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« Yadā have pātubhavanti dhammā, ātāpino jhāyato brāhmaṇassa… »
Encore une fois, le Bouddha est à Uruvelā, au bord de la rivière Nerañjarā, sous l’arbre de Bodhi. La scène reflète la précédente Sutta, mais la mise au point se déplace.
Bouddha est encore récemment réveillé. Il vient de passer sept jours à une méditation assise, sans motivation de la méditation, respectueuse du bonheur de libération (Vimuttisukha-paṭisaṃvedī). Après avoir émergé de cette tranquillité profonde, il tourne maintenant son attention sur le processus inverse - la cessation de la souffrance.
Alors que dans le paṭhamabodhisuttaṃ, il envisageait la souffrance (Samudaya), ici dans le dutiyabodhisuttaṃ, il envisage sa Nirodha - sa cessation.
Bouddha reflète dans la deuxième montre de la nuit (majjhimaṃ yāmaṃ) sur l’ordre de co-apparaissant de paṭiloma (inverse):
Ce qui n’est pas, qui ne devient pas ; avec la cessation de cela, cela cesse.
Ce n’est pas une spéculation métaphysique. C’est un chemin d’expérientiel. Gautama décrit non seulement ce qui cause la souffrance, mais la souffrance s’arrête – une condition cessant, et avec elle, toute la masse de Dukkha s’estompe.
Pour exprimer cette réalisation, Bouddha prononça un nouveau verset (Udāna), presque identique à celui du premier Soutta – mais avec une puissante tournure dans la ligne finale :
« Yadā have pātubhavanti dhammā,
Ātāpino jhāyato brāhmaṇassa,
Athassa kaṅkhā vapayanti sabbā,
Yato khayaṃ paccayānaṃ avedī. »
« Quand les réalités apparaissent à l’ardent méditant,
alors tous ses doutes se dissipent,
parce qu’il connaît la destruction
des conditions (de la souffrance). »
Cette fois, au lieu de "connaître la nature des choses conditionnées", le Vénérable Gautama célèbre "connaître la cessation des conditions" (khayaṃ paccayānaṃ avedī). Il n’a pas seulement compris le processus de l’apparition – il a vu qu’il peut se terminer.
C’est la libération. Pas une évasion dans l’au–delà, mais une prise de conscience directe de la distortion qui nous maintient prisonnier.
Le dutiyabodhisuttaṃ nous demande de refléter non seulement sur le comment de la souffrance, mais sur la possibilité de sa fin. Et le chemin commence, comme toujours, avec le moment présent. Pas de philosophie abstraite, mais le démêlage en temps réel des habitudes, des envies, des identifications.
Pouvons–nous observer les moments où le contact ne conduit pas à une envie ? Quand une sensation est connue avec sagesse, pas avec soif ? C’est la porte qui ouvre à la cessation – non loin d’ici, mais juste ici.
« Ceci cesse, cela cesse. »
Et dans ce petit démêlage, dit Bouddha, tout le fardeau commence à s’alléger.
Lire aussi : Le premier Éveil
Lire aussi : Le troisième Éveil
Vers le : Menu des réflexions sur les Souttas
Date : sept. 2025
Auteur : Matt Bianca
Traducteur : isi Dhamma
Mise à jour : 18 sept. 2025 2025