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bhūmija sutta (mn126)

Essence du récit de Bhūmija

Contexte

Le vénérable Bhūmija rend visite au prince Jayasena. Celui-ci lui pose une question sur la vie spirituelle : certains ascètes affirment que mener la vie sainte, que ce soit en attendant un résultat, sans attente, avec un mélange des deux ou sans se poser la question, ne permettrait pas d’obtenir un fruit spirituel.

Bhūmija répond avec prudence qu’il n’a pas entendu directement la réponse du Bienheureux, mais qu’il lui semble que le fruit dépend plutôt de la manière dont la pratique est menée : si la vie sainte est pratiquée correctement, elle peut porter fruit, indépendamment de l’attente ou de l’absence d’attente.

Plus tard, il rapporte cet échange à Bouddha, qui confirme que sa réponse est correcte et conforme à l’enseignement.

L’enseignement principal

Le Bienheureux explique que le facteur déterminant n’est pas l’attitude mentale face au résultat, mais la justesse du chemin suivi.

Si quelqu’un pratique avec des facteurs erronés, il ne peut pas obtenir de fruit, peu importe qu’il attende ou non un résultat. Mais si quelqu’un pratique avec les facteurs justes, alors le fruit peut être obtenu, quelle que soit son attitude vis-à-vis du résultat.

Le chemin erroné

Certains ascètes et brahmanes pratiquent avec des facteurs incorrects :

  • vision fausse (micchā-diṭṭhi)
  • intention fausse (micchā-saṅkappa)
  • parole fausse (micchā-vācā)
  • action fausse (micchā-kammanta)
  • mode de vie faux (micchā-ājīva)
  • effort faux (micchā-vāyāma)
  • attention fausse (micchā-sati)
  • concentration fausse (micchā-samādhi)

Dans ce cas, même si la vie sainte est menée avec attente, sans attente, avec un mélange des deux ou sans se poser la question, aucun fruit ne peut être obtenu.

Le chemin juste

Au contraire, certains ascètes et brahmanes pratiquent avec les facteurs corrects du Noble Sentier Octuple :

  • vision juste (sammā-diṭṭhi)
  • intention juste (sammā-saṅkappa)
  • parole juste (sammā-vācā)
  • action juste (sammā-kammanta)
  • mode de vie juste (sammā-ājīva)
  • effort juste (sammā-vāyāma)
  • attention juste (sammā-sati)
  • concentration juste (sammā-samādhi)

Dans ce cas, que la pratique soit menée avec attente, sans attente, avec un mélange des deux ou sans se poser la question, le fruit peut être obtenu.

Les quatre comparaisons

Pour illustrer cet enseignement, Bouddha donne plusieurs comparaisons.

  • Extraire de l’huile
    Presser du sable ne donnera jamais d’huile, quel que soit l’effort fourni. Mais presser du sésame concassé permet d’obtenir de l’huile.

  • Obtenir du lait
    Traire la corne d’une vache ne donnera jamais de lait. Mais traire le pis d’une vache permet d’en obtenir.

  • Faire du beurre
    Battre de l’eau dans une baratte ne donnera jamais de beurre. Mais battre de la crème permet d’en produire.

  • Produire du feu
    Frotter du bois vert et humide ne produira pas de feu. Mais frotter du bois sec et sans sève permet d’en produire.

Conclusion

Ainsi, le point essentiel n’est pas d’avoir ou non une attente du résultat, mais de pratiquer correctement le chemin.

Lorsque les causes sont correctes, le fruit peut apparaître. Lorsque les causes sont incorrectes, aucun résultat ne peut être obtenu, quelle que soit l’intention ou l’espoir placé dans la pratique.

 

Vers le Soutta complet : MN 126 - Bhūmija sutta

Vers le menu de l’essence des Souttas : L’essence des Souttas

infos sur cette page

Date de mise en ligne : 16 mars 2026

Origine : Enseignements et discussions entre Bouddha, ses disciples, ses antagonistes…

Date : Ve siècle av. J.C.

Complilateur : Dānamitta