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sunakkhatta sutta (mn105)

Essence du récit de Sunakkhatta

Contexte du discours

De nombreux moines déclarent devant le Bienheureux avoir atteint l’Accomplissement en affirmant : « Détruite est la naissance, accomplie la vie sainte, fait ce qui était à faire. » Sunakkhatta, fils des Licchavis, demande alors au Bienheureux si tous ces moines ont réellement atteint l’Accomplissement ou si certains se surestiment.

Le Bienheureux répond que certains disent vrai, tandis que d’autres se trompent. Dans ces cas, le Tathāgata intervient pour leur montrer la réalité et corriger leur compréhension.

Les cinq plaisirs sensoriels

Le Bienheureux rappelle que les êtres sont attirés par les plaisirs sensoriels, qui sont au nombre de cinq :

  • les formes visibles perçues par l’œil
  • les sons perçus par l’oreille
  • les odeurs perçues par le nez
  • les saveurs perçues par la langue
  • les contacts corporels perçus par le corps

Ces plaisirs sont attirants, désirables et excitent l’attachement.

Différents niveaux d’attachement

Le Bienheureux explique que les êtres peuvent être captivés par différents niveaux d’expérience, allant du plus grossier au plus subtil.

  • Attachement à la grossièreté du monde L’individu se complaît dans les plaisirs sensoriels et dans les discours qui s’y rapportent. Il ne trouve pas d’intérêt dans les enseignements sur les états méditatifs profonds.
  • Attachement à l’immuable Certains abandonnent l’intérêt pour les plaisirs sensoriels et se tournent vers des états méditatifs élevés, comme les jhāna, le domaine de l’espace infini et celui de la conscience infinie. Ils ne trouvent plus de plaisir dans la grossièreté du monde.
  • Attachement au domaine du néant D’autres dépassent ces états et deviennent captivés par le domaine du néant, abandonnant les attachements précédents.
  • Attachement au domaine sans perception ni non-perception Certains atteignent un état encore plus subtil, le domaine sans perception ni non-perception, et abandonnent l’attachement au néant.
  • Captivation par le complet dénouement Enfin, certains sont captivés par le complet dénouement, où les attachements aux états précédents sont complètement détruits, comme un palmier dont la cime a été coupée et qui ne peut plus repousser.

Le danger de la surestimation spirituelle

Un moine peut penser : « L’Ascète a dit que le désir premier, taṇhā, est une écharde. J’ai abandonné ce désir et atteint le parfait dénouement. »

Mais s’il continue à rechercher des objets sensoriels avilissants, comme des spectacles, sons, odeurs, saveurs ou contacts plaisants, la passion peut corrompre son esprit et entraîner une chute spirituelle.

La parabole de la flèche empoisonnée

Le Bienheureux donne l’image d’un homme blessé par une flèche empoisonnée. Un médecin retire la flèche et aspire le poison, mais la blessure doit encore être soignée correctement.

Si l’homme néglige les instructions du médecin, la blessure peut s’infecter et mener à la mort. Mais s’il suit les prescriptions avec soin, la blessure guérit complètement.

Le Bienheureux explique la signification de cette image:

  • la blessure représente les six bases sensorielles
  • la flèche représente le désir, taṇhā
  • le poison représente l’ignorance, avijjā
  • la sonde représente la vigilance
  • le scalpel représente la sagacité pure
  • le médecin représente le Tathāgata

La maîtrise des six portes sensorielles

Le moine qui garde sous contrôle les six portes sensorielles comprend que les tromperies, upadhi, sont la base du malheur.

Ayant détruit ces tromperies, il est délivré et ne peut plus s’adonner aux attachements sensoriels ni physiquement ni mentalement.

Images finales du danger des attachements

Le Bienheureux compare cette compréhension à celle d’un homme qui refuse de boire une coupe contenant du poison, ou qui n’oserait pas toucher un serpent venimeux.

De même, le moine qui voit clairement le danger des plaisirs sensoriels s’en détourne naturellement et demeure libéré.

Conclusion

Ce discours montre que le chemin spirituel comporte des dangers subtils. Même après avoir abandonné les plaisirs sensoriels grossiers et atteint des états méditatifs élevés, un pratiquant peut encore tomber dans la surestimation de lui-même ou relâcher sa vigilance.

La véritable libération consiste non seulement à retirer la « flèche » du désir, taṇhā, et à dissiper le poison de l’ignorance, avijjā, mais aussi à protéger continuellement l’esprit en gardant sous contrôle les six portes sensorielles. Ainsi, celui qui comprend clairement le danger des attachements et des tromperies, upadhi, demeure vigilant et progresse vers le complet dénouement.

 

Vers le Soutta complet : MN 105 - Sunakkhatta sutta

Vers le menu de l’essence des Souttas : L’essence des Souttas

infos sur cette page

Date de mise en ligne : 10 mars 2026

Origine : Enseignements et discussions entre Bouddha, ses disciples, ses antagonistes…

Date : Ve siècle av. J.C.

Complilateur : Dānamitta