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Maya la renonçante

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2. Le neveu

Elle restera pour toujours mon meilleur souvenir. Je n’ai jamais cessé de l’aimer depuis le jour où je l’ai vu s’élancer sur un des chevaux de mon oncle, avec l’assurance et le courage d’une guerrière, et la grâce d’une fée. Elle m’avait lancé un regard bref mais intense, en m’adressant un « On y va ? » d’apparence banale. Néanmoins, son sourire plus éclatant que la pleine lune, bien que réservé, signifiait « Je suis toute à toi ! » J’avais déjà pris place sur mon propre cheval, mais comme elle avait l’air d’en préférer un autre, je n’ai pas voulu insister, je suis aussitôt descendu de ma monture pour la rejoindre. J’aurais tout donné pour elle, pour pouvoir lui embrasser le cou, et sa petite poitrine ferme, qui devait être aussi douce et odorante qu’un pétale de rose. Mais il fallait attendre notre mariage. Notre amour a toujours été réciproque ; elle me laissait toujours lui prendre la main, et aimait lorsque je me blottissais tendrement contre elle. Elle n’avait pas les traits fins comme les femmes du prince, mais je ne me lassais jamais de la contempler. Parce qu’elle n’avait jamais joué à la poupée et qu’elle avait toujours gardé les cheveux courts, on disait qu’elle était un esprit de garçon né dans le corps d’une fille. Il suffisait de savoir lire dans ses yeux pour savoir que c’était faux. Même si elle n’avait pas une chevelure féminine, à mes yeux elle était la plus belle des femmes.

Elle n’avait pas encore atteint la taille adulte et était plutôt étroite de hanches, mais son corps élancé à la silhouette agréablement proportionnée n’avait rien à envier à celui d’une déesse. Je ne manquais pas une seule fois le délectable spectacle de la voir prendre sa douche. Si l’eau qu’elle se déversait la caressait intégralement, mon regard en faisait autant, descendant lentement de son front jusqu’à ses chevilles, et remontait tout aussi lentement, en suivant ses rondeurs séduisantes que le tissu mouillé avait l’art de si bien mettre en valeur. Ce qui me plaisait le plus, c’était de voir combien elle adorait sentir mon regard sur elle. Les sourires qu’elle me destinait, pendant ou en dehors de la douche, étaient comme autant de petites flèches foudroyantes envoyées droit dans mon cœur.

Bien que j’eusse une totale confiance en elle, et donc en sa fidélité envers moi, je n’ai pu m’empêcher de la suivre quelques fois jusqu’à l’entrée de la ville, en toute discrétion, ne serait-ce que pour le bonheur de la voir. Son regard ne daignait jamais se diriger sur de jeunes hommes, et encore moins sur des femmes, comme le supposaient les mauvaises langues.

Un jour, pour mon plus grand malheur, elle n’était plus là. Comme chaque fin de journée, j’ai guetté son retour, mais tandis que la nuit était déjà noire, elle n’était toujours pas apparue au tournant du chemin. Partie avec un autre amoureux, elle n’avait pas osé me faire ses adieux. Pour éviter tout soupçon de ma part, elle était partie le matin comme à l’accoutumée, avec ses sacs de légumes, et avait même laissé ouvertes les fenêtres de sa maison et ses vêtements étendus au soleil. J’ai passé les sept journées suivantes à sillonner toute la ville à cheval dans l’espoir de la retrouver, en vain. Elle était donc partie fonder une famille loin de moi.

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