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aṅgulimāla sutta (mn86)

Essence du récit de Collier-de-doigts

Contexte

Aṅgulimāla, autrefois nommé Ahimsaka (« Sans-méchanceté »), était le fils d’un brahmane lié au roi Pasenadi de Kosala. Victime d’un complot par jalousie durant son apprentissage, il reçut de son maître l’ordre insensé de tuer mille personnes. Par obéissance, il devint un bandit sanguinaire et porta un collier de doigts coupés – d’où son nom Aṅgulimāla.

Il terrorisait la région autour de Sāvatthi, au point que le roi lui-même ne parvenait pas à l’arrêter.

La rencontre avec le Bienheureux

Le Bienheureux décida d’aller à sa rencontre malgré les avertissements. Aṅgulimāla se lança à sa poursuite pour le tuer, mais bien qu’il courût de toutes ses forces, il ne parvenait pas à rattraper le Bienheureux qui marchait calmement.

Épuisé, il cria : « Arrête-toi, ascète ! » Le Bienheureux répondit : « Je suis arrêté, Aṅgulimāla. Mais toi, arrête-toi. »

Le sens devint clair : le Bienheureux était « arrêté » parce qu’il avait cessé toute violence envers les êtres. Aṅgulimāla, lui, ne s’était pas arrêté intérieurement – il poursuivait encore la haine et le meurtre.

Touché par cette vérité, il renonça immédiatement à la violence, jeta ses armes et demanda l’ordination. Le Bienheureux l’accepta d’un simple « Viens, moine ! ».

La confrontation avec le roi

Le roi vint demander au Bienheureux de l’aider à capturer le bandit. Le Bienheureux lui demanda : « Si Aṅgulimāla était devenu un moine vertueux, que ferais-tu ? » Le roi répondit qu’il l’honorerait et lui offrirait protection et soutien.

Alors le Bienheureux lui montra le moine assis près de lui : c’était Aṅgulimāla. Le roi fut stupéfait : celui qu’il ne pouvait dompter par l’épée avait été transformé sans violence.

L’acte de vérité (saccakiriyā)

Un jour, Aṅgulimāla vit une femme en travail, en grande souffrance. Une profonde compassion naquit en lui.

Sur instruction du Bienheureux, il prononça une parole de vérité : « Depuis ma naissance dans la vie noble, je ne me souviens pas d’avoir volontairement ôté la vie. Par cette vérité, sois saine et sauve ainsi que ton enfant. »

La femme accoucha sans danger. Cet épisode montre la puissance d’une vérité authentiquement vécue et la transformation réelle du cœur.

Le mûrissement du kamma

Plus tard, des personnes lui jetèrent des pierres et des bâtons, le blessant gravement. Le Bienheureux lui dit d’endurer : ce qu’il vivait maintenant était le fruit d’actions passées qui auraient autrement conduit à de longues souffrances.

Aṅgulimāla accepta sans haine.

L’Éveil

Vivant solitaire, retiré, vigilant et énergique, il atteignit rapidement l’état d’arahant. Il reconnut : « Détruite est la naissance, achevée est la vie sainte, fait est ce qui devait être fait, rien de plus ne subsiste. »

Il exprima sa réalisation par des vers de célébration :

  • Le passage de l’insouciance à la vigilance.
  • La transformation des mauvaises actions en actions bénéfiques.
  • La puissance de l’autodiscipline.
  • La gratitude envers le Bienheureux.
  • L’extinction définitive des anciens actes.

Conclusion

  • Aucune personne n’est irrémédiablement perdue. Même un meurtrier peut s’éveiller.
  • Le véritable « arrêt » est intérieur. Cesser la violence dans le cœur est plus radical que tout contrôle extérieur.
  • Le Dhamma transforme sans contrainte. Là où la force échoue, la sagesse agit.
  • Le kamma ne disparaît pas, mais peut mûrir différemment. La pratique en épuise les effets.
  • La compassion peut naître même après une vie de grande violence.

Ce soutta montre que la véritable transformation ne vient pas d’une punition, mais d’une vision juste et d’un arrêt intérieur complet.

 

Vers le Soutta complet : MN 86 - aṅgulimāla sutta

Vers le menu de l’essence des Souttas : L’essence des Souttas

infos sur cette page

Date de mise en ligne : 28 fév. 2026

Origine : Enseignements et discussions entre Bouddha, ses disciples, ses antagonistes…

Date : Ve siècle av. J.C.

Complilateur : Dānamitta