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L’itinéraire d’un renonçant

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Le don de la réalité

En janvier 1999, le moine Samādhi revient sur Yangon. Il me parle d’un projet qui consisterait à faire connaître au public francophone l’enseignement de Bouddha tel que nous l’avons découvert en Birmanie, par l’intermédiaire d’Internet. Ignorant tout de ce réseau informatique qui commence tout juste à prendre une ampleur significative, je suis tout d’abord très peu convaincu par la richesse de l’idée, mais je changerai rapidement d’opinion. Passionné de graphisme, je m’empresse de créer le logo de notre site (voir au bas de la couverture), que nous décidons d’appeler dhammadana.org. « dhammadāna » signifie le don de la réalité, c’est-à-dire le don de l’enseignement qui conduit à la compréhension juste de la réalité.

Alors que nous passons le mois suivant à Kalau, je m’entraîne encore un peu au développement de la vision directe. Ensuite, je m’efforce de faire une expérience de la concentration pure, en fixant ma conscience sur un disque rouge créé mentalement, puis sur la sensation de l’air sortant des narines. Au bout de trois jours, j’ai assez de cette méditation que j’estime totalement dépourvue d’intérêt. Si elle développe le calme, et à terme, des absorptions extatiques, elle ne permet pas d’acquérir la moindre parcelle de sagesse.

Nous discutons un peu des rubriques que comportera notre site Internet. De retour à Yangon, on me prête un vieux clavier à l’aide duquel je m’entraîne à taper à l’aveuglette et avec tous les doigts. En avril, nous effectuons un petit voyage à travers la Birmanie pour découvrir – enfin – un peu le pays. Début mai, je décolle pour la France, et le moine Samādhi m’y rejoint deux jours après. Nos déplacements sont financés par des gens soucieux d’aider les moines de leur mieux. Nous retrouvons la pagode où nous étions en quittant la France. Là se trouvent de vieux ordinateurs qui nous permettent de commencer notre travail informatique. En juillet, on fait appel à moi pour diriger une retraite méditative à l’attention d’une vingtaine d’enfants d’origine asiatique, devenus novices pour l’occasion. La retraite se déroule en forêt et nous dormons sous tentes. Au bout de deux semaines, je suis reconduit à la pagode.

Chaque jour, je ne décolle pas de l’ordinateur. Pour le moment, le moine Samādhi délivre un enseignement de temps à autre. Néanmoins, il ne fait rien pour le site. Sans attendre et sachant à peine allumer un ordinateur, je commence à mettre en place la hiérarchie et la présentation graphique du site, que je serai bien incapable de rédiger seul. Je pourrai toujours me charger d’une petite rubrique sur la discipline monastique, en attendant de pouvoir intégrer le travail du moine Samādhi. Finalement, il ne fera jamais rien pour notre site, qui finira par devenir mon site. Je prends toutefois soin d’enregistrer chacun de ses enseignements, pour les mettre ensuite par écrit, en vue de les intégrer dans le site. Si mon compagnon n’est pas doué pour travailler sur un site Internet, il n’a pas son pareil pour enseigner la voie qui mène à la compréhension de la réalité et pour diriger des retraites méditatives.

Si j’avais pu prévoir sa totale absence de participation à ce site qui fut initialement son idée, je ne me serai certainement jamais lancé dans une telle entreprise pour laquelle je n’avais pas la moindre connaissance, pas la moindre expérience. Petit à petit, à force d’attendre un associé qui ne me rejoindra jamais dans cette lourde tâche, j’apprends en autodidacte tout ce qu’il est utile de savoir pour créer un site Internet : l’utilisation de divers logiciels, l’organisation et le fonctionnement d’un site Internet, la typographie, etc. Pour l’heure, il n’est pas question de mettre quoi que ce soit en ligne. Je suis dans une phase d’apprentissage et de préparation qui durera le temps nécessaire. Chaque chose en son temps.

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