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L’itinéraire d’un renonçant

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La voie modérée

Tandis que nous commençons notre repas, une dame s’approche de notre table en m’adressant la parole en français avec un accent asiatique très prononcé :

« — Je suis Vietnamienne, mais je vis en Suisse, à Lausanne. On m’a dit que vous étiez Suisse, n’est-ce pas ?
   — C’est juste, oui. Et je suis aussi de Lausanne.
   — Tenez, j’ai préparé ceci spécialement pour les méditants végétariens ; c’est un plat cent pour cent végétarien. »

Elle pose un grand saladier sur notre table, qui semble contenir une délicieuse bouillie dont il m’est impossible de deviner les ingrédients. Plein d’appétit et ravi de découvrir une cuisine différente, je m’en sers abondamment. Continûment attentif à mes moindres gestes, que j’effectue toujours lentement, j’ai malgré tout le temps de me régaler de ce potage de plusieurs bouchées. Je réalise alors ce que contient ce plat, au goût particulier qui ne m’est pas inconnu. Il se compose en grande partie de poisson haché en fines particules. Ainsi, j’apprends que pour certains, le poisson n’est pas à exclure du végétarisme. Que faire maintenant que mon assiette en est remplie et que plusieurs cuillerées sont déjà au fond de mon estomac ? Est-ce si grave ? Après tout, ce n’est pas moi qui ai pêché le poisson, ni contribué à sa mort. Quand je parle au moine Samādhi de ce je crois encore être un incident, il relativise : « Tu viens de faire une expérience de la voie modérée, où il est bon de rejeter tout extrême. Bouddha et ses moines ont toujours mangé de la viande, car ils sont tenus d’accepter ce qu’on leur donne, sans faire les difficiles. Si toutefois on tue un animal dans le but d’en offrir sa viande à un moine, si ce dernier le sait ou a un doute, il est tenu de la refuser. » Je resterai à la table des végétariens jusqu’à la fin de cette retraite. Désormais, je mangerai la viande ou le poisson qu’on me donnera, mais continuerai de ne jamais en acheter ni en demander.

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