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L’itinéraire d’un renonçant

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Un obstacle parmi tant d’autres : la paranoïa

Après le désir sexuel, c’est la paranoïa qui prend le relais. La nuit est tombée depuis peu, l’assise a bien commencé. J’observe avec pleine attention selon les indications données par l’instructeur. Brusquement, j’entends une détonation au loin, qui ne ressemble en rien à un coup de tonnerre. J’entends des gens courir précipitamment à l’extérieur. D’autres détonations suivent, ne paraissant pas être bien loin. Après chacune d’entre elles, j’entends maintenant des cris. Ayant entendu parler des événements survenus huit ans plus tôt, où des moines sont tombés sous des coups de mitraillettes dans leurs propres monastères, le pire des scénarios a naturellement surgi dans mon esprit. Quand la concentration est très élevée, la moindre pensée prend des proportions gigantesques. Le centre de méditation était attaqué, et d’une minute à l’autre, on allait forcer la porte de ma chambre et m’abattre d’une série de balles en pleine poitrine. Pensant vivre mes derniers instants, l’angoisse de trépasser avant même d’avoir pu parvenir à l’éveil me fait battre le cœur aussi fortement que les détonations qui déchirent le ciel à un rythme de plus en plus terrifiant.

Si j’expérimente l’éveil, on peut me transpercer le cœur, c’est sans importance, puisque j’aurais alors rompu le lien qui m’attache indéfiniment au monde et à tous ses cauchemars. Prenant alors conscience de l’importance de la chose, je consacre de mon mieux ces derniers instants à l’observation directe de la réalité. Soudainement, je réalise que ces détonations sont celles de feux d’artifice, et que les cris des gens qui couraient étaient des cris de joie et d’excitation.

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