Cliquez ici pour afficher normalement la page (avec mise en forme et graphisme). Si ça ne fonctionne pas, vérifiez que votre navigateur accepte JavaScript et supporte les CSS. Nous vous recommandons un navigateur respectant les standards, tel que : Google Chrome, Firefox, Safari…

Accueil dhammadana.org ; lien direct vers le début du texte
Vous êtes ici : accueil > livres > l’itinéraire d’un renonçant > traductions de textes et d’entrevues

L’itinéraire d’un renonçant

<- retour

Traductions de textes et d’entrevues

À mon retour en France, je retourne à mon domicile d’alors, dans la pagode khmère, où je reste cinq mois encore, avant de repartir pour la Birmanie. Durant cette période, je ne décolle pas de mon ordinateur, sauf quand je fais visiter Paris et Genève à un ami birman qui quitte son pays pour la première fois. Si je retourne en Birmanie cette fois, c’est pour continuer d’y étudier les enseignements du Bienheureux. Le 18 août 2002, je suis dans l’avion, avec deux vieux ordinateurs que j’ai réussi à récupérer.

J’élis domicile à Mandalé, la seconde ville du pays, dans la fameuse Université Nationale de Pali. Nous sommes là dans une université monastique, où vivent près de trois cent cinquante moines. Chaque matin, je pars seul avec mon bol faire ma collecte dans les quartiers voisins pour mon repas quotidien. Le reste du temps, je travaille, me faisant aider chaque fois que nécessaire par l’un ou l’autre des moines érudits dont je dispose à loisir. Le 28 octobre s’achève ma dernière crise de paludisme. Le moine Samādhi, qui était venu me rejoindre quelque temps en France, vient de s’en retourner dans le petit village où il résidait depuis deux ans. Comme il préfère demeurer seul dans son coin, je ne le reverrai plus.

Le 21 janvier 2003, je débarque sur Yangon, pour accueillir, deux jours plus tard, un Français d’origine khmère, qui vient de renoncer à tout. Il est totalement prêt à s’immerger dans une retraite qui sera des plus fructueuses. Dès les premiers jours, il prend la robe sous le nom du moine Sīla, et je le guide dans sa démarche. Du matin au soir, je m’attèle à la traduction (du birman vers le français) du recueil des enseignements du principal instructeur du centre, à propos de l’entraînement qui conduit à la connaissance juste de la réalité. Cette connaissance, que tout moine est tenu d’acquérir, ou tout du moins, de s’efforcer d’approcher autant que possible, certains l’appellent l’éveil, d’autres la libération définitive de toute souffrance.

Une fois tous les deux jours, je vais traduire les entrevues de méditation pour mon ami Sīla. Toutefois, comme cela ne suffit pas, il vient régulièrement me questionner et me faire part de ses expériences. Progressant à une vitesse vertigineuse, il parvient aux meilleurs résultats en un temps record. Aujourd’hui, il guide des retraites à Montréal.

Le jour qui suivit son arrivée, c’est Thibault qui met pied sur la Birmanie. Il a avec lui une copie du reportage d’Adrien Méziers, diffusé le dimanche 1er janvier 2003 sur la chaîne Arte, à 20h30. En le voyant pour la première fois, j’éprouve de la satisfaction, car des choses importantes y sont dites, et même bien dites. En le regardant encore et encore, je suis choqué par l’image que je donne. Je crois voir quelqu’un d’autre tant je me pensais différent, vu de l’extérieur. Dans ce film, le personnage que je vois me paraît très peu sûr de lui et en même temps plutôt rigide. Il s’exprime très mal, voire presque pas, gardant tout à l’intérieur de lui. On dirait quelqu’un de si renfrogné, d’apparence si naïve, voire si bête, que je refuse de croire que c’est moi. Il faut pourtant se rendre à l’évidence ; il n’y a aucun effet spécial. Ce documentaire m’aura été très utile pour m’aider à me connaître et donc à opérer un changement radical. Je brise une cage de mal-être qui m’emprisonnait tant et que pourtant, je ne voyais point.

Il est intéressant de voir à quel point les idées et le caractère qui émanent de l’apparence extérieure d’un individu peuvent différer de ses propres idées et de sa manière de concevoir les choses. Comme ce n’est qu’un film documentaire et qui plus est, ne se déroule qu’à une époque donnée, les aspects de la vie du renonçant que je suis sont – et c’est inévitable – superficiels. Ceux qui ont aimé ce reportage seront d’autant plus intéressés par le présent livre. À l’inverse, ceux qui apprécient ce livre seront déçus par ce reportage, qui forcément, reste très incomplet, et d’une certaine manière, assez subjectif, car présenté du point de vue d’un observateur, non de celui de l’intéressé.

Le 31 mars, c’est le père adoptif du moine Sīla qui débarque. Nous allons déjeuner dans le meilleur restaurant du pays, où le responsable de la cuisine n’est autre qu’un ami rencontré à Genève, et la retraite de notre nouveau méditant peut commencer. Dix jours plus tard, il devient le moine Pañña.

haut de page

suite ->