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jīvaka sutta (mn55)

Essence du récit de Jīvaka

Contexte

À Rājagaha, dans la mangueraie de Jīvaka Komārabhacca, le médecin du roi, une accusation circule selon laquelle des animaux seraient tués spécialement pour le Bienheureux. Jīvaka interroge directement Bouddha afin de clarifier la justesse de cette rumeur et la position du Dhamma concernant la consommation de viande.

La question morale soulevée

Jīvaka rapporte l’opinion selon laquelle manger de la viande provenant d’un animal tué intentionnellement pour un ascète ferait retomber le démérite sur celui qui la consomme. Il demande si cette accusation reflète réellement l’enseignement de Bouddha.

La règle des trois critères

Le Bienheureux rejette catégoriquement cette accusation et établit une règle claire. La viande ne doit pas être consommée dans trois cas précis :

  • Voir que l’animal a été tué à son intention
  • Entendre que l’animal a été tué à son intention
  • Soupçonner raisonnablement que l’animal a été tué à son intention

En dehors de ces trois situations, la viande peut être consommée sans faute, car il n’y a ni participation à l’acte de tuer ni approbation de l’intention. La responsabilité morale repose sur l’intention (cetanā).

L’attitude intérieure juste du moine

Bouddha décrit la posture mentale correcte du moine recevant sa nourriture : Il demeure établi dans les quatre demeures sublimes :

  • la bienveillance (mettā)
  • la compassion (karuṇā)
  • la joie altruiste (muditā)
  • l’équanimité (upekkhā)

Il mange sans attachement, sans avidité et sans projection vers l’avenir

Il voit clairement les dangers liés à la nourriture et sait s’en libérer

Dans ces conditions, il ne nuit ni à lui-même, ni à autrui, ni aux deux.

La responsabilité karmique du meurtre

Celui qui fait tuer un être vivant pour nourrir le Tathāgata ou un disciple crée un grand démérite de cinq façons :

  • en donnant l’ordre d’amener l’animal
  • par la souffrance éprouvée lors de sa capture
  • en donnant l’ordre de le tuer
  • par la souffrance éprouvée lors de la mise à mort
  • en offensant un être libéré par une nourriture inconvenante

Le meurtre ne devient jamais méritoire du fait de son intention religieuse.

La position du Tathāgata

Bouddha affirme que le Tathāgata a totalement déraciné l’attachement, l’aversion et l’ignorance. Ces racines ont été détruites sans possibilité de renaissance future. Sa conduite est irréprochable par libération complète de l’esprit, et non par simple observance extérieure.

Conclusion

Reconnaissant la clarté et la cohérence de l’enseignement, Jīvaka Komārabhacca prend refuge dans Bouddha, le Dhamma et le Sangha pour le reste de sa vie.

 

Vers le Soutta complet : MN 55 - Jīvaka sutta

Vers le menu de l’essence des Souttas : L’essence des Souttas

infos sur cette page

Date de mise en ligne : 29 jan. 2026

Origine : Enseignements et discussions entre Bouddha, ses disciples, ses antagonistes…

Date : Ve siècle av. J.C.

Complilateur : Dānamitta