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makhādeva sutta (mn83)

Essence du récit de Makhādeva

Contexte

Le Bienheureux séjournait près de Mithilā, dans la mangueraie de Makhādeva. Il laissa paraître un sourire. Le Vénérable Ānanda, étonné, lui en demanda la cause. Le Bienheureux raconta alors une histoire ancienne, révélant un souvenir de ses propres existences passées.

L’histoire du roi Makhādeva

Autrefois, à Mithilā, régna un roi juste nommé Makhādeva. Il gouvernait selon le Dhamma, observait fidèlement les jours d’uposatha et exerçait son autorité avec équité et droiture.

Il demanda à son barbier de l’avertir lorsque des cheveux blancs apparaîtraient sur sa tête. Lorsque cela se produisit, il déclara :

  • « Les messagers de la mort sont apparus. »

Il transmit alors le royaume à son fils, se fit raser la tête, revêtit la robe safran et passa du foyer à la vie sans foyer. Dans la mangueraie, il cultiva les quatre pratiques sublimes :

  • Bienveillance (mettā)
  • Compassion (karuṇā)
  • Joie empathique (muditā)
  • Équanimité (upekkhā)

Après une longue vie de pratique, il renaquit dans le monde de Brahmā.

Une tradition royale

Son fils fit de même, puis le fils de son fils, et ainsi de suite. Pendant quatre-vingt-quatre mille générations, les rois de cette lignée :

  • Gouvernaient avec justice,
  • Abandonnaient le pouvoir à l’apparition des cheveux blancs,
  • Cultivaient les quatre pratiques sublimes,
  • Renaissaient dans le monde des brahmā.

Le dernier de ces rois fut Nimi.

Le roi Nimi

Nimi fut lui aussi un roi juste et observant. Les deva le louèrent, et Sakka l’invita à visiter les mondes célestes. Il vit les conséquences des bonnes et mauvaises actions.

Après avoir contemplé la splendeur divine, il déclara :

  • « Cela me suffit. Ramenez-moi à Mithilā. J’y pratiquerai la justice et l’observance. »

Il retourna régner vertueusement. Toutefois, son fils ne perpétua pas la tradition et ne quitta pas la vie de maison : il fut « le dernier homme » de cette lignée.

La révélation du Bienheureux

Le Bienheureux déclara à Ānanda :

  • « C’était moi, autrefois, le roi Makhādeva. »

Mais il ajouta que cette ancienne tradition, bien que noble, ne menait pas au désenchantement, au détachement, à la cessation ni au Dénouement. Elle conduisait seulement à une renaissance élevée dans le monde de Brahmā.

À présent, il a instauré une tradition supérieure, qui mène véritablement à la libération :

  • Vision juste (sammā-diṭṭhi)
  • Intention juste (sammā-saṅkappa)
  • Parole juste (sammā-vācā)
  • Action juste (sammā-kammanta)
  • Mode de subsistance juste (sammā-ājīva)
  • Effort juste (sammā-vāyāma)
  • Attention juste (sammā-sati)
  • Concentration juste (sammā-samādhi)

Le Bienheureux exhorta alors :

  • « Perpétuez cette bonne tradition. Ne soyez pas pour moi le dernier homme. »

Conclusion

Ce soutta montre que :

  • La vertu et la bienveillance conduisent à des renaissances élevées,
  • Mais cela demeure dans le cycle des existences,
  • Seul le Noble Chemin Octuple mène à la cessation définitive.

Même les états sublimes et les renaissances divines ne constituent pas l’ultime refuge. La véritable tradition est celle qui conduit au désenchantement, au détachement et au Dénouement.

 

Vers le Soutta complet : MN 83 - Makhādeva sutta

Vers le menu de l’essence des Souttas : L’essence des Souttas

infos sur cette page

Date de mise en ligne : 23 fév. 2026

Origine : Enseignements et discussions entre Bouddha, ses disciples, ses antagonistes…

Date : Ve siècle av. J.C.

Complilateur : Dānamitta