Cliquez ici pour afficher normalement la page (avec mise en forme et graphisme). Si ça ne fonctionne pas, vérifiez que votre navigateur accepte JavaScript et supporte les CSS. Nous vous recommandons un navigateur respectant les standards, tel que : Brave, Chrome, Firefox, Safari…

Vous êtes ici : accueil > souttas > essence > mahā hatthipadopama sutta
mahā hatthipadopama sutta (mn28)

Essence du grand récit des empreintes d’éléphant

Contexte

Le vénérable Sāriputta s’adresse aux moines et introduit une comparaison centrale : comme toutes les empreintes des êtres capables de marcher tiennent dans l’empreinte de l’éléphant, ainsi tous les enseignements bénéfiques sont inclus dans les quatre vérités pures.

  • la vérité du malheur
  • la vérité de la source du malheur
  • la vérité de la cessation du malheur
  • la vérité du chemin menant à la cessation du malheur

La vérité du malheur

Le malheur (dukkha) englobe toutes les expériences, plaisantes, déplaisantes ou neutres.

  • la naissance est un malheur
  • le vieillissement est un malheur
  • la mort est un malheur
  • le chagrin, les lamentations, la douleur, l’insatisfaction et le désespoir sont des malheurs
  • ne pas obtenir ce que l’on désire est un malheur

En résumé, les cinq ensembles saisis constituent le malheur.

Les cinq ensembles saisis

  • l’ensemble des formes physiques
  • l’ensemble des ressentis
  • l’ensemble des perceptions
  • l’ensemble des formations mentales
  • l’ensemble des états de conscience

Ils sont dits « saisis » lorsqu’ils sont pris pour « moi » ou « mien ».

L’ensemble saisi des formes physiques

Il est constitué des quatre grands éléments et des formes physiques qui en dépendent :

  • l’élément terre
  • l’élément eau
  • l’élément feu
  • l’élément air

L’élément terre

L’élément terre peut être intérieur ou extérieur. L’élément terre intérieur comprend tout ce qui est solide et dur dans le corps (cheveux, os, organes, chair, etc.).

L’élément terre intérieur et l’élément terre extérieur doivent être vus avec une juste sagacité : « Ceci n’est pas à moi, je ne suis pas ceci, ceci n’est pas mon moi-autonome. »

Lorsqu’on voit cela clairement, il y a désenchantement et détournement de l’attention.

La destruction cosmique de l’élément terre extérieur montre son impermanence, et rend absurde toute appropriation du corps physique.

Lorsqu’un moine est injurié ou blessé par des paroles, il reconnaît que le malheur provient du contact, conditionné et impermanent. Son attention se fixe sur l’élément terre et se libère des réactions mentales.

Même lorsqu’il reçoit des coups physiques, le moine se rappelle l’enseignement de Bouddha et maintient l’énergie, la vigilance, l’apaisement du corps et la concentration, sans laisser l’aversion surgir.

L’élément eau

L’élément eau intérieur comprend les liquides corporels (bile, sang, sueur, urine, etc.).

Comme pour l’élément terre, il doit être vu ainsi : « Ceci n’est pas à moi, je ne suis pas ceci, ceci n’est pas mon moi-autonome. »

Les variations extrêmes de l’élément eau extérieur – inondations comme assèchements – montrent son impermanence.

La même attitude équanime est développée face aux paroles blessantes et aux agressions physiques, en prenant l’élément eau comme objet.

L’élément feu

L’élément feu intérieur comprend la chaleur corporelle, la digestion, l’usure et la fièvre.

Il est conditionné, dépendant d’un combustible, et impermanent. Les grands incendies comme l’impossibilité d’allumer un feu montrent sa nature instable.

Le moine contemple cet élément avec sagesse et applique le Dhamma face aux contacts pénibles.

L’élément vent

L’élément vent intérieur comprend les souffles et mouvements internes (inspiration, expiration, vents abdominaux, etc.).

Les tempêtes comme la faiblesse d’un simple éventail montrent son impermanence.

Là encore, la contemplation juste mène au désenchantement et à la libération de l’aversion.

Le corps comme simple structure conditionnée

De même qu’un espace entouré de bois et d’argile est appelé « maison », l’espace entouré d’os, de tendons, de chair et de peau est appelé « corps ».

Les six bases sensorielles et la réunion des cinq ensembles

Lorsque l’œil (ou une autre base sensorielle) est intact, qu’un objet se présente et qu’il y a une attention adéquate, la conscience correspondante se manifeste.

À ce moment, il y a réunion des cinq ensembles saisis: formes, ressentis, perceptions, formations mentales et conscience. Ceci est la vérité du malheur en acte.

Source et cessation du malheur

Les cinq ensembles saisis sont produits sous condition.

La source du malheur est l’élan, l’adhérence, l’attirance et l’attachement envers ces ensembles.

La cessation du malheur est le rejet et l’élimination de cet attachement.

Celui qui voit la coproduction conditionnelle voit la réalité, et celui qui voit la réalité voit la coproduction conditionnelle.

À ce stade, le moine a déjà beaucoup fait.

Conclusion

Ainsi, tout l’enseignement est contenu dans les quatre vérités pures, comme toutes les empreintes tiennent dans celle de l’éléphant.

Les moines furent satisfaits des paroles du vénérable Sāriputta et s’en réjouirent.

 

Vers le Soutta complet : MN 28 - mahā hatthipadopama sutta

Vers le menu de l’essence des Souttas : L’essence des Souttas

infos sur cette page

Date de mise en ligne : 27 déc. 2025

Origine : Enseignements et discussions entre Bouddha, ses disciples, ses antagonistes…

Date : Ve siècle av. J.C.

Complilateur : Dānamitta