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L’itinéraire d’un renonçant

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Trop froid trop chaud

En parvenant à la pagode où se trouve le moine Samādhi, je n’attends pas pour commencer ma retraite, et de la manière la plus intense qui soit. Comme ma chambre est un cabanon rudimentaire très mal isolé et que cette fin de novembre 1997 est particulièrement froide, je claque des dents. Il y a bien un petit radiateur, mais beaucoup trop faible pour réchauffer correctement la pièce. Puisque voilà longtemps que je ne me suis plus totalement immergé dans l’entraînement de la vision directe dans la réalité, beaucoup de questions surgissent dans ma tête. Je vais donc régulièrement auprès de mon ami moine pour des petites entrevues, que j’ai tendance à prolonger autant que possible tant sa chambre est bien chauffée.

Une semaine après, nous sommes dans l’avion. Comme nous passons par Singapour, nous décidons de nous y arrêter une semaine. Nous logeons dans un petit appartement délabré qui sert de centre de méditation, dont nous sommes les deux seuls occupants, avec un jeune garçon chargé de préparer les repas. La chaleur est écrasante, si terrible à supporter que nous n’arrivons pas à nous faire à ce brusque changement climatique. Dans ma chambre, je suffoque. Il y a bien un petit ventilateur, mais beaucoup trop faible pour rafraîchir correctement la pièce. Je continue d’aller régulièrement auprès de mon ami moine pour des petites entrevues, que j’ai tendance à prolonger autant que possible tant sa chambre est bien climatisée.

En dehors d’une rapide visite du centre-ville, des sept jours passés à Singapour, je ne verrai rien d’autre que les murs fissurés du petit centre. Quand nous atterrissons sur la terre birmane, je suis sans bagage. Outre les vêtements que je porte, j’ai avec moi, en tout et pour tout, un petit sac pendant autour du cou, d’une taille à peine supérieure à celle d’un livre de poche. Il contient mes papiers, mes sous, une brosse à dents, un tube de dentifrice, un réveil-matin et un coupe-ongles. En dehors de cela, je ne possède absolument rien, pas la moindre affaire que j’aurais laissée ailleurs. Libre comme un oiseau, l’esprit vide de tout projet, je peux me plonger insoucieusement et sans limite dans la méditation.

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