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L’itinéraire d’un renonçant

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Une règle d’or de l’entraînement

Il y a un point sur lequel les instructeurs devraient tout particulièrement insister, car selon moi, il constitue l’une des règles d’or de cet entraînement au développement de la vision directe. Il s’agit de maintenir constamment son regard vers le bas. Je me donne à moi-même cette instruction, et m’y tiens avec résolution. Je constate que le seul fait d’interdire son regard de balayer alentour chaque fois que quelque chose provoque un bruit ou un mouvement dans le champ de vision, force l’attention de manière très significative. En demeurant à longueur de temps les yeux soit fermés, soit pointés vers le sol, l’attention se développe presque naturellement. En revanche, par le simple fait de tourner la tête quand une porte s’ouvre, quand un groupe de gens rient ou qu’une voiture passe, l’attention s’envole comme un oiseau dont on aurait ouvert en grand la cage. Quand un grand vacarme se produit par exemple, si nous nous retournons brusquement pour voir de quoi il en retourne, notre attention est aussitôt brisée, car nous sommes happés et complètement monopolisés par la curiosité, « tiens ! Qu’a-t-il bien pu se passer ? » Si, au contraire, nous restons immobiles, le regard en bas, c’est l’attention qui se fixera presque naturellement sur le son, nous permettant ainsi de développer une connaissance juste et directe de cette perception auditive, par conséquent, de rester pleinement dans la réalité.

Je l’apprendrai plus tard, le fait de garder son regard vers le bas constitue l’une des règles de conduite pour les moines, à respecter lorsqu’ils se rendent dans des zones habitées. En plus d’une forme constante d’attention et de vigilance, cela leur confère une tenue digne, une apparence respectable, beaucoup plus que s’ils regardaient dans tous les sens, dévoilant alors une curiosité grossière qui traduit une avidité indomptée.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, quand on regarde toujours en bas, on voit beaucoup plus de choses. Le regard est fixé au sol, mais le champ de vision est large. L’application de cette règle d’or a un peu l’effet d’un filtre : nous voyons ce qui est utile, pas ce qui ne l’est pas. Il n’est pas la peine d’attendre longtemps pour s’en rendre compte : quand on tourne le regard vers une curiosité, tous les phénomènes susceptibles d’être observés sont noyés par la vision superficielle que le mental exploite pour se distraire.

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