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Réflexions sur l’Ajakalāpaka sutta (U 1.7)

L’absence de peur dans l’obscurité

Evaṃ me sutaṃ – « Ainsi ai-je entendu »

Le contexte de ce Soutta est inhabituel et frappant. Bouddha séjournait près de Pāvā, à l’Ajakalāpaka Cetiya, le sanctuaire d’un yakkha (deva hostile) local, nommé Ajakalāpaka. C’était la nuit, tout était sombre et Bouddha était assis à l’extérieur, en plein air (abbhokāse nisinno), tandis que la foudre emettait des éclairs par intermittence, illuminant les ténèbres.

La tentative du Yakkha

Le Yakkha Ajakalāpaka, malicieux, pour tester l’intrépidité de Bouddha, l’approcha avec l’intention de l’effrayer (bhayaṃ chambhitattaṃ lomahaṃsaṃ uppādetukāmo).

Il proféra des sons étranges

« Akkulo! Pakkulo!

Trois fois, il proclama :

« Eso Te, samaṇa, Pisāco! »

« Voici un démon pour toi, ascète! »

La réponse de Bouddha

Bouddha, totalement insensible à la peur, prononça un verset qui transforma la rencontre en un enseignement profond :

« Yadā sakesu dhammesu,
pāragū hoti brāhmaṇo,
atha etaṃ pisācañca,
pakkulañcātivattatī.
 »


Définition du verset

Yadā sakesu dhammesu, pāragū hoti brāhmaṇo

Quand un authentique sage (brāhmaṇa) est allé au-delà de toutes les conditions du monde, quand celles-ci ont été surpassées, bien éloignées de "la côte de leur esprit",

Atha etaṃ pisācañca, pakkulañcātivattatī

Alors même des esprits, des démons ou des cris étranges comme "Akkulo-Pakkulo" sont dépassés. Une telle personne n’est pas secouée par la peur.


La peur et l’Éveil

Ce Soutta ne concerne pas seulement une rencontre surnaturelle. Il parle de la relation de l’esprit avec la peur.

  • La peur découle de l’attachement, de l’ignorance et du manque de clarté.
  • L’Éveillé, après avoir traversé "la côte de leur esprit" (Pāragū), se trouve au-delà de la peur, même lorsque la foudre émet des éclairs et que des esprits démoniaques hurlent dans le noir.


Le symbolisme des ténèbres et de la foudre

  • Les ténèbres représentent l’aveuglement (avijjā), l’inconnu et les peurs de l’esprit.
  • Les éclairs de la foudre sont comme de brefs moments de prise de conscience, des illuminations.
  • Bouddha qui demeure assis calmement dans la tempête symbolise la pleine conscience inébranlable et la libération.


Les leçons à tirer

  1. Le courage provient de la sagesse. La peur perd son pouvoir lorsque nous voyons vraiment la nature de la réalité.
  2. Les menaces externes sont secondaires. Nos plus grands "démons" sont souvent internes – notre esprit non entraîné, nos attachements.
  3. Calme dans le chaos. Comme le Bouddha, nous pouvons nous entraîner pour rester calme même lorsque la vie est imprévisible, sombre ou orageuse.

  4. À méditer…

    Le Soutta Ajakalāpaka nous rappelle que la véritable pratique spirituelle n’est pas l’absence de conditions effrayantes, mais la liberté de ne pas se laisser ébranlé par elles. Le vrai brāhmaṇa – le noble, le libéré – ne transcende pas seulement les fantômes et les esprits, mais aussi les constructions mentales qui créent la peur.

     

infos sur cette page

Date : sept. 2025

Auteur : Matt Bianca

Traducteur : isi Dhamma

Mise à jour : 18 sept. 2025 2025