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L’itinéraire d’un renonçant

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Intégration dans la communauté monastique

Comme je m’intéresse tout de même à la question monacale, je prends un peu de temps pour étudier la discipline des moines, qui me paraît fort intéressante. Dans la limite du possible, je m’amuse à m’y tenir, comme pour m’y entraîner. Ici, personne n’incite quiconque à prendre la robe. Au contraire, on dissuade ceux qui manifestent le souhait de le faire et qui ne sont pas prêts pour cela.

Un jour, alors que je vois des moines effectuer ensemble quelque procédure, je réfléchis. Peu de temps après, alors que je me trouve avec les moines Samādhi et Satipatthāna, je demande à ce dernier : « Est-il juste que la communauté monastique est le meilleur moyen de véhiculer et de préserver l’enseignement de Bouddha, un peu comme une flaque d’eau qui sèche beaucoup moins vite au soleil que si elle était dispersée en gouttes éparses ? » Lorsqu’il confirme mes dires, je lui indique que je crois être devenu complètement moine dans ma tête depuis un bon moment, sans m’en être rendu compte, et que le fait d’intégrer la communauté sera pour moi le meilleur moyen de bénéficier indéfiniment des conditions nécessaires à une pratique intensive dans le développement de la connaissance juste de la réalité.

C’est ainsi que, le 12 avril 1998, j’intègre la communauté des moines. Je vis cette procédure comme une simple formalité, car comme je l’ai dit au moine Satipatthāna, voilà déjà quelque temps que je suis moine. Selon moi, on ne prend pas la robe pour devenir moine. Au contraire, on la prend lorsqu’on ne veut plus devenir quoi que ce soit, lorsqu’on veut cesser d’être ceci ou cela. Dans la méditation, l’objet suprême de la réalité apparaît de lui-même quand il n’y a plus aucun phénomène à la conscience. Il n’y a rien à faire pour le trouver ; il est connu naturellement dès qu’il y a cessation de tout objet mental et de toute matière. De la même manière, quand on renonce à devenir quoi que ce soit, apparaît de lui-même le fait d’être moine. Donc, on ne devient pas moine comme on devient boulanger ou plombier. Quand on est moine, ce n’est pas pour gagner sa vie, mais au contraire pour renoncer à tout. D’ailleurs, « moine » est la traduction d’un mot qui signifie « renonçant ». Le moine est celui qui renonce à tout.

Juste avant la procédure, je fais don de tout l’argent qui me reste au centre, et me défais de toutes mes affaires, sauf de mon passeport, car il s’agit de la seule chose dont on n’ait pas le droit de renoncer. On me fait cadeau d’un bol et des trois robes que se doit d’avoir un moine : un rectangle de tissu pour le bas, un pour le haut et un autre, plus épais, à utiliser en cas de froid.

Le jour de mon intégration, en entrant dans la chambre du moine Samādhi, j’aperçois l’une de ses anciennes robes qu’il utilise alors comme tapis. Sans trop savoir pourquoi, cette idée de vieille robe usagée me plaît beaucoup, comme les moines des temps anciens qui se contentaient de confectionner leurs robes avec de vieux bouts de tissus abandonnés, se satisfaisant ainsi de vivre pleinement de récupération. Je lui demande alors de la récupérer et lui offre mon autre robe. Dorénavant, je ne porterai que des robes abandonnées. Ce n’est que plus tard que j’apprendrai que cette manière de faire constitue l’une des treize pratiques ascétiques établies par Bouddha, mais toutefois non obligatoires.

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