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Le Venerable Mahā Cunda vient consulter le Bienheureux au sujet de disciples croyant pouvoir effacer leurs vues erronées simplement en y réfléchissant ou en pratiquant les jhāna. Le Bienheureux leur montre que l’effacement véritable ne se fait ni par la simple réflexion, ni par la seule absorption méditative, mais par la vision pénétrante (vipassanā) qui conduit à l’entrée dans le courant (sotāpatti).
Les hommes entretiennent diverses croyances :
Ces croyances ne s’effacent que par la compréhension directe de leur origine, de leur enracinement et de leur expression, en voyant :
« Ceci n’est pas à moi, je ne suis pas ceci, ceci n’est pas mon moi-autonome. »
Le Bienheureux énumère les quatre jhāna et les quatre sphères de perception infinies (espace, conscience, néant, ni-perception-ni-non-perception). Il explique que ces états, bien qu’apaisés et heureux, ne constituent pas l’effacement (sallekha) :
Ils sont seulement des états paisibles ou heureux dans la réalité présente, non une purification des souillures.
L’effacement consiste non pas à atteindre des états méditatifs, mais à déraciner les tendances non salutaires. Le Bienheureux expose alors quarante-quatre formes d’effacement qui consistent à choisir la vertu et la sagesse là où d’autres s’abandonnent aux souillures :
C’est en cultivant ces attitudes justes — les remplaçants des akusala (états non sains) par des kusala (états sains) — que s’opère le véritable effacement des souillures.
Les pensées vertueuses soutiennent les facteurs mentaux bénéfiques et leurs expressions verbales et physiques. Ainsi, garder à l’esprit :
« Là où d’autres feraient le mal, moi j’éviterai ce mal. »
Cette vigilance mentale conduit à une transformation profonde du comportement et du caractère.
Les akusala mènent aux renaissances inférieures et à des expériences douloureuses, tandis que les kusala mènent aux renaissances supérieures et à des expériences heureuses. La non-violence devient ainsi la voie vers des existences supérieures et l’apaisement intérieur.
Le Bienheureux souligne qu’un être encore pris dans les sens ne peut en libérer un autre. Seul celui qui est discipliné, éduqué et délivré peut véritablement enseigner et aider à la Délivrance.
Le Bienheureux résume qu’il enseigne la voie :
Il invite les moines à la contemplation dans la solitude, à ne pas tomber dans l’insouciance et à ne pas nourrir de regrets plus tard.
Le véritable effacement n’est pas la paix des jhāna, mais la purification progressive du cœur, par la sagesse et la pratique des vertus opposées aux souillures.
Vers le Soutta complet : MN 8 - sallekha sutta
Vers le menu de l’essence des Souttas : L’essence des Souttas
Date de mise en ligne : 24 oct. 2025
Origine : Enseignements et discussions entre Bouddha, ses disciples, ses antagonistes…
Date : Ve siècle av. J.C.
Complilateur : Dānamitta