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mahākaccānabhaddekaratta sutta (mn133)

Essence du récit de la belle couleur unie selon Mahā Kaccāna

Contexte

Le Bienheureux séjourne près de Rājagaha. Le moine Samiddhi rencontre une divinité qui lui parle de l’enseignement de la « belle couleur unie », qu’il ne connaît pas. Il va alors interroger Bouddha, qui expose cet enseignement de manière brève sous forme de vers.

Les moines, souhaitant une explication plus détaillée, se tournent vers le vénérable Mahā Kaccāna, reconnu pour sa capacité à développer les enseignements concis de Bouddha. Celui-ci explique en profondeur le fonctionnement de l’esprit face au passé, au futur et au présent.

Développement selon Mahā Kaccāna

L’égarement dans le passé

On s’égare dans le passé lorsque des souvenirs apparaissent accompagnés de désir et d’attachement, et que l’on y prend plaisir.

Ce n’est pas le souvenir en lui-même qui est problématique, mais l’attachement qui s’y associe. En l’absence d’attachement, le passé peut être connu sans troubler l’esprit.

La projection vers le futur

On rêve à l’avenir lorsque l’on désire acquérir ou devenir quelque chose, que l’on imagine des états futurs et que l’on s’y attache.

Le futur devient alors un objet de désir. Sans ce désir, l’esprit cesse de se projeter de manière compulsive.

L’emportement dans le présent

Même le présent peut devenir un piège. Lorsque les sens rencontrent leurs objets, une conscience apparaît. Si elle est dominée par le désir et l’attachement, elle prend plaisir à l’expérience et s’y attache.

C’est ainsi que l’on est emporté par le présent. En l’absence d’attachement, l’expérience est simplement connue, sans saisie.

Principe fondamental

Dans le passé, le futur et le présent, le mécanisme est le même:

  • présence d’une expérience,
  • apparition du taṇhā (désir),
  • suivi de upādāna (attachement),
  • et appropriation ou plaisir.

Ce n’est donc pas l’expérience elle-même qui est en cause, mais la manière dont l’esprit s’y attache.

Sens de la « belle couleur unie »

Celui qui ne s’égare ni dans le passé, ni dans le futur, ni dans le présent, et qui pratique avec énergie, est appelé celui qui est « teint de la belle couleur unie ».

Cela désigne un esprit stable, unifié, non dispersé par les phénomènes et libéré de la saisie.

Conclusion

Ce soutta montre que la libération ne dépend pas des objets de l’expérience, mais de la relation que l’esprit entretient avec eux.

Le passé, le futur et le présent ne sont pas des obstacles en eux-mêmes. Ce qui enchaîne l’esprit, c’est le désir et l’attachement qui s’y greffent.

En comprenant directement ce mécanisme, l’esprit cesse progressivement de s’y engager. Il demeure alors présent, lucide et sans saisie, ce qui constitue le cœur de la pratique menant à l’apaisement.

 

Vers le Soutta complet : MN 133 - Mahākaccānabhaddekaratta sutta

Vers le menu de l’essence des Souttas : L’essence des Souttas

infos sur cette page

Date de mise en ligne : 23 mars 2026

Origine : Enseignements et discussions entre Bouddha, ses disciples, ses antagonistes…

Date : Ve siècle av. J.C.

Complilateur : Dānamitta