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« Tout comme un cerf libre, errant dans la forêt, hors de portée des pièges… »
Parmi les discours les plus courts mais les plus profonds de l’Aṅguttara Nikāya, le Sandha Kātyāyana Sutta (4.180) se distingue par ses comparaisons poétiques et son énoncé radical sur la nature de la libération pacifique de l’esprit. L’enseignement, compact mais profond, touche le cœur de la prise de conscience méditative du bouddhisme précoce et du non-attachement.
Bouddha séjournait à Rājagaha, au bosquet des bambous. Un moine nommé Sandha Kātyāyana (ou Kaccāyana) s’approcha de lui avec une question sincère :
« Vénérable, on entend dire : "Libération pacifique de l’esprit, libération pacifique de l’esprit." De quelle manière y a-t-il une libération pacifique de l’esprit ? »
Ce qui suit est une déclaration frappante qui conteste tous les conceptes habituels.
« Il y a, Sandha, dit le Bienheureux,
cette base où il n’y a pas de terre, pas d’eau, pas de feu, pas d’air ;
aucune base constituée de l’espace infini,
aucune base constituée de la conscience infinie,
aucune base consistuée de néant,
aucune base consistuée ni de perception, ni de non-perception ;
Ni ce monde, ni un autre monde,
ni la lune, ni le soleil. »
Le Bouddha décrit un domaine au-delà de toute expérience conditionnée, exempt de quatre grands éléments et même des meilleurs achèvements immatériels. Ce n’est pas une annihilation, mais l’insaisissable.
« Ici, Sandha, il n’y a pas de venue, pas d’aller, pas de rester ;
pas de disparition, pas d’apparition.
Il n’est pas fixe, pas en mouvement et n’a aucun support.
C’est la fin de la souffrance. »
Cette "base" (āyatana) est là où toute activité perceptuelle cesse ; ce n’est pas un lieu, mais un mode de conscience libre de fabrications mentales.
Deux métaphores soulignent bien le message :
L’image du cerf est particulièrement poignante : une métaphore de la liberté qui n’est pas enracinée dans l’identité ou à la connaissance conceptuelle, mais dans l’abandon des attachements et des vues. Pas de prison des perceptions, aucun piège du devenir.
Si le Sumangala-Vilāsinī commente principalement sur le Dīgha Nikāya, sa tradition herméneutique influence à la manière dont les commentaires ultérieurs approchent ce Soutta. Il souligne :
Des commentaires ultérieurs comme le Manorathapūraṇī (sur l’Aṅguttara) et même des parallèles chinois élaborent des thèmes similaires, reliant ce Soutta aux enseignements sur nibbāna comme non conditionné (asaṅkhata).
Ce Soutta ne donne pas de techniques. Il offre un aperçu. Un panneau indicateur au-delà de la saisie. Un appel sauvage pour libérer tout et dans cette libération, trouver une paix au-delà des mots.
Vers le : Menu des réflexions sur les Souttas
Date : sept. 2025
Auteur : Matt Bianca
Traducteur : isi Dhamma
Mise à jour : 18 sept. 2025 2025