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mūlapariyāya sutta (mn1)

Essence du récit de la raison fondamentale

Contexte

  • Certains moines d’origine brahmane, malgré leur érudition, sous-estiment l’enseignement de Bouddha car il ne correspond pas à leurs références védiques.
  • Bouddha enseigne alors un discours déroutant pour montrer la profondeur de sa vision.

L’enseignement

Bouddha distingue quatre niveaux de rapport à la réalité :

L’être ordinaire, ignorant (puthujjana)

  • Il perçoit les choses (terre, eau, feu, vent, êtres, dieux, états spirituels, perceptions sensorielles, unité, multiplicité, totalité…).
  • Mais après la perception, il projette des notions mentales :
    • « c’est ceci »,
    • « c’est à moi »,
    • « j’en viens »,
    • « j’y suis ».
  • Il s’y attache et s’en enchante (par désir, croyance, comparaison).
  • Cause : il ne connaît pas pleinement (avijjā, ignorance).
L’ordinaire voit les choses telles qu’elles apparaissent : terre, eau, feu, êtres, dieux, sons, pensées…

Une fois qu’il a perçu, il ajoute quatre sortes de pensées, comme des couches qui recouvrent la réalité :
  1. « Il pense : terre »
    Il fixe une étiquette conceptuelle, comme si la chose avait une essence solide.
    (ex. « c’est une belle maison », « c’est un son agréable »)
  2. « Il pense : dans la terre »
    Il s’identifie à la chose, croit être dedans ou en faire partie.
    (ex. « je suis ce corps », « je suis dans ce monde ») …
  3. « Il pense : issu de la terre »
    Il croit provenir de cette réalité, y trouver son origine.
    (ex. « je viens de ma famille », « je suis né de tel dieu ») …
  4. « Il pense : ma terre »
    Il s’approprie : « ceci est à moi ».
    (ex. « mon corps », « mon plaisir », « mon expérience spirituelle »)

Le moine en entraînement (sekha)

  • Il connaît directement les phénomènes, sans projeter ni s’attacher.
  • Il a la vision juste grâce à la pratique de la vertu, de la concentration et de la sagesse.
  • Il a atteint un stade de purification (sotāpanna, sakadāgāmī ou anāgāmī), mais pas encore l’ultime.
  • Il voit sans s’approprier, mais il reste encore un certain résidu de tendance, les habitudes mentales profondes (saṅkhāra) ne sont pas totalement éteintes.
Par exemple, peuvent encore apparaître :
  • une légère réaction émotionnelle avant qu’il ne se rende compte et se recentre,
  • une pensée automatique de comparaison ou de désir, mais qu’il remarque et laisse passer.

L’accompli (arahant)

  • Il connaît directement, sans attachement, ni désir, ni illusion.
  • Il a détruit les contaminations (désirs, aversion, ignorance).
  • Il est totalement libre.
Chez l’arahant il n’y a plus aucun résidu, aucune tendance qui puisse produire souffrance ou saisie. Tout phénomène apparaît, se manifeste, disparaît — sans laisser de trace d’attachement, d’aversion ou d’illusion.
  • Le Tathāgata (Bouddha)
  • Comme l’arahant, il connaît directement, sans enchantement.
  • Mais en plus, il a réalisé par lui-même l’origine du malheur (désir), le lien causal de l’existence (naissance → vieillesse → mort), et il a complètement éradiqué la soif.
  • Sa libération est parfaite et insurpassable.

Points clés à retenir

  • Ignorant → perçoit + conceptualise + s’attache.
  • Moine en entraînement→ perçoit directement sans s’approprier, grâce à la vision juste.
  • Arahant → libéré totalement par la destruction des souillures.
  • Bouddha → en plus de la libération, il a découvert l’origine et la cessation du malheur, par la compréhension de la coproduction conditionnée (paticcasamuppāda).

Message essentiel pour la pratique

  • L’esprit a tendance à projeter et s’approprier ce qui est perçu (« c’est moi, c’est à moi, j’y suis »).
  • La voie consiste à voir directement les phénomènes tels qu’ils sont, sans fabrication mentale ni attachement.
  • Plus la sagesse se développe, moins il y a d'attachement, jusqu’à la libération totale.

Conclusion

  • Le mécanisme de l’ignorance (perception → concepts → attachement).
  • Le chemin de la connaissance directe (voir sans appropriation).
  • La différence entre un disciple avancé, un arahant et Bouddha.

 

Vers le Soutta complet : MN 1 - mūlapariyāya sutta

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infos sur cette page

Date de mise en ligne : 8 sept. 2025

Origine : Enseignements et discussions entre Bouddha, ses disciples, ses antagonistes…

Date : Ve siècle av. J.C.

Complilateur : Dānamitta