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dhātuvibhaṅga sutta (mn140)

Essence du récit de la division des éléments

Contexte

Dans ce discours, Pukkusati, ancien roi devenu renonçant par confiance envers le Bienheureux qu’il n’a jamais rencontré, entreprend de le trouver. En chemin, il s’arrête dans l’atelier d’un potier.

Le Bienheureux vient à lui sans révéler son identité. Voyant sa maturité spirituelle, il lui enseigne directement une analyse profonde de l’expérience visant à conduire à la libération.

Essence de l’enseignement

Le Bienheureux expose que l’« être » n’est rien d’autre que :

  • six éléments,
  • six bases de contact,
  • dix-huit réactions mentales,
  • et quatre supports de la pratique.

Cette analyse permet de dissoudre l’idée d’un soi en montrant que l’expérience est composée de phénomènes conditionnés.

Les six éléments

L’être est composé de :

  • l’élément terre (solidité),
  • l’élément eau (liquidité),
  • l’élément feu (chaleur),
  • l’élément vent (mouvement),
  • l’élément espace (ouverture),
  • l’élément conscience.

Chacun de ces éléments, interne ou externe, doit être vu avec sagesse:

« Ceci n’est pas à moi, je ne suis pas cela, ceci n’est pas un soi. »

En voyant ainsi, l’attachement diminue.

Les six bases de contact

L’expérience se construit à partir des six bases:

  • l’œil et les formes,
  • l’oreille et les sons,
  • le nez et les odeurs,
  • la langue et les saveurs,
  • le corps et les contacts,
  • l’esprit et les objets mentaux.

C’est à partir de ces contacts que naissent les expériences.

Les dix-huit réactions mentales

À chaque contact correspondent trois types de réactions:

  • agréable,
  • désagréable,
  • neutre.

Sur les six bases, cela constitue dix-huit modes de réaction. Il convient de les reconnaître sans s’y attacher.

L’observation des sensations

Le Bienheureux enseigne une observation directe :

  • une sensation apparaît en dépendance d’un contact,
  • elle est reconnue clairement,
  • lorsqu’elle cesse, sa disparition est reconnue.

Ainsi, on voit directement l’apparition et la disparition des phénomènes, et leur impermanence.

L’esprit purifié

Avec la diminution de l’attachement, l’esprit devient :

  • limpide,
  • souple,
  • stable,
  • purifié.

Il est comparé à de l’or raffiné. Même les états méditatifs élevés sont compris comme conditionnés.

L’abandon de toute construction

Comprenant que tous les états sont conditionnés, l’esprit cesse de construire :

  • il n’y a plus de désir d’être,
  • ni de désir de ne pas être,
  • ni d’attachement aux expériences.

C’est la libération.

La fin des imaginations

Les idées telles que « je suis », « je serai », « je ne serai pas » sont reconnues comme des constructions mentales (maññita).

En les voyant comme telles, elles cessent. Avec leur cessation disparaissent la peur, le devenir et la souffrance.

Les quatre supports

La pratique repose sur quatre supports :

  • la sagacité,
  • la vérité,
  • le renoncement,
  • l’apaisement.

Ces supports conduisent à la fin de l’attachement.

Conclusion

Ce soutta propose une analyse directe de l’expérience permettant de dissoudre l’illusion d’un soi.

En voyant que le corps est composé d’éléments, que les expériences naissent des contacts et que les réactions sont conditionnées et impermanentes, l’esprit cesse progressivement de s’attacher.

Lorsque même les constructions les plus subtiles disparaissent, il ne reste qu’un esprit libre, apaisé et sans saisie. C’est cela la libération.

 

Vers le Soutta complet : MN 140 - Dhātuvibhaṅga sutta

Vers le menu de l’essence des Souttas : L’essence des Souttas

infos sur cette page

Date de mise en ligne : 10 avr. 2026

Origine : Enseignements et discussions entre Bouddha, ses disciples, ses antagonistes…

Date : Ve siècle av. J.C.

Complilateur : Dānamitta