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gopakamoggallāna sutta (mn108)

Essence du récit de Gopakamoggallāna

Contexte

Ce discours se déroule peu de temps après la complète Extinction du Bienheureux. Le Vénérable Ānanda séjourne près de Rājagaha, au Bois de Bambous. À cette époque, le roi Ajātasattu fait fortifier la ville par crainte d’un conflit avec le roi Candapajjotta.

Un matin, alors qu’il se rend en ville pour sa collecte de nourriture, Ānanda décide de rendre visite au brahmane Gopakamoggallāna sur son lieu de travail. Ils commencent une discussion au sujet du devenir de la communauté après la disparition de Bouddha.

La question de la succession

Le brahmane demande s’il existe un moine possédant toutes les qualités de l’honorable Gotama, accompli et parfait Bouddha.

Ānanda répond que personne ne possède totalement ces qualités. Le Bienheureux est celui qui a découvert un chemin jusque-là inconnu :

  • Il a ouvert un chemin qui n’était pas ouvert.
  • Il a reconnu un passage qui n’était pas connu.
  • Il a révélé une voie qui n’était pas encore révélée.

Les disciples (sāvaka) ne font que suivre ce chemin déjà découvert.

On demande alors à Ānanda si Bouddha a désigné un successeur ou si la communauté en a choisi un. Ānanda répond que ni Bouddha ni la communauté n’ont désigné de chef.

Le refuge de la communauté

Les brahmanes s’étonnent : comment la concorde est-elle possible sans chef ?

Ānanda explique que la communauté n’est pas sans refuge. Son refuge est le (Dhamma).

Le Bienheureux a établi :

  • les points de l’entraînement
  • le code-libérateur (vinaya)

Les moines se réunissent régulièrement lors du jour d’uposatha pour réciter les règles. Lorsqu’une faute apparaît, elle est traitée conformément à la règle.

Ainsi, ce ne sont pas des personnes qui gouvernent la communauté : c’est le Dhamma lui-même qui la régit.

Les dix qualités inspirant confiance

Même s’il n’existe pas de chef unique, certains moines sont honorés et respectés. Le Bienheureux a indiqué dix qualités inspirant confiance chez un pratiquant accompli :

  • Discipline morale : il vit sous le contrôle du vinaya et observe les points de l’entraînement.
  • Grande connaissance du Dhamma : il a beaucoup entendu les enseignements, les mémorise, les récite et en pénètre le sens.
  • Contentement : il se satisfait des nécessités que sont la robe, le bol, le logement et les médicaments.
  • Maîtrise des absorptions méditatives : il obtient à volonté les quatre jhāna.
  • Pouvoirs spirituels : il peut manifester diverses réalisations extraordinaires.
  • Oreille divine : il entend les sons humains et divins, proches ou lointains.
  • Connaissance de l’esprit d’autrui : il perçoit les états mentaux des autres.
  • Souvenir des vies antérieures : il se remémore de nombreuses existences passées.
  • Œil divin : il voit les êtres mourir et renaître selon leur karma.
  • Libération complète : par la destruction des contaminations (āsava), il réalise la délivrance.

Les moines qui possèdent ces qualités sont naturellement honorés par la communauté.

Les absorptions louées et blâmées

La discussion aborde ensuite la méditation. Ānanda explique que Bouddha ne louait pas toutes les formes d’absorption.

Il blâmait les absorptions où l’esprit est dominé par les empêchements (nīvaraṇa) :

  • le désir sensoriel
  • l’aversion
  • la torpeur et l’engourdissement
  • l’agitation et l’inquiétude
  • l’incertitude

Il faisait l’éloge des absorptions obtenues par l’isolement du sensoriel et des états malsains, menant successivement aux quatre jhāna.

Conclusion

Après la disparition de Bouddha, la communauté ne dépend pas d’un chef unique. Elle se fonde sur le Dhamma et la discipline établis par le Bienheureux.

Les moines dignes de respect sont reconnus pour leurs qualités spirituelles et leur pratique. Ainsi, la stabilité du Saṅgha repose sur la fidélité à l’enseignement et sur la réalisation personnelle du chemin.

 

Vers le Soutta complet : MN 108 - Gopakamoggallāna sutta

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infos sur cette page

Date de mise en ligne : 11 mars 2026

Origine : Enseignements et discussions entre Bouddha, ses disciples, ses antagonistes…

Date : Ve siècle av. J.C.

Complilateur : Dānamitta