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cūḷa dukkhakkhandha sutta (mn14)

Essence du récit de la masse de malheur

Contexte général

Le Bienheureux réside à Kapilavatthu, dans le parc Nigrodha. Le Sakya Mahānāma, cousin de Bouddha, est établi dans la vie de foyer, à l’inverse de son frère Anuruddha, devenu moine. Bien qu’il ait compris l’enseignement, Mahānāma remarque que son esprit demeure sujet à l’attachement, à l’aversion et à la confusion. Il demande pourquoi.

La cause de la persistance des souillures

Bouddha répond qu’il reste en Mahānāma un facteur non éliminé : le penchant pour kāmaguṇa, les objets des sens. Tant que cette tendance n’est pas déracinée, l’attachement, l’aversion et la confusion peuvent encore s’emparer de l’esprit. Si elles étaient éliminées, il ne vivrait plus dans le foyer ni ne rechercherait les plaisirs sensoriels.

La nature trompeuse des objets des sens

  • Les objets des sens offrent peu de plaisir, mais beaucoup de souffrance et de tracas.
  • Les inconvénients y prédominent largement.
  • Deux attitudes apparaissent :
    • Celui qui comprend intellectuellement cette vérité, mais qui n’a pas encore goûté à une félicité plus haute (comme celle des jhāna) reste tourné vers le sensoriel.
    • Celui qui atteint la félicité des jhāna ou un état plus paisible se détourne naturellement des plaisirs sensoriels, ayant trouvé un bonheur supérieur.

Bouddha évoque son propre chemin

Avant son Éveil, alors qu’il n’était qu’un bodhisatta, le Bienheureux voyait déjà les inconvénients du sensoriel. Mais n’ayant pas encore atteint la félicité du détachement, il continuait à s’y tourner inconsciemment. Lorsqu’il atteignit le ravissement-félicité qui transcende les sens, il constata qu’il ne se tournait plus vers le sensoriel.

Les ascètes du Roc Noir

Bouddha relate une rencontre au Pic des Vautours près de Rājagaha. Il y croisa des ascètes jaïns (Nigaṇṭha) qui restaient debout sans s’asseoir, pensant épuiser leurs mauvaises actions passées par la souffrance volontaire. Ils croyaient que, par l’ascèse et la douleur, on mettait fin au kamma et à la souffrance.

Le dialogue entre Bouddha et les ascètes

Le Bienheureux leur demande s’ils savent :

  • S’ils ont existé avant,
  • Quelles fautes ils ont commises,
  • Quelle quantité de douleur ils ont déjà épuisée,
  • Ce qu’il leur reste à souffrir,
  • Ou comment éliminer les tendances nuisibles dans le présent.

Ils répondent non à chaque question. Bouddha souligne l’absurdité d’une pratique fondée sur ignorance et spéculation.

La fausse idée de la libération par la douleur

  • Les ascètes affirment : « On atteint la félicité non par le plaisir, mais par la douleur. »
  • Ils comparent Bouddha au roi Bimbisāra , disant que s’il était possible d’atteindre la félicité par le plaisir, le roi la connaîtrait davantage que Bouddha.
  • Bouddha leur répond calmement que leur raisonnement est précipité.
  • La vraie question est : qui demeure le plus longtemps dans la félicité ?

La vraie félicité

  • Bouddha leur demande si le roi Bimbisāra peut demeurer immobile et silencieux, goûtant sept jours et sept nuits de félicité ininterrompue.
  • Les ascètes répondent que non.
  • Bouddha déclare, lui, pouvoir demeurer dans une félicité paisible et ininterrompue jusqu’à sept jours et sept nuits – l’état de phalasamāpatti (absorption dans le fruit).
  • Les ascètes reconnaissent alors que la félicité de Bouddha dépasse toute félicité mondaine issue du plaisir ou de la douleur.

Conclusion

  • Les plaisirs sensoriels sont limités et sources de souffrance.
  • Les austérités extrêmes ne mènent qu’à la douleur et à l’illusion.
  • La vraie félicité provient de la libération de l’attachement, du dépassement des objets des sens et de la réalisation intérieure.

Mahānāma écoute avec reconnaissance et se réjouit de cet enseignement.

 

Vers le Soutta complet : MN 14 - cūḷa dukkhakkhandha sutta

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infos sur cette page

Date de mise en ligne : 14 nov. 2025

Origine : Enseignements et discussions entre Bouddha, ses disciples, ses antagonistes…

Date : Ve siècle av. J.C.

Complilateur : Dānamitta