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De nombreux moines déclarent devant le Bienheureux avoir atteint l’Accomplissement en affirmant : « Détruite est la naissance, accomplie la vie sainte, fait ce qui était à faire. » Sunakkhatta, fils des Licchavis, demande alors au Bienheureux si tous ces moines ont réellement atteint l’Accomplissement ou si certains se surestiment.
Le Bienheureux répond que certains disent vrai, tandis que d’autres se trompent. Dans ces cas, le Tathāgata intervient pour leur montrer la réalité et corriger leur compréhension.
Le Bienheureux rappelle que les êtres sont attirés par les plaisirs sensoriels, qui sont au nombre de cinq :
Ces plaisirs sont attirants, désirables et excitent l’attachement.
Le Bienheureux explique que les êtres peuvent être captivés par différents niveaux d’expérience, allant du plus grossier au plus subtil.
Un moine peut penser : « L’Ascète a dit que le désir premier, taṇhā, est une écharde. J’ai abandonné ce désir et atteint le parfait dénouement. »
Mais s’il continue à rechercher des objets sensoriels avilissants, comme des spectacles, sons, odeurs, saveurs ou contacts plaisants, la passion peut corrompre son esprit et entraîner une chute spirituelle.
Le Bienheureux donne l’image d’un homme blessé par une flèche empoisonnée. Un médecin retire la flèche et aspire le poison, mais la blessure doit encore être soignée correctement.
Si l’homme néglige les instructions du médecin, la blessure peut s’infecter et mener à la mort. Mais s’il suit les prescriptions avec soin, la blessure guérit complètement.
Le Bienheureux explique la signification de cette image:
Le moine qui garde sous contrôle les six portes sensorielles comprend que les tromperies, upadhi, sont la base du malheur.
Ayant détruit ces tromperies, il est délivré et ne peut plus s’adonner aux attachements sensoriels ni physiquement ni mentalement.
Le Bienheureux compare cette compréhension à celle d’un homme qui refuse de boire une coupe contenant du poison, ou qui n’oserait pas toucher un serpent venimeux.
De même, le moine qui voit clairement le danger des plaisirs sensoriels s’en détourne naturellement et demeure libéré.
Ce discours montre que le chemin spirituel comporte des dangers subtils. Même après avoir abandonné les plaisirs sensoriels grossiers et atteint des états méditatifs élevés, un pratiquant peut encore tomber dans la surestimation de lui-même ou relâcher sa vigilance.
La véritable libération consiste non seulement à retirer la « flèche » du désir, taṇhā, et à dissiper le poison de l’ignorance, avijjā, mais aussi à protéger continuellement l’esprit en gardant sous contrôle les six portes sensorielles. Ainsi, celui qui comprend clairement le danger des attachements et des tromperies, upadhi, demeure vigilant et progresse vers le complet dénouement.
Vers le Soutta complet : MN 105 - Sunakkhatta sutta
Vers le menu de l’essence des Souttas : L’essence des Souttas
Date de mise en ligne : 10 mars 2026
Origine : Enseignements et discussions entre Bouddha, ses disciples, ses antagonistes…
Date : Ve siècle av. J.C.
Complilateur : Dānamitta