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māgandiya sutta (mn75)

Essence du récit de Māgandiya

Contexte

Māgandiya est un renonçant issu d’une école valorisant l’épanouissement des facultés sensorielles. Selon cette vision, il faut développer et intensifier les expériences sensorielles. Il considère ainsi l’ascète Gotama comme un « destructeur de l’épanouissement » parce qu’il enseigne la maîtrise et le contrôle des sens.

Le point central du désaccord

Le Bienheureux explique que les six facultés – œil, oreille, nez, langue, corps et esprit – se complaisent naturellement dans leurs objets. Toutefois, le Tathāgata les discipline et enseigne la voie permettant de les maîtriser.

Celui qui comprend dans leur réalité :

  • l’origine des plaisirs sensoriels,
  • leur cessation,
  • leurs avantages,
  • leurs inconvénients,
  • et la voie pour s’en libérer,

abandonne naturellement l’avidité et trouve la paix intérieure.

Le bonheur supérieur

Bouddha affirme avoir lui-même pleinement connu les plaisirs mondains avant son renoncement. Il ne parle donc pas par ignorance ni frustration, mais par connaissance directe.

Ayant réalisé un bonheur né du recueillement profond (samādhi), étranger aux états malsains (akusala), il ne convoite plus les plaisirs inférieurs.

Comparaison du deva

Un être céleste ne désire pas retourner aux plaisirs humains, car il connaît un bonheur supérieur. De même, celui qui goûte un bonheur plus élevé ne recherche plus les plaisirs sensoriels ordinaires.

Comparaison du lépreux

Le lépreux qui cautérise ses plaies sur des braises éprouve un soulagement temporaire. Une fois guéri, il ne désire plus se brûler avec les braises.

Les plaisirs sensoriels sont comparables à ces braises :

  • ils semblent soulager,
  • mais entretiennent la maladie de la soif (taṇhā).

Plus on s’y adonne, plus la fièvre augmente.

Comparaison de l’aveugle

Un aveugle de naissance croit posséder un vêtement blanc alors qu’il est sale, faute de vision. De même, ceux qui manquent de sagesse (paññā) prennent pour bien-être ce qui ne l’est pas.

Le corps est décrit comme :

  • une maladie,
  • un abcès,
  • une épine,
  • une infortune.

Le véritable dénouement est le nibbāna, extinction de la soif et fin de l’attachement.

La vision profonde

Par l’attachement aux cinq agrégats saisis (pañcupādānakkhandhā) se perpétue l’existence conditionnée :

  • Par l’attachement, l’existence.
  • Par l’existence, la naissance.
  • Par la naissance, vieillesse et mort, chagrin et désespoir.

Par la cessation de l’attachement, tout ce processus prend fin.

Vers la réalisation

Le Bienheureux enseigne que l’association aux Nobles êtres permet :

  • d’entendre le vrai Dhamma,
  • de pratiquer conformément au Dhamma,
  • de connaître par soi-même le bien-être suprême.

« Le bien-être est le suprême acquis, le Dénouement le bonheur suprême. Seul l’Octuple Sentier mène à la Paix, à l’Immortalité. »

Conclusion

Māgandiya reconnaît son erreur, demande l’ordination et, après pratique vigilante et énergique, réalise l’aboutissement de la vie sainte. Il devient un arahant.

Ce soutta montre que le renoncement n’est pas une privation, mais un dépassement. Il révèle qu’un bonheur non dépendant des sens est possible, par la compréhension et la fin de l’attachement.

 

Vers le Soutta complet : MN 75 - Māgandiya sutta

Vers le menu de l’essence des Souttas : L’essence des Souttas

infos sur cette page

Date de mise en ligne : 16 fév. 2026

Origine : Enseignements et discussions entre Bouddha, ses disciples, ses antagonistes…

Date : Ve siècle av. J.C.

Complilateur : Dānamitta