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sallekha sutta (mn8)

Essence du récit de l’effacement

Contexte

Le Venerable Mahā Cunda vient consulter le Bienheureux au sujet de disciples croyant pouvoir effacer leurs vues erronées simplement en y réfléchissant ou en pratiquant les jhāna. Le Bienheureux leur montre que l’effacement véritable ne se fait ni par la simple réflexion, ni par la seule absorption méditative, mais par la vision pénétrante (vipassanā) qui conduit à l’entrée dans le courant (sotāpatti).

Les croyances à éliminer

Les hommes entretiennent diverses croyances :

  • Concernant la personne : s’identifier au corps, aux sensations, à la perception, aux formations mentales ou à la conscience.
  • Concernant le monde : le voir comme éternel, temporaire, fini, ou infini.

Ces croyances ne s’effacent que par la compréhension directe de leur origine, de leur enracinement et de leur expression, en voyant :

« Ceci n’est pas à moi, je ne suis pas ceci, ceci n’est pas mon moi-autonome. »

Les limites des jhāna

Le Bienheureux énumère les quatre jhāna et les quatre sphères de perception infinies (espace, conscience, néant, ni-perception-ni-non-perception). Il explique que ces états, bien qu’apaisés et heureux, ne constituent pas l’effacement (sallekha) :

Ils sont seulement des états paisibles ou heureux dans la réalité présente, non une purification des souillures.

Le véritable effacement (sallekha)

L’effacement consiste non pas à atteindre des états méditatifs, mais à déraciner les tendances non salutaires. Le Bienheureux expose alors quarante-quatre formes d’effacement qui consistent à choisir la vertu et la sagesse là où d’autres s’abandonnent aux souillures :

  • Là où d’autres seraient violents, nous éviterons la violence.
  • Là où d’autres mentiraient, nous éviterons le mensonge.
  • Là où d’autres convoiteraient, nous serons sans convoitise.
  • Là où d’autres nourriraient l’aversion, nous garderons un esprit sans haine.
  • … etc.

C’est en cultivant ces attitudes justes — les remplaçants des akusala (états non sains) par des kusala (états sains) — que s’opère le véritable effacement des souillures.

La puissance des idées justes

Les pensées vertueuses soutiennent les facteurs mentaux bénéfiques et leurs expressions verbales et physiques. Ainsi, garder à l’esprit :

« Là où d’autres feraient le mal, moi j’éviterai ce mal. »

Cette vigilance mentale conduit à une transformation profonde du comportement et du caractère.

Résultats karmiques

Les akusala mènent aux renaissances inférieures et à des expériences douloureuses, tandis que les kusala mènent aux renaissances supérieures et à des expériences heureuses. La non-violence devient ainsi la voie vers des existences supérieures et l’apaisement intérieur.

L’exemple du maître

Le Bienheureux souligne qu’un être encore pris dans les sens ne peut en libérer un autre. Seul celui qui est discipliné, éduqué et délivré peut véritablement enseigner et aider à la Délivrance.

Conclusion

Le Bienheureux résume qu’il enseigne la voie :

  • de l’effacement (sallekha),
  • des idées justes,
  • de l’évitement du mal,
  • des existences supérieures,
  • et de l’effacement total des souillures.

Il invite les moines à la contemplation dans la solitude, à ne pas tomber dans l’insouciance et à ne pas nourrir de regrets plus tard.

Message profond du soutta

Le véritable effacement n’est pas la paix des jhāna, mais la purification progressive du cœur, par la sagesse et la pratique des vertus opposées aux souillures.

 

Vers le Soutta complet : MN 8 - sallekha sutta

Vers le menu de l’essence des Souttas : L’essence des Souttas

infos sur cette page

Date de mise en ligne : 24 oct. 2025

Origine : Enseignements et discussions entre Bouddha, ses disciples, ses antagonistes…

Date : Ve siècle av. J.C.

Complilateur : Dānamitta