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L’itinéraire d’un renonçant

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Du renoncement au début, au milieu et à la fin

Souvent, je remarque qu’il est beaucoup plus facile d’accumuler que de se débarrasser. L’air de rien, nombre de choses qui sont offertes au fil du temps s’entassent peu à peu. Un jour, on se réveille, on prend soudainement conscience qu’on s’est laissé envahir. Une grosse valise n’est plus suffisante pour transporter tous ses biens. Voilà alors une belle occasion de faire un peu de renoncement. On réfléchit à ce qui nous est vraiment utile : Le bol, la robe, une serviette, quelques savons, dentifrices, brosses à dents, des médicaments, un coupe-ongle, un ordinateur, quelques livres, quelques cédéroms, un réveil-matin, une lampe de poche, les lunettes, les papiers importants. Ensuite, on fait des heureux avec le reste.

On pourrait aussi partir vivre tout nu dans la forêt, sans rien emporter du tout. On dormirait sur des ronces infestées de bêtes venimeuses, sans le moindre toit, en dépit des nuits hivernales et des pluies battantes, sans manger autre chose que les champignons et les fruits pourris trouvés dans la nature. Hormis une souffrance abominable et même la mort, on n’en tirerait probablement guère de gros avantages. Malheureusement, il existe de nombreux individus qui confondent renoncement et dépouillement. Le renonçant n’est pas tant celui qui se défait de tout ce qu’il a sous la main que celui qui se défait de tout ce qui est superflu. Il est celui qui s’entraîne continuellement à se défaire non pas des objets propices aux attachements, mais des attachements eux-mêmes. En effet, il ne suffit pas de se retrouver tout nu dans la nature pour être débarrassé de ce qui nuit plus que tout : les attachements.

Ainsi, qui fait le choix du renoncement s’entraîne à éviter autant que possible tout ce qui est susceptible d’engendrer des attachements, des plaisirs futiles, des sensations propres à créer des concepts illusoires, c’est-à-dire autant d’obstacles à la vision simple et directe dans la réalité. Seul un renonçant est en mesure de fuir les apparences trompeuses du monde, pour regarder enfin la réalité en face. Ce n’est donc pas en se mettant à nu qu’on renonce, mais en s’entraînant petit à petit. C’est en renonçant qu’on devient renonçant.

Bien sûr, tout le monde n’est pas prêt à renoncer du jour au lendemain à ses multiples petits plaisirs quotidiens. Néanmoins, tout le monde est prêt à s’entraîner peu à peu à réduire ses petits états d’esprit indésirables qui empoisonnent sa propre existence ainsi que celle de son entourage. Parce que la purification du mental n’est pas une question de faire de bonnes choses, mais seulement de ne pas en faire de mauvaises. C’est comme le secret d’un royaume propre : ce n’est point de bien le nettoyer, c’est simplement de ne pas le salir. À chacun de savoir régner sur son mental.

Pour reparler des trois piliers de base de toute la pratique qui, à terme, conduit à la réalisation de la pleine sagesse, là aussi tout est une question de renoncement. 1) L’entraînement à la générosité : un renoncement au matériel, à ses possessions. 2) L’entraînement à la vertu : un renoncement aux mauvaises habitudes, aux actions nuisibles. 3) L’entraînement à la concentration : un renoncement aux pensées et sensations qui encombrent l’esprit, et à terme, aux impuretés mentales. On s’aperçoit donc que la voie qui mène à la délivrance définitive de la souffrance est bien une histoire de renoncement au début, au milieu et à la fin.

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