Cliquez ici pour afficher normalement la page (avec mise en forme et graphisme). Si ça ne fonctionne pas, vérifiez que votre navigateur accepte JavaScript et supporte les CSS. Nous vous recommandons un navigateur respectant les standards, tel que : Google Chrome, Firefox, Safari…

Accueil dhammadana.org ; lien direct vers le début du texte
Vous êtes ici : accueil > livres > l’itinéraire d’un renonçant > le partage du fruit

L’itinéraire d’un renonçant

<- retour

Le partage du fruit

Alexandre, un Champenois rencontré dans les vertigineuses chutes d’eau de Maymyo, me rejoint pour effectuer une retraite méditative. Au lever du jour, nous quittons Mandalé à la recherche d’un lieu adéquat. Près de Maymyo, nous trouvons un petit monastère mieux que nous aurions pu l’espérer. C’est un lieu idéal, au silence forestier, avec un climat agréable. D’ailleurs, le petit village qu’il domine s’appelle Thaya, ce qui signifie « agréable » en birman. Les humains et les bêtes sont les seuls à circuler sur la terre des ruelles pentues. Séparé des maisons par une large et dense futaie, le monastère demeure dans une pleine tranquillité, tout en bénéficiant d’un accès rapide au village, ce qui permet une collecte quotidienne de notre repas dans les meilleures conditions.

À ma surprise, Alexandre décide soudainement de prendre la robe pendant les quelques semaines de sa retraite, avant même de la débuter. Jour après jour, je lui délivre les instructions nécessaires au développement de la vision directe. Le reste du temps, je poursuis – enfin – la rédaction de mon autobiographie. Bien que sa méditation lui apporte son inévitable lot d’inconforts, le jeune méditant est ravi de sa nouvelle existence. S’il n’avait pas une bien-aimée qui l’attendait en France, ainsi que d’autres attachements en tout genre, il se serait probablement établi sur place, car cette vie simple, sereine et dépourvue de tout souci lui convient à merveille, à l’exception de quelques chenilles dont il est allergique et qui lui causent de douloureuses plaques rouges sur la peau.

Ne s’étant pourtant jamais appliqué à l’observation des phénomènes physiques et mentaux, il fait rapidement de remarquables progrès. Malheureusement, son mental harcelé par divers tracas, il est contraint d’avorter son entraînement. Peu satisfait, il est néanmoins déterminé à revenir pour un entraînement intensif dans de meilleures conditions. Passionné par tout ce que son expérience aura pu lui apprendre, il m’affirme être maintenant en mesure de faire quelques intéressés parmi ses connaissances.

De retour à Mandalé, et par conséquent sur Internet, je tâche de mon mieux d’éclairer les personnes qui m’interrogent à l’aide de messages envoyés par le biais du site. Ceux qui éprouvent un réel besoin – et non un simple souhait – d’échapper aux conditions pénibles de l’existence, et qui donc ne sont plus aveugles au point de croire que la vie est une belle chose, n’hésitent pas à faire le voyage jusqu’ici, pour y effectuer le plus noble des voyages. Voilà la meilleure chose qui reste à faire une fois que l’on a renoncé à tout : aider les autres à en faire autant. Celui qui trouve le fruit n’a plus qu’à le partager. Celui qui ne l’a pas encore trouvé n’a rien à partager, il a tout à chercher.

haut de page

suite ->