilleures qualités d’herbes et de haschich.

Après cette soirée bien enfumée, je n’aurais plus jamais touché au cannabis. Il m’a suffi d’un peu de bonne volonté, et à ma grande surprise, je me suis très facilement et très vite habitué à m’en passer. Il m’arrivait souvent de fumer exagérément, j’ai cependant stoppé net et sans aucun traitement particulier. Quand on souhaite réellement se purifier, les obstacles susceptibles de nous empêcher d’arrêter la consommation d’intoxicants se pulvérisent comme des verres de cristal tirés à la carabine. La détermination est infiniment plus efficace et plus aisée que toutes les méthodes médicales.

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