Cliquez ici pour afficher normalement la page (avec mise en forme et graphisme). Si ça ne fonctionne pas, vérifiez que votre navigateur accepte JavaScript et supporte les CSS. Nous vous recommandons un navigateur respectant les standards, tel que : Brave, Chrome, Firefox, Safari…

Vous êtes ici : accueil > souttas > réflexions > tatiyabodhi sutta
Réflexions sur le Tatiyabodhi sutta (U 1.3)

Le troisième Éveil

Evaṃ me sutaṃ – « Ainsi ai-je entendu »

Une fois encore, nous retournons à l’arbre de la Bodhi près de la rivière Nerañjarā. Bouddha est récemment illuminé, contemplant le bonheur de la libération. Sept jours de calme parfait. Un esprit au-delà de toute saisie.

Mais à l’issue de la septième nuit (pacchimaṃ yāmaṃ), quelque chose de profond se déroule.

Il ne contemplait pas simplement le déroulement avant (anulome) ou juste arrière (paṭiloma) du paṭiccasamuppāda, il voit les deux. Le cycle complet du devenir et de sa cessation. La cause et la fin de la souffrance. Le chemin dans sa totalité.

Voir tout le cycle

Iti imasmiṃ sati idaṃ hoti…

Quand cela est, c’est…

Imasmiṃ asati idaṃ na hoti…

Quand cela n’est pas, ce n’est pas…

(La séance de cessation totale (nirodha)

Il s’agit d’une contemplation de conditionnalité complète – comment l’ignorance engendre toute la masse de souffrance et la fin de l’ignorance conduit à la libération.

Il voit…

  • Avijjāpaccayā saṅkhārā – de l’ignorance, des volitions.
  • …tout au long de…
  • Jātipaccayā jarāmaraṇaṃ – de la naissance, survient le vieillissement et la mort.

Et puis encore :

  • Avijjāya asesavirāganirodhā – avec la disparition totale de l’ignorance…
  • …tout s’effondre.
  • La chaîne s’achève. La construction des souffrances n’a plus de fondement.
    Evametassa kevalassa dukkhakkhandhassa nirodho hoti.
    Ainsi, il y a cessation de toute la masse de souffrance.


L’énoncé inspiré : la lumière perçoit l’obscurité

Avec cette prise de conscience, Bouddha proclame un verset qui ressemble à une expiration cosmique :

« Yadā have pātubhavanti dhammā,
Ātāpino jhāyato brāhmaṇassa,
Vidhūpayaṃ tiṭṭhati mārasenaṃ,
Sūriyova obhāsayamantalikkhaṃ.
 »

« Quand les phénomènes apparaissent à l’ardent, le noble méditant dissipe l’armée entière de Māra – comme le soleil éclaire le ciel. »

Cela n’est plus seulement une prise de conscience personnelle – c’est la victoire. Le méditant (jhāyato brāhmaṇassa) n’est plus hanté par l’envie ou l’illusion. Il est comme le soleil : inébranlable, lumineux, inattaquable. L’armée de Māra – les forces de l’ignorance, du doute, de la peur – sont soufflées comme une brume avant la lumière du matin.

C’est la transformation. Il ne s’agit pas juste de voir les chaînes de la souffrance, mais de s’élever dans la lumière au-delà d’elles.


De "voir" à "être libre"

Le Soutta Tatiyabodhi complète l’arc commencé dans les deux premiers Souttas :

  • Dans le premier, Bouddha voit l’apparition.
  • Dans le deuxième, il voit la cessation.
  • Dans le troisième, il voit les deux – et devient celui qui dissipe Māra.

Tel est le travail du Dhamma. Ce n’est pas seulement une philosophie de souffrance – c’est un chemin d’illumination.

Nous sommes invités à parcourir ce chemin, pas comme des moines ou des mystiques, mais comme les humains disposés à voir, de s’asseoir et de laisser la lumière de la sagesse s’élever en nous.

Parce que lorsque les phénomènes apparaissent – ne serait-ce qu’un peu…
Quelque chose change.
Quelque chose se termine.
Quelque chose commence.

 

infos sur cette page

Date : sept. 2025

Auteur : Matt Bianca

Traducteur : isi Dhamma

Mise à jour : 18 sept. 2025 2025