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piyajātika sutta (mn87)

Essence du récit des êtres chers

Contexte

Le Bienheureux séjourne près de Sāvatthi, dans le parc d’Anāthapiṇḍika.

Un maître de maison vient de perdre son fils unique, qu’il aimait profondément. Accablé de douleur, il n’a plus goût à rien. Il erre près du lieu de crémation et se lamente continuellement : « Où es-tu, mon fils ? »

L’enseignement au père endeuillé

Le Bienheureux lui dit :

Les êtres chers sont source de chagrin, de lamentations, de souffrances physiques et mentales, et de désespoir.

Le père rejette ces paroles. Pour lui, les êtres chers sont au contraire source de joie et de bonheur. Mécontent, il s’en va.

L’écho dans le royaume

Il rapporte l’enseignement à des joueurs de dés, qui lui donnent raison. La discussion parvient jusqu’au roi Pasenadi.

La reine Mallikā soutient que si le Bienheureux l’a dit, c’est que cela est juste. Le roi doute et l’accuse d’accepter aveuglément ses paroles. Mallikā envoie alors un brahmane interroger directement le Bienheureux.

Les exemples donnés par le Bienheureux

Le Bienheureux confirme son enseignement et l’illustre par plusieurs exemples:

  • Des hommes et des femmes devenus fous après la mort d’un proche (mère, père, enfant, époux ou épouse).
  • Un drame conjugal où l’attachement passionnel conduit au meurtre et au suicide.

Ainsi, plus l’attachement est intense, plus la perte engendre une souffrance profonde.

Le dialogue décisif avec le roi

Mallikā interroge le roi avec finesse :

  • Si leur fille Vajīrī mourait, en souffrirait-il ?
  • Si son épouse Vāsabhā mourait ?
  • Si son fils Vidūdabha mourait ?
  • Si Mallikā elle-même mourait ?
  • Si ses royaumes de Kāsi et de Kosala lui étaient arrachés ?

À chaque fois, le roi reconnaît qu’il serait accablé de chagrin.

Mallikā conclut : c’est précisément cela que le Bienheureux a enseigné.

Le roi comprend alors la profondeur et la justesse de cet enseignement, et rend hommage au Bienheureux.

Enseignement essentiel

  • L’attachement conditionné contient en lui la possibilité de la souffrance.
  • Plus quelque chose nous est cher, plus sa perte peut nous briser.
  • La souffrance ne vient pas seulement de la perte, mais du lien possessif et dépendant qui s’est formé.

Ce soutta n’enseigne pas à ne pas aimer. Il invite à comprendre la nature fragile et impermanente de tout ce qui est aimé.

La racine du chagrin n’est pas seulement l’objet perdu, mais l’attachement qui l’accompagnait.

 

Vers le Soutta complet : MN 87 - piyajātika sutta

Vers le menu de l’essence des Souttas : L’essence des Souttas

infos sur cette page

Date de mise en ligne : 3 mars 2026

Origine : Enseignements et discussions entre Bouddha, ses disciples, ses antagonistes…

Date : Ve siècle av. J.C.

Complilateur : Dānamitta